Mais sans être chaleureuse

Rome: Le cardinal Walter Kasper juge l’atmosphère de son voyage à Moscou fraternelle

Rome, 4 juillet 2005 (Apic) Le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, a estimé que son voyage à Moscou, du 20 au 23 juin dernier, s’était déroulé dans une atmosphère «cordiale et courtoise» et «fraternelle», mais sans être «chaleureuse».

Interrogé le 2 juillet sur les ondes de Radio Vatican, le cardinal Kasper a indiqué que son voyage avait un caractère «exploratoire», pour trouver les moyens de «procéder dans des relations pas si faciles» avec l’Eglise orthodoxe russe. «C’est pourquoi, a-t-il indiqué, il n’était pas prévu de rencontre avec le patriarche Alexis II, mais avec le métropolite Kirill, responsable des relations extérieures du patriarcat de Moscou».

Le cardinal a rendu compte de son voyage à Benoît XVI, lors d’une audience le 1er juillet 2005. Le cardinal allemand s’est rendu à Moscou, afin d’y «poursuivre le dialogue avec le patriarcat orthodoxe», à la suite l’élection de Benoît XVI, avait indiqué le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, le 20 juin, jour du départ pour la Russie du cardinal.

«Nous avons trouvé des domaines dans lesquels nous pouvons collaborer, a indiqué le 2 juillet le cardinal Kasper, en particulier dans les champs «sociaux et culturels» et aussi dans la lutte contre «l’actuel sécularisme». «Nous avons aussi dit qu’il serait souhaitable que des rencontres se déroulent entre les monastères, au regard de l’importance du monachisme dans l’Eglise orthodoxe».

Enfin, le cardinal a indiqué que le dialogue avec l’ensemble des Eglises orthodoxes devait reprendre à l’automne prochain sur le thème «Eglise, qu’est-ce que cela signifie en réalité». «Nous traiterons de communauté ecclésiale, et dans ce contexte nous aborderons la question nodale avec l’orthodoxie, à savoir le primat du ministère pétrinien. Dans ce domaine, il sera possible de reprendre la question de l’Eglise uniate».

«Ce ne sera pas une question facile, mais finalement nous affronterons ouvertement les problèmes qui existent entre nous», a conclu le cardinal Walter Kasper.

Le président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens a rencontré, le métropolite Kirill, responsable du département des relations extérieures du patriarcat de Moscou, le 22 juin dernier. Celui-ci a signifié au cardinal que le transfert de Lviv à Kiev, prévu en novembre, du siège de l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine (uniate) reste «un obstacle sérieux au développement des relations entre orthodoxes et catholiques». Le cardinal Kasper avait souligné dans la presse russe que «le nouveau pape adopte sur ce dossier la même position que Jean-Paul II». Ce dernier, favorable au principe de ce déménagement avait pourtant demandé à l’Eglise gréco-catholique d’Ukraine d’y surseoir afin de ne pas heurter les orthodoxes. Mais le 13 mai dernier, le cardinal Lubomyr Husar, archevêque majeur de Lviv, a annoncé que le transfert aurait bien lieu.

Rendez-vous le 13 septembre

Par ailleurs, le 25 mai dernier, le cardinal Walter Kasper avait proposé une «alliance» aux orthodoxes, et même un synode «de réconciliation», lors d’une réunion au cours du Congrès eucharistique national italien de Bari.

Quant à Benoît XVI, il a voulu assurer Bartholomé Ier, patriarche oecuménique de Constantinople, de son soutien dans ses efforts visant à relancer le dialogue oecuménique. C’est ce qu’il a déclaré, le 30 juin 2005, aux membres de la délégation du patriarcat oecuménique de Constantinople venus à Rome à l’occasion de la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin.

Une réunion entre les Eglises orthodoxes au sujet de l’avancée du dialogue théologique avec l’Eglise catholique devrait avoir lieu le 13 septembre prochain à Constantinople. Le patriarche oecuménique voudrait en effet coordonner toutes les délégations orthodoxes afin de reprendre les discussions au sein de la Commission théologique internationale – dont la dernière réunion remonte à la rencontre de Baltimore aux Etats-Unis en 2000 -. Le patriarcat de Moscou est aussi impliqué dans ce dialogue. Dans son adresse au pape, le métropolite Ioannis, chef de la délégation venue à Rome pour la fête des saints Pierre et Paul, a indiqué que toutes les Eglises orthodoxes avaient répondu «positivement» à la requête du patriarche de Constantinople d’envoyer chacune deux représentants à la Commission. (apic/imedia/hy/pr)

4 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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