Les religions ne doivent pas couvrir le terrorisme.

Rome: Le cardinal Walter Kasper s’exprime

Rome/Milan, 7 septembre 2004 (Apic) Pour le cardinal Walter Kasper, l’espérance d’une période de paix qui aurait pu succéder à la Guerre froide a été «une illusion totale». Intervenant le 7 septembre 2004 au Congrès de la communauté Sant’Egidio à Milan, le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a donné des lignes de conduite contre le terrorisme. Il a aussi dénoncé l’amalgame entre violence et religions.

Le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens s’est exprimé le 7 septembre 2004 au Congrès de la communauté Sant’Egidio à Milan en ces termes: «Les religions doivent arracher le masque religieux de la face des terroristes, a déclaré le cardinal, pour montrer ce qu’ils sont véritablement, c’est-à-dire des nihilistes qui déprécient toutes les valeurs et tous les idéaux de l’humanité» a déclaré le cardinal allemand

Pour lui, les trois religions monothéistes, injustement «suspectes d’intolérance, d’inclination à la violence à cause de leur foi exclusive» sont «contraintes d’effectuer une révision critique de leur histoire et une purification de la mémoire historique». Ceci, afin qu’elles ne servent pas de «couverture idéologique et soient instrumentalisées».

Le prélat allemand a ainsi invité les religions à «activer leurs propres ressources spirituelles de résistance, face à la violence politique». Il a appelé à une «prise de distance claire et publique à l’égard du terrorisme». Pour lui, «on ne peut éviter le choc des civilisations qu’au travers du seul dialogue des cultures et des religions».

Les démocraties doivent être prêtes à se défendre par la force

«Aujourd’hui, a-t-il poursuivi, le terrorisme est devenu une menace pour toute l’humanité. Les terroristes peuvent agir partout. Nous ne pouvons pas défendre la dignité de l’homme et la paix seulement au travers de paroles pieuses. Nous devons la défendre aussi au travers des faits».

«La lutte contre le terrorisme a besoin d’interventions militaires et de police», a affirmé le cardinal Kasper, ajoutant que «les démocraties doivent être prêtes, si nécessaire, à sacrifier des vies humaines, à défendre par la force leur liberté». Mais il a immédiatement précisé que dans cette lutte, «on ne peut utiliser les moyens, condamnables, utilisés par les terroristes».

Il a rappelé que les droits fondamentaux de la personne doivent être «préservés» et que «recourir à la torture est contraire à la dignité de l’homme». Le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens a enfin insisté sur «la nécessité d’éliminer les injustices sociales, économiques ou politiques» afin d’éradiquer la violence. (apic/imedia/vb)

7 septembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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