L’Irak et l’Inde directement interpellés
Rome: Le christianisme est une religion de liberté et de paix, dit le pape aux diplomates
Rome, 8 janvier 2009 (Apic) Le christianisme est une religion de liberté et de paix, «au service du vrai bien de l’humanité», a déclaré le pape devant le corps diplomatique, reçu jeudi au Vatican, pour faire en leur compagnie un tour d’horizon de la situation internationale. Les autorités de l’Inde et de l’Irak ont été directement interpellées.
Lors de la cérémonie des voeux aux 177 ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège, réunis dans la salle royale du Palais apostolique au Vatican, le pape a en outre défendu une «société sainement laïque». Il a également souligné «la haute contribution que les religions peuvent donner (…) à la construction de la paix».
Le pape a alors souhaité que, «dans le monde occidental, on ne cultive pas de préjugés ou d’hostilité contre les chrétiens, simplement parce que, sur certaines questions, leur voix dérange».
Comme il l’avait déjà expliqué lors de son voyage en France en septembre 2008, Benoît XVI a alors souligné qu’»une société sainement laïque n’ignore pas la dimension spirituelle et ses valeurs, parce que la religion, la foi en Dieu, (…) n’est pas un obstacle, mais au contraire un fondement solide pour la construction d’une société plus libre».
Dans une phase de l’histoire «marquée d’incertitudes et d’interrogations, beaucoup attendent que l’Eglise exerce avec courage et clarté sa mission d’évangélisation et son oeuvre de promotion humaine», a poursuivi le pape. De son côté, «l’Eglise (…) ne demande pas de privilèges, mais l’application du principe de la liberté religieuse dans toute son étendue».
S’adressant plus spécifiquement aux autorités civiles et politiques d’Irak et d’Inde, le pape leur a demandé «de s’employer avec énergie à mettre fin à l’intolérance et aux vexations contre les chrétiens, d’oeuvrer pour réparer les dommages provoqués, en particulier aux lieux de culte et aux propriétés; et d’encourager par tous les moyens le juste respect pour toutes les religions».
Pour Benoît XVI, «les discriminations et les très graves attaques dont ont été victimes, l’an passé, des milliers de chrétiens, montrent combien ce n’est pas seulement la pauvreté matérielle, mais aussi la pauvreté morale qui nuit à la paix». Selon le pape, en effet, «c’est dans la pauvreté morale, de fait, que de telles exactions plongent leurs racines».
«Pour construire la paix, a également affirmé Benoît XVI, il convient de redonner espoir aux pauvres». Plus spécifiquement, «il est urgent désormais d’adopter une stratégie efficace pour combattre la faim et faciliter le développement agricole local, d’autant plus que la proportion de pauvres augmente à l’intérieur même des pays riches».
Le pape a enfin évoqué «d’autres pauvres, comme les malades et les personnes âgées abandonnées, les familles divisées et sans points de repères», appelant à une «humanité (…) plus fraternelle» grâce à «des valeurs et des idéaux partagés, fondés sur la dignité de la personne, sur la liberté alliée à la responsabilité, sur la reconnaissance effective de la place de Dieu dans la vie de l’homme». (apic/imedia/cp/pr)



