La science ne peut s’autogouverner
Rome: Le clonage thérapeutique a échoué, estime ’L’Osservatore Romano’
Rome, 20 novembre 2007 (Apic) L’Osservatore Romano s’est félicité de l’échec du clonage thérapeutique après l’annonce, par le professeur Ian Wilmut, le ’père’ scientifique de la brebis clonée Dolly, de l’abandon de ses recherches sur le clonage. Dans son édition datée des 19 et 20 novembre, le quotidien du Saint-Siège a aussi mis en garde les chercheurs qui soutiennent que «la science doit s’autogouverner et que personne ne peut lui imposer de barrières de l’extérieur».
«Le clonage thérapeutique a échoué», a ainsi estimé L’Osservatore Romano, ajoutant que, «depuis longtemps, la reconnaissance du plus grand fiasco scientifique des derniers temps était dans l’air».
Pour le quotidien du Saint-Siège, «l’abandon, par Wilmut, des pratiques de clonage démontre que ceux qui ont toujours été contre la recherche sur les embryons humains avaient raison, non seulement sur le plan éthique mais aussi sur le plan scientifique». Le clonage s’est révélé une «recherche ruineuse» qui a «drainé pendant des années des financements démesurés et a entrainé trop d’énergies sur une voie sans issue».
Pour le quotidien, le clonage thérapeutique s’est révélé un «mirage». «Quant au clonage reproductif, qui bien sûr n’a été expérimenté que sur les animaux, on ne peut pas dire que les résultats aient été brillants», a poursuivi L’Osservatore Romano. «Le rendement de la méthode est très bas, inférieur à 2 %, les rares individus qui réussissent à naître sont en général agressés par les maladies et meurent très vite».
Instrumentalisation de l’espérance des malades
«Pourtant, combien de fois avons-nous lu que le sacrifice en série d’embryons humains avait pour finalité le bien de l’humanité et aurait servi à trouver rapidement des thérapies nouvelles?», s’est interrogé le quotidien du Saint-Siège. Avant de demander: «combien de scientifiques, ces dernières années, ont alimenté inutilement – et parfois instrumentalisé – l’espérance des malades?»
«Beaucoup de chercheurs soutiennent que la science doit s’autogouverner et que personne ne peut lui imposer de barrières de l’extérieur», a ajouté le quotidien. «Mais si la recherche scientifique mondiale s’est obstinée pendant autant de temps à parcourir une voie sans issue c’est aussi parce qu’elle n’a pas rencontré d’obstacles extérieurs sur son propre chemin». «Soumettre ses propres actions au jugement éthique, comme toutes les actions humaines, est aussi utile au scientifique», a enfin souligné L’Osservatore Romano.
Le chercheur écossais Ian Wilmut, du Roslin Institute d’Edimbourg, a annoncé qu’il abandonnait ses recherches sur le clonage pour se consacrer à la production de cellules souches sans embryon, le 17 novembre 2007. Il a donc décidé de renoncer à exploiter la licence qu’il avait obtenue, il y a deux ans, pour cloner des embryons humains. (apic/imedia/ms/bb)



