Dossier de plus de 600 pages
Rome: Le complot soviétique contre le pape remis en selle
Rome, 4 novembre 1999 (APIC) La presse italienne remet sur la tapis le complot soviétique contre le pape et l’Eglise: «Les services secrets soviétiques voulaient discréditer l’Eglise catholique et le pape, en allant même jusqu’à son élimination physique», peut-on lire ces jours dans le journaux de la péninsule. Ces rumeurs sont nées d’un dossier de plus de 600 pages provenant, assure-t-on, de services secrets tchécoslovaques, remis il y a quelques jours au Parlement italien.
Une note de 47 pages de ce dossier concerne directement les activités des services secrets de l’ex-bloc soviétique vis à vis du pape, du Vatican, et du clergé tchécoslovaque. On peut y lire en particulier que le KGB avait mis au point, dès le début du pontificat de Jean Paul II, un plan baptisé «pagode», destiné à «discréditer l’Eglise catholique et le pape, par des actions de désinformation et de provocation, en allant même si nécessaire, jusqu’à son élimination physique». Mais ce document n’étant pas daté, il ne permet donc pas de conclure si ce plan pourrait être mis en lien avec l’attentat du 13 mai 1981, quand Ali Agca a tiré sur Jean Paul II.
Autre élément présenté dans cette note: le rôle d’un certain Marco Torretta, qui aurait été le neveu du cardinal Agostino Casaroli, longtemps Secrétaire d’Etat et personnage clef des relations du Saint-Siège avec les pays communistes pendant près de trente ans, à partir des années 60. La femme de Marco Torretta, Irène Trollerova, aurait été chargée, pour le compte des services secrets tchécoslovaques, de placer des micro-espions dans des objets appartenant au cardinal, et même d’insérer une fiole contenant du poison dans une statuette de la Vierge.
Le 3 novembre 1999, la presse italienne présentait une affirmation d’ Orietta Casaroli déclarant qu’elle était la seule nièce du cardinal Casaroli, et que ce Marco Torretta n’avait aucun lien de parenté avec l’ancien Secrétaire d’Etat, tandis qu’Irène Trollerova démentissait également toutes ces accusations.
Le 4 novembre, par ailleurs, l’actuel nonce apostolique en Russie, l’archevêque John Bukosvki, interrogé par le quotidien italien «Il Messaggero», démentait lui aussi les accusations de ce même dossier le concernant, accusations selon lesquelles il aurait été un personnage-clef des services secrets soviétiques, à l’époque où il travaillait à la Secrétairerie d’Etat, de 1972 à 1990.
Si le Vatican quant à lui, n’a fait aucun commentaire sur ces accusations, la presse italienne soulignait jeudi que malgré le manque de garanties sérieuses sur ces informations, ce dossier confirme néanmoins l’intérêt que portait le KGB au Saint-Siège. Un intérêt qui apparaissait déjà dans le dossier «Mitrokhin» publié en Italie le 12 octobre 1999, dans lequel il apparaissait que la centrale romaine du KGB avait été chargée d’introduire des agents au Vatican dans les années 70 et 80. (apic/imed/tg)



