400 participants de près de 100 pays pour un débat oecuménique
Rome: Le congrès international biblique aura lieu du 14 au 18 septembre
Rome, 8 septembre 2005 (Apic) Le congrès international biblique organisé à Rome du 14 au 18 septembre 2005 par le Conseil pontifical pour la promotion de l’Unité des chrétiens et la Fédération biblique catholique, aura pour ambition de mettre la bible au coeur du dialogue interreligieux et de la vie des croyants. Quelque 400 participants de près de 100 pays prendront part à un débat largement oecuménique, en présence d’invités de nombreuses confessions.
Au cours d’une conférence de presse tenue jeudi à Rome, le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, Mgr Vincenzo Paglia, président de la Fédération biblique catholique, Mgr Juan F. Usma Gomez, chargé de la coordination avec cette Fédération et Alexander M. Schweitzer, secrétaire général de la Fédération, ont ainsi situer l’enjeu de ce congrès. Un rendez-vous appelé à marquer le 40e anniversaire de la promulgation solennelle de la Constitution dogmatique Dei Verbum – sur la Révélation – du Concile Vatican II.
Cette rencontre sur le thème «l’Ecriture Sainte dans la vie de l’Eglise» accueillera 400 participants de 98 pays dont les délégués de 11 Eglises orthodoxes et de 5 communautés protestantes.
Tous les présidents des conférences épiscopales du monde et des Synodes des Eglises orientales catholiques, des délégués fraternels des Eglises et communautés ecclésiales avec lesquels nous sommes en dialogue, ont été invités a indiqué le cardinal Kasper.
Large palette oecuménique
Ainsi, le patriarcat oecuménique de Constantinople, le patriarcat greco-orthodoxe d’Alexandrie, le patriarcat de Moscou, l’exarque de Biélorussie, les patriarcats de Serbie et de Roumanie, l’Eglise orthodoxe de Grèce, l’Eglise apostolique d’Arménie, le catholicos de Cilicie des Arméniens, l’Eglise orthodoxe d’Ethiopie et l’Eglise assyrienne d’Orient seront représentés lors du congrès.
Côté protestant, la Communion anglicane, la Fédération luthérienne mondiale, des Disciples du Christ, de l’Alliance baptiste internationale et des pentecôtistes enverront eux-aussi des délégués.
Le Conseil oecuménique des Eglises, la Conférence des Eglises européennes et l’Alliance biblique universelle seront aussi représentés au cours de ces quatre jours de rencontre et de débats. Des rabbins, des musulmans et des Hindous seront aussi présents.
Le grand texte du Concile Vatican II intitulé Dei Verbum (la Parole de Dieu, ndlr) a «inauguré une collaboration toujours plus intensive entre les catholiques et les autres chrétiens dans le domaine de la bible, en particulier la traduction interconfessionnelle de la bible dans les diverses langues a été encouragée», a expliqué le cardinal allemand. A l’heure actuelle, il existe environ 2300 traductions de la bible ou des Evangiles. Près de 1000 langues et idiomes ne possèdent pas encore leur traduction, en particulier en Afrique et en Asie.
Le président du Conseil pontifical a aussi souligné qu’a quarante ans de la promulgation de Dei Verbum, le congrès comptait «célébrer et commémorer» cet événement. Mais «nous pensons qu’il est avant tout une occasion pour en faire un bilan digne de foi. Ce sera aussi l’occasion d’échanges et de réflexions critiques autour des nouvelles méthodologies de la pastorale biblique» et sur l’usage des méthodes critico-historiques.
Pour sa part, Mgr Vincenzo Paglia a tenu à souligner que «le peuple chrétien est le vrai propriétaire de la bible et son exégète» et rappelé l’importance de l’oecuménisme ’spirituel’.
Méconnaissance?
80% des catholiques pratiquants prennent connaissance de la Bible uniquement au cours de la messe du dimanche, 3% seulement la lisent quotidiennement. Mgr Paglia a aussi souligné l’ignorance qui entoure la Bible. 40% des catholiques pratiquants pensent que saint Paul a écrit un évangile, et 26% que saint Pierre a fait de même. Il a regretté que, pour les catholiques européens, la Bible apparaisse encore comme un livre «réservé aux clercs».
Pour aborder ces questions, 18 tables rondes conduites par une cinquantaine d’experts se dérouleront en quatre jours. Le 15 septembre, les discussions porteront en particulier sur la Bible et les médias. Le lendemain, 16 septembre, les membres du congrès seront reçus en audience privée par Benoît XVI. Professeur de théologie fondamentale et de dogmatique à Bonn, Joseph Ratzinger était pendant le Concile le conseiller théologique du cardinal Frings, archevêque de Cologne. En cette qualité, il est intervenu activement dans les discussions préparatoires au texte final de Dei Verbum.
Le 17 septembre, seront abordées les questions oecuméniques, les relations avec l’hébraïsme, le dialogue interreligieux avec l’Islam, le bouddhisme, l’hindouisme au regard de l’émergence de nouveaux mouvements religieux.
Dei Verbum est, dans l’ordre chronologique, l’un des derniers textes qui furent votés par les évêques du monde entier réunis à Rome (18 novembre 1965). Mais, depuis le début du Concile en 1962, ce document d’une vingtaine de pages fut l’un de ceux qui retinrent le plus l’attention et cristallisa les tensions.
L’enjeu des débats portait sur l’oecuménisme, la fidélité de l’Eglise à l’Ecriture, et le témoignage qu’elle en donne. Dans l’application du Concile de Trente, c’est le catéchisme romain qui avait pris la place de la Bible chez les catholiques. Ainsi, par exemple, pendant longtemps, l’Ancien Testament ne fut plus abordé que par le biais de ce qu’on appelait «l’histoire sainte». Les protestants, eux, continuèrent à lire, à traduire et à commenter la Bible. Leur présence comme observateurs à Vatican II, voulue par Jean XXIII, contribua certainement à la redécouverte par ce Concile de la Parole de Dieu.
Des informations complémentaires sur le congrès sont disponibles sur le site Internet du Avec son Secrétariat général de la Fédération biblique catholique – www.c-b-f.org ou www.deiverbum2005.org, l’organisation internationale fondée par Paul VI en 1969 sur l’initiative du cardinal Bea, compte 312 instituts affiliés (dont 90 Conférences épiscopales) dans 127 pays, et a pour but de promouvoir et de coordonner la pastorale biblique catholique dans le monde. (apic/imedia/hy/pr)



