La France et le Saint-Siège signent un accord

Rome: Le couvent de la Trinité-des-Monts confié aux Fraternités monastiques de Jérusalem

Rome, 12 juillet 2005 (Apic) La France et le Saint-Siège ont signé le 12 juillet 2005 au Vatican un accord confiant l’église et le couvent romains de la Trinité-des-Monts aux Fraternités monastiques de Jérusalem à compter du 1er septembre 2006. Grandes lignes d’un accord. et quelques pages ouvertes sur l’histoire

Fondées en France en 1975 et déjà fortes de 11 communautés, les Fraternités monastiques de Jérusalem succéderont aux religieuses du Sacré- Coeur installées à Rome depuis 1828 et devront y maintenir les activités d’accueil des pèlerins et d’enseignement exercées par les religieuses.

Avec cinq siècles d’histoire, le domaine de la Trinité-des-Monts est un lieu symbolique de la présence française au coeur de Rome. «Le mardi 12 juillet 2005 ont été signés deux documents relatifs à l’avenir de l’église et du couvent de la Trinité-des-Monts, propriété des Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette», indique le communiqué de l’ambassade de France près le Saint-Siège.

Le communiqué précise ainsi que Mgr Giovanni Lajolo, secrétaire pour les relations avec les Etats, et Pierre Morel, ambassadeur de France près le Saint-Siège, ont signé, «au nom de sa sainteté le pape Benoît XVI et du président de la République française, Jacques Chirac, un avenant aux conventions des 14 mai et 8 septembre 1828, telles que modifiées en 1974 et 1999». Ce nouvel accord international, peut-on lire ensuite, prend acte de la décision de la société du Sacré-Coeur de Jésus de quitter le domaine de la Trinité-des-Monts et confie l’église et le couvent, à compter du 1er septembre 2006, aux Fraternités monastiques de Jérusalem.

Un communiqué de la salle de presse du Saint-Siège reprenant les mêmes informations a également été publié le 12 juillet 2005.

Règles fixées

En milieu de journée, l’ambassadeur de France près le Saint-Siège, qui préside à ce titre l’organisation des «Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette», a ensuite signé une convention avec les prieurs généraux des Fraternités monastiques de Jérusalem qui «fixe les principales règles applicables au domaine autour de trois principes» : «la fidélité à un héritage exceptionnel», «l’unité du domaine» et «la continuité».

Ainsi, précise la représentation française auprès du Saint-Siège, les religieux qui s’installeront en septembre 2006 devront être fidèles à l’héritage «sans cesse consolidé par l’ordre des Minimes, du XVe au XVIIIe siècle, puis par la société du Sacré-Coeur de Jésus, de 1828 à aujourd’hui». Ils devront en outre poursuivre le rayonnement de ce lieu symbolique de la présence française dans les domaines «spirituel, culturel, artistique et pédagogique». Enfin, ils s’attacheront à continuer le travail des religieuses de l’institut du Sacré-Coeur dans l’enseignement et l’accueil des pèlerins.

L’ambassade de France près le Saint-Siège veille à la préservation du patrimoine dont elle a la charge et qui est essentiellement celui des «Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette», dont elle assure la tutelle. Ainsi, le 21 janvier 1999, un accord entre le Saint-Siège et la France avait été signé visant à rappeler le caractère français de la Trinité-des-Monts et à créer un cadre juridique qui permette de développer les activités d’accueil des pèlerins dans la perspective du Jubilé de l’An 2000. Des conventions diplomatiques du 14 mai et 8 septembre 1828 stipulaient déjà le caractère français de cette église et du couvent adjoint, non loin de la célèbre place d’Espagne à Rome.

Forte implantation

En tant que primat des Gaules, l’archevêque de Lyon, actuellement le cardinal Philippe Barbarin, est le titulaire de l’église de la Trinité-des- Monts. Depuis 1999, le recteur de l’église du mont Pincio est le français Mgr Patrick Descourtieux.

Fondées par le père Pierre-Marie Delfieux en 1975, les Fraternités monastiques de Jérusalem, communautés religieuses d’hommes et de femmes, ont la particularité de vivre au coeur des villes. Moines et moniales consacrent leur vie à la prière mais exercent aussi, à mi-temps, un travail ordinaire.

Les Fraternités monastiques de Jérusalem sont déjà présentes en France à l’église Saint-Gervais de Paris, à Vezelay, Strasbourg, Lourdes, La Ferté-Imbault, et à l’abbaye du Mont Saint-Michel. Présentes à Montréal (Canada) et Bruxelles (Belgique), elles ont aussi déjà trois communautés implantées en Italie à Pistoia ainsi qu’à Florence et dans sa région. APIC

Encadré

La Trinité-des-Monts, plus de cinq siècles d’histoire

Le couvent de la Trinité-des-Monts fut fondé par les rois de France au début du XVIe siècle. Ce couvent habité successivement par des frères Minimes, des artistes et, depuis le début du XIXe siècle, par des religieuses du Sacré-Coeur, s’apprête à accueillir les Fraternités monastiques de Jérusalem en septembre 2006.

C’est sur la colline du Pincio, sur les hauteurs de la Ville éternelle, que l’ermite saint François de Paule, appelé au chevet du roi Louis XI, obtint de pouvoir construire un monastère pour l’ordre des Minimes, en remerciement. C’est alors que va surgir, dès 1502, l’église gothique, tout d’abord, puis le couvent, coeurs d’une vie spirituelle, artistique et scientifique intense.

En témoignent une série de peintures murales: la galerie des portraits des rois de France peinte dans le cloître, une fantastique horloge solaire, un réfectoire en ’trompe-l’oeil’ – décoré par le jésuite Andrea Pozzo -, la «chambre des ruines» – peinte par Clérisseau -, ou encore la plus grande anamorphose au monde. Longue de 18 mètres, celle-ci a été peinte sur le mur d’un couloir conduisant aux cellules. Elle représente, vu de face, le détroit de Messine avec maints détails de paysage. Mais, au fur et à mesure que le visiteur s’éloigne en direction de l’une des deux extrémités du chef-d’oeuvre, il découvre une représentation grandeur nature de saint François de Paule priant sous un arbre.

Couvent mis à sac

A la Révolution, le couvent est mis à sac et les Minimes sont dispersés. Le complexe religieux, voisin de la célèbre Villa Médicis va alors être occupé par des artistes, parmi lesquels Ingres, Granet et Pinelli. Quelques années plus tard, en 1828, ce sont les religieuses du Sacré-Coeur, Congrégation fondée par sainte Madeleine-Sophie Barat, qui sont choisies pour occuper les lieux. Elles s’attachent alors à leur principale mission : l’éducation des jeunes filles. A ce jour, elles ont la charge d’une maternelle et d’un collège mixtes, ainsi que d’un centre d’accueil pour les pèlerins français, la Maison Saint-Joseph, réaménagée à l’occasion du Jubilé de l’an 2000. APIC

Encadré

Les Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette

Derrière l’appellation de «Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette» se trouve une fondation constituée au cours des âges de dons et de legs de Français illustres ou obscurs, dirigée par des organes propres, et placée sous la tutelle de l’ambassade de France près le Saint-Siège.

L’affectation de certains de ses biens, comme l’ensemble conventuel de la Trinité-des-Monts et l’église de Saint-Claude des Francs-Comtois de Bourgogne, fait l’objet d’accords internationaux bilatéraux entre la France et le Saint-Siège. Son dernier règlement, du 25 août 1956, a été approuvé par bref du pape Pie XII, en date du 8 septembre 1956.

Les Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette comprennent aujourd’hui 13 immeubles de rapport dans Rome ainsi que cinq églises romaines et leurs dépendances : Saint-Louis des Français, la Trinité-des- Monts, Saint-Nicolas des Lorrains, Saint-Yves des Bretons et Saint-Claude des Francs-Comtois de Bourgogne. Depuis le legs du cardinal de Joyeuse, ambassadeur du Roi Henri IV près le Saint-Siège, et de la reine Anne d’Autriche, épouse de Louis XIII, les Pieux établissements de la France à Rome et à Lorette disposent d’une fondation à Lorette qui comprend aujourd’hui une maison dans le centre ville et quelques hectares de terres dans les alentours.

La vocation première de cette fondation, conformément aux dispositions testamentaires de ses nombreux légataires, est d’entretenir les communautés religieuses qui desservent ses cinq églises et d’assurer l’accueil des pèlerins francophones à Rome. Au-delà, elle contribue, par l’organisation de manifestations, au rayonnement de la France à Rome. (apic/imedia/ami/pr)

12 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 5  min.
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