Le cardinal Poupard revient sur la polémique de Ratisbonne

Rome: Le dialogue interreligieux va au-delà des discussions académiques ou théologiques

Rome, 3 octobre 2006 (Apic) Le dialogue interreligieux ne concerne plus seulement les discussions académiques ou théologiques, estime le cardinal Poupard. Selon le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux la rencontre des cultures et des religions est une expérience quotidienne».

Après la polémique concernant le discours de Benoît XVI à Ratisbonne, le cardinal Paul Poupard est intervenu sur l’antenne de Radio Vatican, le 2 octobre 2006.

Déclarant que «l’affaire» de Ratisbonne avait «montré la nécessité d’approfondir toutes les questions» liées au dialogue interreligieux, le cardinal français a estimé que la rencontre des cultures et des religions ne concernait «plus seulement les discussions académiques ou théologiques» mais que cela était «une expérience quotidienne». Le cardinal a suggéré pour cela «non seulement un grand respect et une connaissance des autres, mais, avant tout, le devoir de se former».

Après avoir constaté que le monde était en pleine «mutation culturelle», le cardinal a noté qu’un monde plurireligieux et multiculturel engendrait «la peur terrible de perte d’identité d’un côté, et, de l’autre, la croyance naïve que l’on doit cacher sa propre identité». Conscient qu’il s’agissait du «défi principal du dialogue», il a alors mis en garde contre deux tentations : «le relativisme d’une part, et le fondamentalisme d’autre part».

Attention renouvelée à la dimension des religions

Se référant aux polémiques qui ont suivi les paroles du pape à Ratisbonne le 12 septembre dernier, le cardinal a insisté sur la difficulté de «la projection médiatique des choses qui n’aide certainement pas». Il a souligné l’importance «de se faire connaître soi-même comme l’on est» dénonçant «les stéréotypes médiatisés» et montrant l’importance de se rencontrer «en vérité», ainsi que la nécessité d’un «effort peu commun» de tous en ce sens.

Le président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux a souhaité une «attention renouvelée à la dimension incarnée des religions», confiant que «les religions ne dialoguent pas», mais que «ceux qui dialoguent sont les hommes et les femmes qui ont chacun leur croyance incarnée et vécue, pour certains depuis des millénaires». Le cardinal français a ainsi jugé impossible d’instaurer un dialogue interreligieux «en faisant abstraction des cultures». Il a enfin invité à «intensifier les rencontres» pour le dialogue. (apic/imedia/pad/pr)

3 octobre 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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