Rencontre avec le Père Khaled Akasheh
Rome:Le dialogue islamo-chrétien se poursuit malgré la crise irakienne.
Rome, 7 avril 2003 (Apic) Alors que les forces impliquées dans la crise irakienne pensent déjà à la reconstruction de l’Irak, le Saint-Siège poursuit son dialogue avec les musulmans. Interrogé par l’Apic le 7 avril, le Père Khaled Akasheh, chargé de l’islam au sein du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, affirme que le contexte actuel n’empêche pas le dialogue de se poursuivre.
«Tous nos rendez-vous qui étaient inscrits sur notre agenda ont été respectés», remarque le Père Akasheh. La dernière réunion en date, qui s’est déroulée à Rome le 20 mars, rassemblait les responsables du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux avec ceux de la World Islamic Call Society.
Les 23 et 24 février, par ailleurs, s’est tenue au Caire la réunion annuelle du comité Al-Azhar, à l’institut du même nom qui représente la plus haute autorité de l’islam sunnite. Au mois de juillet prochain, enfin, doit se tenir une rencontre du comité de liaison islamo-catholique, dans un pays du Proche Orient non encore défini.
«La position claire de Jean Paul II contre une intervention militaire en Irak avant le déclenchement du conflit a été très appréciée par les musulmans», affirme le Père Khaled Akasheh. Pour le responsable du dialogue avec les musulmans, «ceci a notamment contribué à ce que ces derniers ne perçoivent pas cette guerre comme une guerre de religion».
A l’occasion de sa rencontre avec les évêques d’Indonésie venus en visite Ad limina au Vatican, le 29 mars dernier, le pape avait lui-même insisté pour que «la guerre ne permette jamais de diviser les religions». Il avait alors demandé aux évêques catholiques de profiter de cette occasion d’entente avec les musulmans pour «travailler ensemble, comme des frères impliqués dans la recherche de la paix».
Pour le Père Khaled Akasheh, la situation actuelle constitue même «un encouragement ultérieur pour le dialogue». «Nous sommes tous pour la paix dans toutes les régions du monde, explique-t-il. Nos voix doivent donc s’unir pour demander à Dieu que le conflit puisse finir et que la reconstruction du pays puisse commencer».
Toutefois, le prélat met en garde contre une «instrumentalisation» de la religion. Faisant aussi bien allusion à la proposition du gouvernement américain d’instaurer une journée de jeûne et de prière pour «la sécurité et la protection de ses forces armées», qu’aux appels de Saddam Hussein de «combattre l’ennemi au nom de Dieu», il souligne l’importance «de ne pas utiliser la religion à des fins politiques.
Recevant une délégation oecuménique de San Francisco, aux Etats-Unis, le 7 avril, Jean Paul II a prié pour qu’»en ce temps de conflit et de grave confusion dans le monde», le témoignage des chrétiens – en l’occurrence des catholiques, des grecs-orthodoxes et des anglicans – «soit un signe d’espérance et une promesse de l’unité de l’humanité». (apic/imedia/sh)



