Rome: Le document sur «l’Eglise et les fautes du passé» sera publié début 2000

«Eclairages théologiques sur la demande de pardon»

Rome, 6 décembre 1999 (APIC) Un document d’une cinquantaine de pages sur «l’Eglise et les fautes du passé» sera publié au début de l’année 2000, a confirmé à Rome le Père dominicain George Cottier, théologien de la Maison pontificale. Le vote définitif sur le texte devrait intervenir prochainement, a-t-il indiqué au terme de la session plénière de la Commission théologique internationale – dont il est le secrétaire – tenue du 29 novembre au 4 décembre au Vatican.

Lors de cette session, les trente membres de la Commission ont voté une première fois pour demander quelques modifications sur une première ébauche de ce texte. «Ce n’étaient pas des modifications substantielles, il y a un accord profond sur cette question», a affirmé le Père Cottier. D’après le théologien, le vote définitif du texte devrait donc être possible prochainement, et celui-ci devrait être publié au début de l’année 2000. Sa publication précédera de quelques semaines la cérémonie solennelle de demande de pardon que Jean Paul II présidera à Saint-Pierre le 12 mars 2000, premier dimanche de carême, et dont le rite est encore en train d’être mis au point.

Selon le Père Cottier, ce texte ne devrait pas contenir d’exemples historiques précis mais donner des «éclairages théologiques» sur la signification de la demande de pardon de l’Eglise voulue par Jean Paul II. «Il s’agit de jeter un regard sur l’histoire de l’Eglise à la lumière de la foi pour demander pardon pour les péchés des chrétiens qui ont été des obstacles à l’Evangile, afin que le visage du Christ apparaisse en pleine lumière», explique le dominicain.

Cette session annuelle était la troisième qui était consacrée à ce sujet, à partir du travail d’une sous-commission dirigée par le théologien italien Bruno Forte. Celui-ci a souligné pour sa part sur Radio Vatican la nécessité de conjuguer le jugement historique avec le jugement théologique, sur les faits de l’histoire de l’Eglise. «Nous nous sentons solidaires dans l’unité de la foi et de l’esprit avec l’Eglise de tous les temps de l’histoire», a-t-il souligné. «Pour qui ne connaît pas ou ne vit pas de l’intérieur le mystère de l’Eglise, ces demandes de pardon peuvent être faussement interprétées et sembler donner raison aux ennemis de l’Eglise».

D’après Bruno Forte, «ce n’est pas cela». «L’intention du pape, explique-t-il, est celle d’une obéissance à la vérité, et cela rend l’Eglise encore plus crédible dans son annonce au monde». Le théologien estime donc que le document publié par la Commission théologique internationale sera une aide pour que les demandes de pardon qui ont lieu au niveau des épiscopats locaux ou des évêques d’Eglises particulières puissent être accomplies de manière vigilante et responsable, sans blesser la conscience ecclésiale.

Outre cette question du repentir, la Commission théologique internationale s’est penchée, durant sa session plénière sur la question du lien entre le diaconat permanent institué par le Concile Vatican II pour l’Eglise latine, et le diaconat comme étape vers le sacerdoce. Les membres de la Commission ont notamment étudié la signification du mot «diaconesse» dans la tradition de l’Eglise, pour voir s’il désignait uniquement autrefois des femmes qui rendaient de grands services à l’Eglise, sans participer toutefois au sacrement de l’Ordre, dont le diaconat actuel est l’un des premiers degrés. D’après le Père Cottier, le travail dans ce domaine est toutefois encore à un stade préliminaire. (apic/imed/tg/pr)

6 décembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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