Un rôle clef lors de l’élection d’un nouveau pape

Rome: Le doyen du Collège des cardinaux fête ses 50 ans desacerdoce.

Rome, 14 janvier 2001 (APIC) Le cardinal africain Bernardin Gantin, originaire du Bénin, a fêté samedi ses 50 ans de sacerdoce au cours d’une célébration solennelle dans la basilique Saint-Pierre au Vatican. Une trentaine de cardinaux, une cinquantaine de prélats de la curie romaine, et plus de 70 prêtres ont participé à la cérémonie en l’honneur du doyen des cardinaux.

S’il n’a plus de fonction officielle dans la curie romaine, le cardinal Gantin, ancien préfet de la Congrégation pour les évêques, est aujourd’hui le «doyen» des cardinaux. C’est lui qui, au moment de la mort du pape, doit convoquer les autres cardinaux et présider leurs «congrégations» générales, réunions quotidiennes au cours desquelles ils discutent, avant les scrutins, de la situation de l’Eglise et des problèmes qu’elle devra affronter au cours du prochain pontificat.

Le cardinal «doyen» est élu par les autres «cardinaux-évêques», qui sont les six cardinaux placés en tête de la liste du Collège. Parmi eux se trouvent le cardinal Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Joseph Ratzinger, préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la foi, le cardinal Roger Etchegaray, président du Comité pour le Grand Jubilé, et le cardinal Lucas Moreira Neves, brésilien, ancien préfet de la Congrégation pour les évêques. Tous étaient présents lors de la messe d’anniversaire présidée par le cardinal Gantin.

Le pape Jean Paul II a pour sa part exprimé son «affection» et son «estime» dans un message en latin qu’il a adressé le 13 janvier au cardinal Gantin. L’homme est apprécié dans les milieux romains «pour sa simplicité et sa bonté», notent les observateurs.

Excommunication de Mgr Lefebvre, destitution de Mgr Gaillot

En avril 1984, Jean Paul II, qui avait fait sa connaissance pendant le Concile Vatican II, le nomma préfet de la Congrégation pour les évêques. C’est en tant que tel que le cardinal Gantin signa, le 1er juillet 1988, le décret d’excommunication de l’archevêque intégriste français Mgr Marcel Lefebvre. A Ecône, en Suisse, le prélat rebelle, opposé aux grandes décisions du Concile Vatican II, avait ordonné des évêques sans mandat du pape deux jours plus tôt. Le cardinal Gantin était également au premier plan, le 13 janvier 1995, lorsque fut annoncée la décision de Jean Paul II de destituer Mgr Jacques Gaillot, l’»évêque des exclus», de sa fonction d’évêque d’Evreux en France.

Le 25 juin 1998 enfin, Jean-Paul II nomma le cardinal Moreira Neves pour remplacer le cardinal Gantin à la tête de la Congrégation des évêques, avant que l’archevêque italien Jean-Baptiste Re ne soit nommé à ce poste en septembre 2000. Aujourd’hui, et malgré une santé parfois fragile, le cardinal Gantin voyage régulièrement, notamment en tant qu’envoyé spécial de Jean Paul II. Il se rendra ainsi le 26 janvier prochain à Ouagadougou, pour y conclure les cérémonies du centième anniversaire de l’évangélisation du Burkina Faso, tandis que le cardinal Etchegaray, pour sa part, doit se rendre au Rwanda pour la même raison le 8 février prochain, toujours au nom du pape. (apic/imedia/be)

14 janvier 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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