Coup de pub du cardinal Castrillon Hoyos
Rome: Le film sur la Passion du Christ de Mel Gibson est une véritable catéchèse
Rome, 18 septembre 2003 (Apic) Le film sur la Passion du Christ de Mel Gibson est une véritable catéchèse, estime le cardinal Dario Castrillon Hoyos, préfet de la Congrégation pour le clergé, dans un entretien à l’agence catholique sud-américaine Aciprensa. Un «coup de pub» indéniable pour le film controversé de Mel Gibson.
Démentant tout fondement d’antisémitisme qui pourrait se trouver dans le film, le prélat en parle comme d’un grand chef-d’oeuvre que devraient aller voir tous les chrétiens.
Passionné par toutes les nouvelles technologies, le cardinal colombien Dario Castrillon Hoyos passe pour une référence au Vatican concernant l’évangélisation à travers les nouveaux moyens de communication. Il est notamment connu pour passer des nuits entières sur Internet, à converser avec des quidams à l’autre bout de la planète.
«Ce film incite le spectateur à la prière et à la réflexion, ainsi qu’à la contemplation sincère», pense le prélat âgé de 74 ans. «Mel Gibson a réalisé quelque chose de vraiment extraordinaire. Il a réussi, explique-t- il, à travers des technologies merveilleuses, à faire vivre la passion, la mort et la résurrection de Jésus-Christ aux hommes de notre époque». «En plus, ajoute le cardinal Castrillon Hoyos, le film vu comme un travail d’art, est aussi puissant que le message qu’il contient.
Interrogé sur les polémiques qu’il suscite notamment concernant les éventuelles allusions antisémites, six mois avant sa sortie, le cardinal de la curie romaine les dément clairement, soulignant que ce film «ne fait aucune allusion de la sorte». «J’espère que tous les prêtres catholiques et les chrétiens pourront voir ce film», dit-il en guise de réponse.
Triomphe d’art et de foi
Aux dires du préfet de la Congrégation du clergé, «voir ce film provoque amour et compassion. Une des grandes qualités de cette oeuvre est d’avoir montré de manière si efficace l’horreur du péché et de l’égoïsme, ainsi que la puissance rédemptrice de l’amour. Il conduit le spectateur à vouloir aimer plus, à pardonner, à être bon et plus fort dans toutes les circonstances, comme le Christ face à une telle douleur».
En conclusion, le cardinal colombien va jusqu’à souligner combien «ce film est un triomphe d’art et de foi. Il sera un outil pour expliquer la personne et le message du Christ, déclare-t-il. J’ai confiance qu’il changera en bien toutes les personnes qui iront le voir». En outre, insiste- t-il, «si nous parvenions à comprendre ce que Jésus-Christ a fait pour nous et à suivre son exemple d’amour et de pardon, il n’y aurait plus de haine ni de violence dans le monde». Or, pour lui, «ce film aidera à cela».
Lefebvriste
Mel Gibson est connu pour être un catholique traditionaliste proche des fidèles de Mgr Marcel Lefebvre, qui refusent notamment le Concile Vatican II. Conscient de cet aspect de la personnalité de l’acteur, diverses communautés juives des Etats-Unis se sont inquiétées du résultat du film, avant même de l’avoir vu. Certains rabbins ont affirmé ne rien avoir trouvé de contraire à la déclaration «Nostra Aetate» du Concile Vatican II, dans laquelle l’Eglise catholique ne parlait plus des juifs comme de «déicides», mais comme de «frères aînés». (apic/imedia/pr)



