Israël figure sur la liste des visites prioritaires du pape

Rome: Le gouvernement israélien invite Benoît XVI à se rendre en Terre Sainte

Rome, 6 juillet 2005 (Apic) La ministre israélienne de la Communication Dalia Itzik a invité Benoît XVI à se rendre en Terre Sainte. C’est ce que la ministre du gouvernement d’Ariel Sharon a déclaré sur les ondes de la radio publique israélienne, à la sortie de l’audience privée que lui accordée le pape. Elle a indiqué lui avoir remis une lettre du premier ministre l’invitant à se rendre en Israël.

«J’ai remis au pape une lettre du premier ministre l’invitant à se rendre en visite en Israël, et il m’a répondu qu’Israël figure sur la liste de ses visites prioritaires», a déclaré Dalia Itzik sur la radio israélienne. «Le pape est très chaleureux envers Israël et donne le sentiment d’assumer la continuité avec son prédécesseur qui était un ami sincère d’Israël et du peuple juif», a-t-elle poursuivi.

«Le pape nous a remerciés pour cette invitation, mais nous a indiqué qu’il avait aussi d’autres visites prévues», a déclaré à l’agence I.MEDIA, partenaire de l’Apic à Rome, l’ambassadeur d’Israël auprès du Saint-Siège. Oded Ben Hur a assisté à la rencontre en présence du secrétaire du gouvernement Israël Maimon et du directeur général du ministère des Communications. Cette rencontre qu’il a qualifiée «de très plaisante et de très amicale», est pour lui «une pierre à l’édifice du dialogue entre le monde juif et le monde catholique d’une part, et aux relations entre le Saint-Siège et l’Etat d’Israël, d’autre part».«Au nom du gouvernement, nous avons apprécié ce geste du Vatican et du pape», a confié le diplomate à I.MEDIA.

Timbre commémoratif à l’effigie de Jean Paul II

Cette rencontre, comme toutes les audiences privées, ne figurait pas à l’agenda officiel de Benoît XVI. Avant l’audience générale sur la place Saint-Pierre, le pape a reçu la ministre venue lui remettre un timbre commémoratif à l’effigie de Jean Paul II émis par les postes israéliennes, à l’occasion de l’anniversaire du pape défunt qui aurait fêté ses 85 ans le 18 mai dernier.

Le timbre représente Jean Paul II lors de sa visite le 26 mars 2000 devant le Mur des Lamentations à Jérusalem, le lieu le plus vénéré par les juifs. Il avait alors déposé un message entre les pierres du mur contenant la prière de repentance de l’Eglise catholique pour les exactions commises les siècles passés envers le peuple juif. Sur le timbre sont imprimées des paroles de Jean Paul II: «Que la paix soit le don du Seigneur à la terre qu’il a choisie».

Tout au long de son pontificat, le pape Jean Paul II avait porté une grande attention aux relations avec le peuple juif. Dans son testament, il avait consacré une mention explicite à l’ancien rabbin de Rome, Elio Toaff, qui l’avait accueilli pour la première visite d’un pape dans une synagogue, le 13 avril 1986. Ce dernier était présent à ses obsèques le 8 avril.

De son côté, Benoît XVI a, dès le début de son pontificat, exprimé son désir de poursuivre le dialogue avec les juifs initié par ses prédécesseurs. Ainsi, dans un télégramme adressé à la communauté juive de Rome, le 20 avril, au lendemain de son élection, il avait exprimé son désir de «renforcer les rapports avec les juifs». «Je me confie à l’aide du Très Haut pour continuer le dialogue et renforcer la collaboration avec les fils et les filles du peuple juif», avait-il écrit dans un télégramme adressé au rabbin de Rome, Riccardo De Segni.

Immédiatement après la réception de ce message, le rabbin de Rome s’était dit «heureux et reconnaissant pour ce message si opportun, important et significatif». Juste après l’élection du nouveau pape, Riccardo Di Segni avait envoyé un télégramme de félicitations au pape Benoît XVI, assurant apprécier «le choix du nouveau pape» et considérer «avec respect sa personne, chargée de sagesse et de doctrine».

Visite symbolique de Benoît XVI dans une synagogue

Par ailleurs, le 5 juin, au cours d’une conférence de presse sur les Journées mondiales de la jeunesse, le cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne, a confirmé que le pape irait à la synagogue de Cologne pour un service religieux à l’invitation de la communauté juive locale, lors de son premier voyage international du 18 au 21 août pour les JMJ en Allemagne. Le cardinal a qualifié ce geste de «symbolique», manifestant que les juifs sont «nos frères et soeurs aînés» et rejetant les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, qui ne doivent plus advenir. L’organisateur des JMJ au Vatican, le père Francis Kohn, avait précisé à I.MEDIA fin juin que la visite de la synagogue devrait avoir lieu dans la matinée du 19 août prochain.

Le Saint-Siège a reconnu l’Etat d’Israël le 30 décembre 1993. Une convention diplomatique entre les deux Etats a été signée le 15 juin 1994 et complétée en 1997 par un accord sur la personnalité juridique de l’Eglise catholique et des organismes ecclésiastiques. Depuis le mois de juillet 2004, le Vatican et l’Etat d’Israël ont repris des négociations interrompues depuis 10 ans, en vue de la conclusion d’un accord juridico- financier en ce qui concerne la propriété ecclésiastique, les exonérations fiscales et le statut juridique de l’Eglise catholique. La loi actuelle à laquelle se réfère l’Eglise remonte aux années 1920 avant la formation de l’Etat d’Israël, alors que la Palestine était sous mandat britannique. Elle stipule que les tribunaux s’abstiennent de juger des questions religieuses.

Par ailleurs, Benoît XVI a aussi reçu ce matin en audience privée le ministre des Finances allemand, Hans Eichel, venu lui présenter un timbre émis conjointement par les postes vaticanes et allemandes à l’occasion des JMJ de Cologne. (apic/imedia/hy/bb)

6 juillet 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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