Rome: Le «grand rôle» de la France au sein de la communauté internationale

Le pape reçoit le nouvel ambassadeur

Rome, 26 janvier 2009 (Apic) Benoît XVI a souligné «le grand rôle» de la France sur la scène internationale, le 26 janvier 2009, en recevant en audience au Vatican le nouvel ambassadeur de ce pays près le Saint-Siège, Stanislas Lefebvre de Laboulaye. Devant le diplomate venu présenter ses lettres de créance, le pape a également demandé à la France de faire preuve de «sagesse» lors de la prochaine révision des lois de bioéthique en reconnaissant «le caractère intangible de toute vie humaine».

Evoquant «les nombreuses crises qui marquent aujourd’hui la scène internationale», Benoît XVI a tenu à rappeler que «le Saint-Siège suit avec une préoccupation constante les situations de conflits et les cas de violation des droits humains». Le Vatican, a ajouté le pape, «ne doute pas que la communauté internationale, dans laquelle la France joue un grand rôle, puisse apporter une contribution toujours plus juste et efficace en faveur de la paix et de la concorde entre les nations et pour le développement de chaque pays». Dans son discours, le nouvel ambassadeur avait au préalable évoqué les récentes interventions françaises concernant la situation à Gaza, en Irak ou encore en Géorgie.

A propos de la crise économique actuelle, le pape a ensuite souhaité que les mesures qui sont envisagées en France «aient particulièrement à coeur de favoriser la cohésion sociale, de protéger les populations les plus fragiles et surtout de redonner au plus grand nombre la capacité et l’opportunité de devenir des acteurs d’une économie véritablement créatrice de services et de vraies richesses».

Dialogue et sagesse

Dans son discours, le pape a en outre évoqué le «grand débat» sur la bioéthique qui doit avoir lieu dans l’Hexagone en 2009, en vue de la révision des lois de 2004. Il a alors salué les «conclusions sages et pleines d’humanité» de la mission parlementaire sur «les questions relatives à la fin de vie» et qui permettront «de mieux accompagner les malades». De la même façon, le pape a souhaité «que cette même sagesse qui reconnaît le caractère intangible de toute vie humaine puisse être à l’oeuvre lors de la révision des lois de la bioéthique». Il a rappelé en ce sens que les évêques de l’Eglise de France, qui préparent une série de fiches sur la question, «ont abondamment travaillé et sont disposés à offrir une contribution de qualité au débat public qui va s’engager».

Benoît XVI a par ailleurs salué «le souci permanent des évêques de France de réunir les conditions d’un dialogue paisible et permanent avec toutes les communautés religieuses et toutes les familles de pensée». Il s’est aussi félicité de la récente signature d’un accord entre la France et le Saint-Siège sur la reconnaissance des diplômes délivrés par les Universités pontificales et les Instituts catholiques. «Cet accord, a alors expliqué le pape, qui s’inscrit dans le cadre du processus de Bologne, profitera à de nombreux étudiants français et étrangers».

S’il a évoqué «la pleine réussite» de son voyage en France en septembre 2008 et sa «joie (…) encore vive» de s’être rendu à Paris et à Lourdes, Benoît XVI a aussi constaté que «la communauté catholique (était) au nombre des forces vives (du) pays».

Enfin, le pape s’est dit conscient de la «joie» des catholiques français, «cette année, de voir canoniser la bienheureuse Jeanne Jugan, fondatrice de la congrégation des Petites soeurs des pauvres». La religieuse française, née en 1792 et décédée en 1879, avait été béatifiée en 1982 par Jean Paul II.

Une longue carrière diplomatique

Auparavant en poste à Moscou (Russie), Stanislas de Laboulaye avait été nommé ambassadeur de France auprès du Saint-Siège le 23 octobre 2008, près de 10 mois après le décès de son prédécesseur, Bernard Kessedjian, décédé le 19 décembre 2007. Agé de 62 ans, fils et petit-fils de diplomate, il possède lui aussi une longue et brillante carrière diplomatique.

Après l’Ecole nationale d’administration (ENA), cet agrégé de lettres modernes est entré en 1980 au ministère français des Affaires étrangères. Après plusieurs postes au à ce ministère ainsi qu’à Bruxelles et Madrid, Stanislas de Laboulaye a pris la tête de la direction de la communication puis de l’action audiovisuelle extérieure du Quai d’Orsay (1991-1995). Le diplomate fut ensuite consul général à Jérusalem de 1995 à 1999, puis ambassadeur à Madagascar de 1999 à 2002. Secrétaire général adjoint du ministère des Affaires étrangères en charge des affaires politiques et de sécurité entre 2002 et 2006, il a ensuite été nommé ambassadeur de France à Moscou. (apic/imedia/ami)

26 janvier 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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