Le projet de démocratisation de son pays en toile de fond

Rome: Le ministre des Affaires étrangères bolivien reçu par Jean Paul II

Rome, 28 octobre 2004 (Apic) Le ministre des Affaires étrangères et du culte de la Bolivie, a rencontré en début de semaine le pape Jean Paul. Juan Ignacio Siles a présenté au pape et au cardinal secrétaire d’Etat, Angelo Sodano, le projet du gouvernement transitoire bolivien, en faveur d’une plus grande démocratisation du pays, a-t-il rapporté à I’Apic.

«Nous avions le désir de transmettre au pape la vision de ce qui se passe aujourd’hui dans notre pays», a expliqué Juan Ignacio Siles. «Nous avons vraiment de sérieux problèmes qui doivent être résolus le plus rapidement possible par le gouvernement de transition. Nous aurons des changements très profonds ces prochaines années, des changements dans le sens d’un approfondissement de la démocratie en Bolivie», a-t-il ajouté. Le gouvernement est actuellement confronté avec une déclaration d’autonomie de la région de Santa Cruz, la plus riche du pays.

Selon le ministre, le pape a montré de l’intérêt pour le processus d’approfondissement de la démocratie. Il a aussi souligné «l’intérêt profond» du pape qui connaît bien ce pays, dont 95% de la population est catholique et où il s’est rendu en mai 1988.

Au cours d’une conférence de presse organisée par la communauté sant’Egidio à Rome, le 27 octobre, Juan Ignacio Siles a affirmé que la Bolivie n’avait «demandé aucune médiation du Saint-Siège» dans les tractations avec le Chili. «Nous ne pensons pas que cela soit la voie juste», car le problème est avant tout «bilatéral», a-t-il encore souligné.

Le ministre des affaires étrangères faisait référence aux négociations engagées avec son voisin en vue de l’éventuelle cession à la Bolivie d’un territoire perdu lors de la guerre du Pacifique (1879-1883), et cédé définitivement au Chili avec le Traité de 1904. Un traité signé également par le Pérou en 1927, qui envisage cette cession qui redonnerait à la Bolivie son accès à l’Océan.

L’Assemblée constituante en Bolivie devrait être formée en 2005. Le gouvernement bolivien, actuellement transitoire, sera renouvelé en 2007, date à laquelle la nouvelle constitution devrait entrer en vigueur. La nouvelle constitution, en vue d’une démocratisation du pays, devrait permettre un plus large accès de la population bolivienne aux choix politiques.

C’est le 20 février 2004, que le président Carlos Mesa a promulgué la réforme de la Constitution, incluant les figures du référendum sur des questions d’intérêt national et l’Assemblée constituante. La revendication de cette dernière, qui s’est dessinée lors des mobilisations de l’année 2000, est née au sein des secteurs populaires, comme une réponse à l’application du modèle néolibéral accusé d’avoir aggravé la misère en bradant les ressources naturelles et l’appareil productif du pays au profit des multinationales. L’expérience démocratique de la Bolivie est confrontée à un problème typique des régimes présidentiels en Amérique Latine, lesquels se retrouvent régulièrement devant une impasse entre les pouvoirs exécutif et législatif dirigés par des gouvernements minoritaires.

Culture de la feuille de coca

Au cours de la conférence, le ministre latino-américain a aussi souligné les efforts de son gouvernement dans la lutte contre le trafic de drogue, notamment dans la région du Chapare. Les politiques essaient de financer la culture de produits alimentaires comme les bananes ou les ananas, afin de substituer la culture de la coca. Cette dernière représente en effet plus de 3% du PIB, soit un chiffre d’affaires de 1,5 à 4 milliards de dollars par an pour les cocaleros (producteurs de coca). Quelque 500’000 personnes en vivent.

La délégation du gouvernement provisoire bolivien poursuit sa tournée diplomatique en Europe jusqu’au 31 octobre. Juan Ignacio Siles qui s’est entretenu avec le ministre des Affaires étrangères italien, Franco Frattini, rencontrera son homologue à Madrid, le 28 octobre. (apic/imedia/ar/pr)

28 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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