Le pape souhaite un accord sur l’objection de conscience
Rome: Le nouvel ambassadeur de Slovaquie reçu par Benoît XVI
Rome, 13 septembre 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI a souhaité le 13 septembre la signature rapide de l’accord de type concordataire entre le Saint-Siège et la Slovaquie, reconnaissant le droit à l’objection de conscience des catholiques.
Ce futur accord a été épinglé par les autorités européennes. Le pape recevait en audience à Castel Gandolfo Jozef Dravecky, le nouvel ambassadeur de Slovaquie, venu lui remettre ses lettres de créance. Le pape a aussi insisté sur la question de l’enseignement et la défense de l’institution du mariage.
Le pape s’est ainsi réjoui de «la réassurance que la République est investie dans l’aboutissement de l’accord de base concernant l’objection de conscience et le financement des activités de l’Eglise».
Pour le pape, il est important que les Etats continuent à garantir à l’Eglise la liberté de fonder et d’administrer les écoles catholiques, donnant aux parents les moyens de choisir l’éducation de leurs enfants. «Une éducation complète, a-t-il dit, doit se nourrir de toutes les dimensions de la personne humaine, y compris du religieux et du spirituel». Ainsi, «les jeunes peuvent acquérir les connaissances qui leur permettront de remplir leurs devoirs civiques».
Jozef Dravecky, le nouvel ambassadeur de Slovaquie près le Saint-Siège, est né en 1947. Mathématicien, père de 5 enfants, il est entré dans la carrière diplomatique en 1991. Il a été ambassadeur en Bulgarie (1994-1998) et en Lettonie (2000-2005) et, jusqu’en 2007, directeur au ministère des Affaires étrangères.
Le Saint-Siège et la République slovaque ont des relations diplomatiques depuis 15 ans et ont signé, le 24 novembre 2000, un «accord fondamental» réglementant la position juridique de l’Eglise catholique et de ses institutions, et assurant sa liberté notamment en matière de culte, de gouvernement pastoral et d’enseignement religieux. Depuis, les deux parties ont signé un accord sur «l’assistance religieuse aux fidèles catholiques dans les forces armées» en août 2002, et un autre sur l’éducation catholique en juillet 2004.
Nombreuses oppositions
Les deux accords encore en attente soulèvent de nombreuses oppositions dans la classe politique slovaque, surtout celui sur l’objection de conscience. Un projet de loi âprement discuté au parlement de Bratislava affirme que «chacun peut refuser d’agir d’une façon que sa conscience juge contraire à l’enseignement de la foi et de la morale».
En janvier 2006, un comité consultatif de juristes de la Commission européenne avait critiqué ce futur accord concordataire. Le rapport de 41 pages commandé par la Commission européenne mettait particulièrement en cause le droit à «l’objection de conscience religieuse» dont traite cet accord bilatéral, notamment face à l’avortement.
Selon ce comité de 25 juristes, l’accord entre le Vatican et la Slovaquie, «peut mener l’Etat à violer ses engagements» en matière internationale, en particulier en ce qui concerne le droit des femmes et leur discrimination. Ce rapport estime aussi que le traité accorderait un statut privilégié à l’Eglise catholique en Slovaquie, au-delà que ce que prévoit la loi nationale, européenne et internationale. (apic/imedia/hy/pr)




