Nouvel appel pour la paix dans les Balkans et en Afrique

Rome: Le pape a béatifié le Padre Pio en présence de centaines de milliers de fidèles

Rome, 2 mai 1999 (APIC) Le pape a proclamé bienheureux dimanche, Place Saint-Pierre, le Padre Pio de Pietrelcina, le «capucin aux stigmates» de la communauté des Frères mineurs de San Giovanni Rotondo, décédé en 1968 dans le Sud de l’Italie à l’âge de 81 ans. Des centaines de milliers de fidèles rassemblés devant la Basilique Saint-Pierre et dans l’avenue en face ont participé à la cérémonie. Des dizaines de milliers d’autres pèlerins, réunis devant la Basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran, ont suivi la béatification sur grands écrans. Le pape a demandé l’intercession de Padre Pio pour que cesse la guerre dans les Balkans et en Afrique.

Au total, on estime à près de 600’000 le nombre de pèlerins venus à Rome le week-end du 2 mai, parmi lesquels un grand nombre de religieux franciscains et capucins du monde entier. Quelque 350’000 fidèles étaient massés près du Vatican le dimanche matin, remplissant l’avenue de la Conciliation, qui relie le Tibre au Vatican, sous un ciel plus couvert que la veille, où Rome avait passé la journée sous une chaleur estivale.

Le gratin de la politique italienne

Le gratin de la politique italienne était présent Place Saint-Pierre, notamment le président de la République, Oscar Luigi Scalfaro, le président du Conseil, Massimo d’Alema, accompagnés de nombreux ministres, députés et sénateurs. «L’Italie est vraiment dignement représentée», a d’ailleurs remarqué Jean Paul II au cours de son homélie. «L’écho que cette béatification suscite en Italie et dans le monde, a-t-il ajouté, est un signe que la réputation du Padre Pio, fils de l’Italie et de François d’Assise, est parvenue à rejoindre tous les continents».

Une foule joyeuse

La célébration a été à plusieurs reprises scandée par les applaudissements et les foulards agités, en particulier lorsque le pape a prononcé solennellement la formule de béatification, avant que le portrait de Padre Pio se trouvant sur la façade de la Basilique ne soit dévoilé. Au même moment, des fidèles suivaient la scène sur grands écrans, à Saint-Jean-de-Latran, mais aussi à San Giovanni Rotondo, dans les Pouilles, où se trouve le couvent du célèbre capucin. Le pape n’a pas manqué de les saluer, ainsi que tous ceux qui suivaient la cérémonie à la radio et à la télévision, une trentaine de caméras ayant été placées Place Saint-Pierre pour les transmissions en direct de la télévision italienne.

Jean Paul II a connu personnellement cette «image vivante du Christ souffrant»

Durant l’homélie, Jean Paul II a rappelé qu’étudiant à Rome, il avait eu l’occasion de connaître personnellement Padre Pio. La vie du nouveau bienheureux a été «un exercice constant de foi», a-t-il expliqué, ajoutant que «la très exigeante ascèse» à laquelle il s’était soumis avait pour but «l’identification progressive» au Christ. «Les personnes qui se rendaient à San Giovanni Rotondo pour participer à sa messe, pour lui demander conseil ou pour se confesser, a-t-il précisé, découvraient en lui une image vivante du Christ souffrant et ressuscité».

Un saint objet d’incompréhension

Evoquant les stigmates du Padre Pio, ainsi que «les dons singuliers qui lui furent accordés et les souffrances intérieures et mystiques qui les accompagnaient», le pape a également parlé des épreuves qu’il dut supporter en raison de ses charismes particuliers. Ces épreuves ne furent pas moins «douloureuses», et «peut-être même encore plus cuisantes humainement parlant». Dans l’histoire de la sainteté, a fait remarquer Jean Paul II dans une allusion aux difficultés et aux suspicions qu’a connues ce saint pas toujours très commode, «il arrive quelquefois que l’élu, par une permission spéciale de Dieu, soit l’objet d’incompréhensions». Quand cela se vérifie, a ajouté le pape, «l’obéissance devient pour lui un creuset de purification, un chemin d’assimilation progressive au Christ, un affermissement de la sainteté authentique».

Jean Paul II a salué ensuite «l’extraordinaire expérience ecclésiale» qui s’est développée autour du Padre Pio, des groupes de prière qui se sont multipliés dans le monde entier, sans oublier l’œuvre que représente la «Casa Sollievo della Sofferenza» – Maison du soulagement de la Souffrance – fondée à San Giovanni Rotondo. Il avait voulu en faire un hôpital de première catégorie, mais il se préoccupait surtout qu’on y pratique «une médecine vraiment humanisée, où les relations avec les malades soient empreintes de la sollicitude la plus chaleureuse et de l’accueil le plus cordial». Avec la «Casa Sollievo della Sofferenza», a souligné Jean Paul II, alors que près de 8’000 handicapés assistaient à la cérémonie, Padre Pio a voulu montrer «que les ’miracles ordinaires’ de Dieu passent par notre charité».

Appel à la reprise du dialogue et à la fin de la violence en Yougoslavie

A Saint-Jean-de-Latran, où il s’est ensuite rendu en hélicoptère pour y évoquer la figure du nouveau bienheureux en présence de près de 150’000 personnes, le pape a cette fois parlé de la Yougoslavie, demandant «que cesse la violence de l’homme contre l’homme, que s’arrêtent les instruments de destruction et de mort, que soient mises en place toutes les voies possibles pour secourir ceux qui sont contraints à abandonner leurs propres terres au milieu d’atrocités indescriptibles».

«Que reprenne le dialogue!», a insisté le pape depuis la loggia de la Basilique, dont la façade, à peine rénovée, était cette fois éclairée par le soleil. Jean Paul II a invité les fidèles à prier intensément pour la paix dans les Balkans et dans les endroits du monde «trop nombreux» où règne la violence, «fomentée par les préjugés et par la haine envers ceux qui ont des origines ethniques, des convictions religieuses et des idées politiques différentes». Enfin, outre les Balkans, le pape a également cité l’Afrique, «le continent actuellement ensanglanté par le plus grand nombre de guerres». «Les luttes pour le pouvoir, les conflits ethniques et l’indifférence envers les autres, sont en train de l’étouffer lentement», a conclu Jean Paul II, avant de réciter la prière du Regina Caeli avec les fidèles. (apic/imedia/cb/be)

30 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 4  min.
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