sommet de la curie sur la paix dans les Balkans
Rome: Le pape a convoqué une rencontre au (050194)
Rompre la logique de guerre dans laquelle sont enfermées les populations
Rome, 5janvier(APIC) Une paix en Bosnie édifiée sur des bases exclusivement ethniques, grâce au marchandage et à la politique immorale du «nettoyage ethnique» ne saurait être une paix durable, a estimé mercredi le
Saint-Siège à l’issue d’une conférence au sommet de la curie romaine consacrée à la paix dans les Balkans. Le Vatican réaffirme que la guerre dans
les Balkans n’est pas une guerre de religion ni une fatalité et qu’il n’est
pas trop tard pour y mettre un terme.
Cette rencontre d’étude – à laquelle participaient les collaborateurs du
pape les plus impliqués dans cette région en crise et des spécialistes européens en histoire, philosophie et politologie – a été convoquée mardi et
mercredi par le pape Jean Paul II lui-même en vue de la prochaine Journée
mondiale de prière consacrée à cette région en crise, dimanche 23 janvier.
La Journée de prière sera précédée d’une journée de jeûne le vendredi 21
janvier, pour attirer l’attention sur ce que le Vatican considère comme
«l’un des drames les plus tragiques de ce siècle».
Présidée par le pape lui-même, cette rencontre a permis de vérifier
qu’il existe au sein de toutes les factions engagées dans la lutte un bon
nombre de personnes de bonne volonté, qui désirent oeuvrer pour le pardon
et la réconciliation. Ces personnes sont convaincues que la guerre en Bosnie-Herzégovine leur a été imposée, comme leur serait imposée une éventuelle division de leur territoire.
Dans un communiqué, le Saint-Siège souligne que de nouveau est apparue
la conviction que la paix est possible, «car elle est un don de Dieu, confié aux hommes»: les chrétiens, avec leurs frères croyants du judaïsme et
de l’islam, présents dans ces territoires, ont une responsabilité particulière pour que le respect de l’autre, dans sa personne, dans ses convictions, dans ses biens et dans son histoire, redevienne réalité.
«Par leur prière persévérante, par leur solidarité avec ceux qui souffrent et ceux qui espèrent, par leur présence au milieu des populations assiégées ou déplacées par la force, et par leur collaboration, ils peuvent
rompre cette logique de guerre dans laquelle ces populations ont été enfermées. A ce propos, le Conseil pontifical Justice et Paix publiera ces prochains jours un appel en vue de la Journé de prière du 23 janvier.
Parmi la bonne vingtaine de participants, on notait en particulier la
présence des cardinaux Angelo Sodano, Secrétaire d’Etat du Vatican, Roger
Etchegaray, président des Conseils pontificaux pour la justice et la paix
et «Cor unum», Bernardin Gantin, préfet de la Congrégation pour les évêques, Godfried Danneels, archevêque de Malines-Bruxelles et président de
Pax Christi International, Jozef Tomko, préfet de la Congrégation pour
l’évangélisation des peuples, Francis Arinze, président du Conseil pontifical pour le dialogue interreligieux, Achille Silvestrini, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales.
Parmi les intervenants extérieurs, il faut en particulier souligner la
participation de Tadeusz Mazowiecki, rapporteur spécial des Nations Unies
pour la question des droits de l’homme dans l’ex-Yougoslavie, qui a parlé
de «Droits humains et aide humanitaire». De son côté, Mirko Djordjevic,
professeur de l’Académie de Pédagogie de Belgrade, a donné une «Interprétation philosophique du conflit». Au terme de ces deux journées, les participants ont remercié le pape pour cette initiative qui a permis une perception plus approfondie des causes, de la réalité et des conséquences de la
guerre dans les Balkans, a expliqué mercredi Joaquin Navarro Valls, porteparole du Vatican. (apic/com/be)



