Jean Paul II dénonce la plaie du terrorisme et les guerres

Rome: Le pape a imploré Jésus-Christ de sauver l’humanité et de la guider vers la paix

Rome, 26 décembre 2003 (Apic) Le pape Jean Paul II a lancé un appel contre «la plaie du terrorisme», la guerre et contre toute forme de violence dans son message de Noël, lu depuis le parvis de la basilique Saint-Pierre. Il a ensuite donné sa bénédiction solennelle «Urbi et Orbi».

Dans son traditionnel message de Noël précédant la bénédiction «Urbi et Orbi» – sur la ville de Rome et sur le monde -, le 25 décembre 2003, Jean Paul II, apparu en bonne forme, a imploré «Jésus-Christ, sauveur du monde», de libérer «l’humanité de ses maux pour la conduire sur un chemin de paix».

«Sauve-nous des grands maux qui déchirent l’humanité en ces premières années du troisième millénaire. Sauve-nous des guerres et des conflits armés qui dévastent des régions entières du globe, de la plaie du terrorisme et des nombreuses formes de violences qui atteignent gravement des personnes faibles et sans défense. Sauve-nous du découragement dans notre marche sur les chemins de la paix, chemins certes difficiles, mais possibles et même nécessaires; chemins urgents, toujours et partout, surtout sur la Terre où tu es né, toi, prince de la paix». Telle a été la demande suppliante du pape à Jésus sauveur, après cette année particulièrement lourde en pertes humaines, guerres, attentats et incompréhensions et conflits entre les peuples.

Après avoir célébré la messe de minuit dans la basilique Saint- Pierre, mercredi 24 décembre 2003, Jean Paul II, paré de vêtements couleur or, est apparu le lendemain à midi, à l’heure de l’Angélus, pour bénir la foule massée sur le parvis de la basilique Saint-Pierre. Il a lu l’intégralité de son message.

Symboles précieux

«En ce jour, l’Eglise renouvelle avec la même joie l’annonce qu’un sauveur nous est né» a-t-il rappelé dans son court discours de Noël porteur d’espérance auprès des quelque soixante mille pèlerins rassemblés comme chaque 25 décembre, place Saint-Pierre. «Une abondance de tendresse et d’espérance remplit notre esprit, ainsi qu’un impérieux besoin d’intimité et de paix. Dans la crèche, nous contemplons Celui qui s’est dépouillé de sa gloire divine pour se faire pauvre, poussé par son amour pour l’homme», a-t-il continué, qualifiant la crèche et l’arbre de «symboles précieux transmettant à travers le temps le sens véritable de Noël».

C’est à sa demande en effet qu’un sapin de Noël et qu’une grande crèche, inaugurés à l’approche de la fête de la Nativité, sont installés de façon rituelle au pied de l’obélisque de chaque année, depuis 1982.

Rappelant le mystère chrétien de Noël, souvent oublié dans la société occidentale laïcisée, le pape, reprenant l’évangile de Luc, en a expliqué l’universalité. «En naissant à Bethléem, le Fils éternel de Dieu est entré dans l’histoire de chaque personne qui vit sur la surface de la terre. Il est désormais présent dans le monde comme l¹unique Sauveur de l¹humanité. C’est pourquoi nous le prions», a-t-il commenté.

Jean Paul II, fidèle à la mère de Jésus-Christ, s’est enfin tourné vers Marie. «Et toi, Marie, vierge de l’attente et de l’accomplissement, qui gardes le secret de Noël, rends-nous capables de reconnaître dans l’enfant, que tu tiens entre tes bras, le Sauveur annoncé, qui apporte à tous l’espérance et la paix».

Le pape, bénissant la foule de Rome assemblée sous le soleil illuminant la place Saint-Pierre, et du monde suivant le programme télévisé retransmis dans 50 pays, a souhaité que «la joie du Noël du Seigneur parvienne jusqu’aux extrémités de l’univers».

Le message de la messe de minuit

Ce message n’était pas sans rappeler celui de la veille. Célébrant la messe de minuit dans la basilique Saint-Pierre, il avait déjà demandé dans son homélie à Jésus, «enfant, qui a voulu avoir pour berceau une mangeoire, créateur de l’univers, dépouillé de sa gloire divine, rédempteur, ayant offert en sacrifice son corps sans défense pour l’humanité d’illuminer par la splendeur de sa naissance la nuit du monde».

«Que la puissance de ton message d’amour détruise les assauts orgueilleux du malin. Puisse le don de ta vie nous faire comprendre toujours davantage le prix de la vie de chaque être humain», avait-il imploré, car «trop de sang coule sur la terre»! «Trop de violences et de conflits troublent les relations sereines entre les nations.

Le pape, fatigué mais heureux, s’est adressé lors de la messe de minuit aux Italiens pour leur souhaiter une «heureuse et sainte fête de Noël !» «Que le Christ Sauveur vous garde dans l’espérance et qu’il vous fasse le don de la paix profonde !» a-t-il lu dans près de 62 langues, dont le chinois et l’esperanto, avant de donner sa bénédiction solennelle à tous. La foule, sous le son des cloches et des trompettes, a acclamé ce pape souriant qui a jusqu’ici célébré 26 fêtes de Noël au Vatican.

Le pape, a célébré l’intégralité de la messe du 24 décembre d’une durée d’une heure et demie, ne sautant qu’une petite partie de la célébration eucharistique et en simplifiant la bénédiction finale. De son trône roulant, il a béni maintes fois les quelque dix mille pèlerins qui remplissaient la basilique, l’applaudissant discrètement pour l’encourager aux moments propices. Des petits enfants en costumes typiques des cinq continents lui avaient porté symboliquement les offrandes qu’il avait alors bénies avant leur consécration.

Une prière avait aussi été lue en arabe à l’intention de tous ceux qui reconnaissent Abraham comme leur père, chrétiens, musulmans et juifs, pour qu’ils renoncent à «tout sentiment et action de haine, de vengeance et de violence».

Avant la messe, le pape avait allumé la bougie de la vigile de Noël de la fenêtre de ses appartements en bénissant la centaine de fidèles rassemblés sur la place pour écouter le cardinal américain Edmund Szoka devant la crèche découverte.

Un programme allégé pour la période de Noël avait été recommandé au pape cette année par son équipe médicale. Pour la première fois depuis 26 ans, Jean Paul II a renoncé à célébrer la messe du matin de Noël pour les pèlerins venus sur la place Saint-Pierre. PR

Encadré

Le pape n’a pas renoncé aux voyages à l’étranger

Le pape Jean Paul II n’a pas encore renoncé à voyager à l’étranger malgré sa santé fragile et a réservé sa réponse aux quatre invitations reçues pour l’année 2004, a déclaré le jour de Noël, jeudi, son porte parole, Joaquin Navarro-Valls. Le directeur de la salle de presse s’exprimait au micro de la première chaîne de télévision italienne, «RAI 1».

«Il a reçu quatre invitations de trois pays européens, Suisse, France et Autriche où il est déjà allé, et une du Mexique, qui a toujours régulièrement invité le pape. Dans tous ces pays, il y a des fêtes religieuses auxquelles il pourrait participer. Il n’a pas encore décidé mais il ne les a pas remisés», a commenté Joaquin Navarro-Valls.

Au moins 80 télévisions de 50 pays des 5 continents – jusqu’à Taiwan – ont choisi de retransmettre la messe de minuit présidée par Jean Paul II en la basilique vaticane, ainsi que la bénédiction «Urbi et Orbi» du lendemain. (apic/imedia/pr)

26 décembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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