Il appelle à cesser les violences dans le monde
Rome: Le pape a reçu 11 nouveaux ambassadeurs
Rome, 1er décembre 2005 (Apic) Devant 11 nouveaux ambassadeurs auprès du Saint-Siège, le pape Benoît XVI appelle à cesser les violences dans le monde. Devant l’ambassadeur d’Algérie, le pape a prôné la réconciliation dans ce pays, lui demandant de poursuivre son processus de réconciliation nationale et de dialogue entre chrétiens et musulmans
Les hommes de bonne volonté doivent oeuvrer pour la paix dans le monde, car les bonnes intentions ne suffisent pas, a-t-il dit le 1er décembre aux 11 nouveaux ambassadeurs, non résidents à Rome, accrédités auprès du Vatican. Il a ensuite adressé un court discours à chacun des diplomates.
Le pape a souhaité «que tous les hommes de notre temps s’engagent en faveur de la paix et de la réconciliation sur tous les continents». «Il ne suffit pas de décider la paix pour y parvenir, encore faut-il tout mettre en oeuvre sur le plan concret, à tous les niveaux de la société, pour qu’elle puisse advenir», a déclaré avec fermeté Benoît XVI dans un court discours en français.
«De toutes les parties du monde parviennent des informations concernant des conflits», a poursuivi le pape. «Je voudrais ce matin lancer un nouvel appel pour que les responsables des nations et tous les hommes de bonne volonté se donnent la main pour faire cesser la violence, qui défigure l’humanité et qui hypothèque la croissance des peuples et l’espérance de nombreuses populations».
«Sans l’engagement de tous à faire la paix, à créer un climat de pacification et un esprit de réconciliation à tous les niveaux de la vie sociale, à commencer par le cadre de la famille, il ne sera pas possible d’avancer sur la voie d’une société pacifiée», a poursuivi le pape.
Dans cette perspective, et «pour un développement toujours plus harmonieux des peuples», le pape a jugé important de porter «une attention spéciale à la jeunesse, en donnant aux familles et aux différentes structures éducatives les moyens de former et d’éduquer les jeunes, de leur transmettre les valeurs spirituelles, morales et sociale essentielles, les préparant ainsi à un avenir meilleur et à une véritable conscience de leur rôle dans la société et des attitudes qu’ils doivent adopter pour servir le bien commun et pour être attentifs à tous».
Une voie essentielle
«C’est une des voies essentielles pour que, à long terme, le monde sorte de l’engrenage de la violence», a martelé Benoît XVI. Il a conclu en indiquant que l’Eglise catholique s’engageait pour sa part à former «le sens du religieux des individus, qui ne peut que faire grandir en chacun le sens de la fraternité et de la solidarité» et en rappelant que la tâche essentielle des diplomates est de favoriser «le dialogue et les négociations, ainsi que le mieux-être des populations».
Benoît XVI recevait les lettres de créances des nouveaux ambassadeurs auprès du Saint-Siège de la Tanzanie, du Népal, de la Finlande, de Sainte-Lucie, du Salvador, du Danemark, de l’Afrique du Sud, de l’Algérie, de l’Erythrée, du Togo et de la Principauté d’Andorre.
De nombreux souhaits
Parmi les discours prononcés, le pape a notamment souhaité que la Principauté d’Andorre n’abandonne pas ses racines chrétiennes, et à l’Algérie de poursuivre son processus de réconciliation nationale et de dialogue entre chrétiens et musulmans.
A propos du Togo, le pape a souhaité la poursuite du processus démocratique dans le pays et l’instauration de l’Etat de droit.
Devant le nouvel ambassadeur du Danemark, Benoît XVI s’est félicité de la politique danoise en faveur de l’aide au développement des pays du tiers monde, mais a demandé aux Danois de favoriser l’accueil des immigrés.
Recevant également le nouvel ambassadeur de la République de Finlande, Pekka Ojanen, venu lui remettre ses lettres de créance, le 1er décembre 2005, Benoît XVI a estimé que l’Union européenne ne devait pas être uniquement une zone de libre échange mais aussi une puissance politique internationale. Rappelant le rôle de la Finlande dans l’intégration à l’Union européenne des républiques baltes et «la division imposée arbitrairement» à l’Europe après la seconde guerre mondiale, le pape a déclaré «qu’aujourd’hui, il s’agit de garder soigneusement et d’approfondir cette unité regagnée».
Benoît XVI a ensuite demandé au Salvador, pays de l’Amérique centrale, de promouvoir des réformes fondées sur l’homme et la morale.
Devant l’ambassadeur de Tanzanie, le pape a encouragé le gouvernement de son pays à rester «ouvert à la diversité politique», soulignant que les démocraties authentiques favorisent «des élections libres et pluripartistes transparentes».
Avec l’ambassadeur de l’Afrique du Sud, Benoît XVI a rappelé les principes de l’Eglise catholique en matière de lutte contre le sida et souhaité le développement à long terme de l’Afrique du Sud «l’un des pays les plus influents du continent». Alors que la Journée mondiale de lutte contre le sida est célébrée ce 1er décembre et que le pape a rappelé sa préoccupation face au progrès de la maladie lors de l’audience générale du 30 novembre, il a souligné devant la diplomate que «les statistiques de plusieurs régions d’Afrique confirment les résultats des politiques fondées sur la continence, la promotion de la fidélité dans le mariage et l’importance de la vie de famille».
Benoît XVI a enfin demandé à l’île antillaise de Sainte-Lucie de renforcer sa lutte contre le trafic de drogue et de promouvoir l’institution sacrée du mariage. (apic/imedia/hy/pr)




