Importance des accords juridiques passés entre les deux Etats

Rome: Le pape a reçu au Vatican le premier ministre de Hongrie

Rome, 19 décembre 2004 (Apic) Le Saint-Siège espère que les accords juridiques passés récemment avec le gouvernement hongrois ne seront pas remis en question. C’est ce que Jean Paul II a déclaré au Premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsany, qu’il recevait au Vatican le 18 décembre.

Lors d’un entretien privé d’une quinzaine de minutes et, successivement, dans un discours adressé à la délégation hongroise, Jean Paul II a exprimé sa «satisfaction pour la série d’accords juridiques stipulés récemment entre la Hongrie et le Saint-Siège», en particulier l’accord fondamental pour le financement des activités de l’Eglise catholique hongroise dans le domaine de l’éducation.

«L’accord définit juridiquement le rôle de l’Eglise dans un domaine important de la société hongroise, dans le respect des droits de l’homme à la liberté religieuse et à l’éducation», a affirmé le souverain pontife. «J’espère que l’esprit de coopération constructive continuera de marquer le travail commun de l’Eglise et de l’Etat en mettant en acte ce qui a été négocié et stipulé», a-t-il ajouté.

Les relations entre l’Eglise locale et le gouvernement se sont en effet détériorées l’automne dernier lorsque le parlement hongrois a voté des mesures pour diminuer de moitié le financement de l’Etat en faveur des écoles et universités catholiques.

Dans son discours lu par un de ses collaborateurs de la Secrétairerie d’Etat, le pape a par ailleurs qualifié l’entrée de la Hongrie dans l’Union européenne comme «une nouvelle étape importante de son histoire». «Je suis confiant que votre pays apportera une contribution spécifique au futur du Continent de par son riche patrimoine de valeurs spirituelles et culturelles», a-t-il déclaré, soulignant également l’importance de former les jeunes «aux vertus morales et civiques».

C’est la première visite du premier ministre Gyurcsany au Vatican depuis sa nomination à ce poste en septembre dernier. Il était accompagné de son épouse et de différents ministres, dont celui des affaires étrangères et celui de la culture. Après la rencontre avec le pape, la délégation a été reçue par le cardinal secrétaire d’Etat Angelo Sodano, avant le déjeuner officiel en l’honneur du cardinal et de ses collaborateurs de la curie, à l’Académie de Hongrie située dans le centre de Rome.

«L’Eglise se mêle des affaires politiques»

Lors d’une conférence de presse dans l’après-midi du même jour, le premier ministre hongrois a affirmé aux journalistes que l’accord entre le Saint-Siège et le gouvernement hongrois «reste valide» et que la Hongrie «n’a pas l’intention de le modifier». Il a ajouté que le budget qui vient d’être adopté par son gouvernement «respectera pleinement» cet accord. En revanche, le chef du gouvernement hongrois s’est dit «perplexe» face à «la participation active de l’Eglise hongroise dans la politique» du pays, estimant qu’»elle dépasse les limites de son libre exercice de transmission de la foi». Pour le premier ministre hongrois, «alors que le Parlement tente de trouver une solution» à la crise, des élèves et des étudiants catholiques sont descendus dans la rue pour manifester. «C’est une interférence claire dans la politique hongroise», a estimé F. Gyurcsany.

Le premier ministre hongrois a enfin référé à la presse avoir invité le pape à se rendre une nouvelle fois en Hongrie. Jean Paul II s’est rendu dans ce pays à majorité catholique -65% de la population- en 1991 et 1996. (apic/imedia/blb/bb)

19 décembre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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