Inégalités sociales et désintégration
Rome: Le pape a reçu l’ambassadeur de la République Dominicaine
de la famille au centre du discours
Rome, 27 mai 1997 (APIC) Le problème des inégalités sociales reste crucial en Amérique latine, a constaté lundi le pape en recevant le nouvel ambassadeur de Saint-Domingue, César Ivan Feris Iglesias, venu présenter ses lettres de créances. «Un problème aujourd’hui crucial se manifeste très concrètement en Amérique latine, et c’est celui des grandes inégalités sociales entre riches et pauvres», a dit le pape.
«On ne doit pas oublier que les déséquilibres économiques contribuent à la détérioration progressive et à la perte des valeurs morales, qui provoquent si souvent la désintégration de la famille, la permissivité des moeurs et un manque de respect pour la vie», a souligné le pape, avertissant qu’»une société qui n’est pas ancrée dans de solides valeurs éthiques va à la dérive». Pour le pape, «il est urgent de considérer comme un objectif prioritaire la récupération de ces valeurs par des mesures politiques et sociales qui assurent un emploi digne et stable pour tous», ce qui sera bénéfique pour la famille et l’école.
Face à la loi du marché et à sa globalisation, le pape a rappelé l’exigence de la solidarité, car «c’est l’homme qui doit être le premier bénéficiaire du développement». Il en a appelé au sens de la responsabilité des Dominicains «devant Dieu et en tant que citoyens», pour construire une société «plus juste, plus fraternelle et plus accueillante».
Jean-Paul II a mis en garde: «Un modèle de développement qui ne prendra pas en compte et n’affrontera pas avec décision des inégalités ne pourra en aucune manière être prospère.» Il a dénoncé aussi la corruption et l’impunité. «L’intégration sociale n’est possible, a-t-il insisté, que si l’on restaure la confiance de la population dans l’administration de la justice, dans les forces de sécurité et dans les représentants politiques du peuple. Rien ne conduit tant à la désintégration d’une société que la corruption et l’impunité.»
Jean-Paul II a encore plaidé pour le respect des «valeurs démocratiques» et des droits de l’homme, et notamment pour «un fonctionnement correct de l’Etat de droit», se faisant l’avocat des plus «vulnérables» de la société: femmes, personnes âgées, enfants, handicapés, malades du sida, populations indigènes et autres minorités ethniques, immigrés et réfugiés. Il a demandé en conséquence que l’Eglise puisse jouir de toutes les facilités pour mener sa tâche d’évangélisation et de promotion humaine.
Jean-Paul II s’est rendu en République dominicaine en octobre 1992 à l’occasion de l’anniversaire de l’arrivée de Christophe Colomb en Amérique. Le pape avait alors appelé à une nouvelle évangélisation du continent. C’est en effet à Saint-Domingue que fut célébrée la première messe sur le continent américain. (apic/cip/imed/pr)



