Formation des prêtres, santé, dette et chômage en toile de fond
Rome: Le pape a reçu les évêques du Zimbabwe
Rome, 7 septembre 1998 (APIC) Le souci pastoral des familles et la formation religieuse des laïcs sont les deux grandes priorités signalées par Jean Paul II aux évêques du Zimbabwe, reçus à Castelgandolfo en fin de semaine dernière dans le cadre de leur visite «ad limina». Le pape a évoqué le taux élevé de divorces, la déshumanisation de la société provoquée par le fléau de l’avortement et les effets dévastateurs du sida.
Dans son discours, Mgr Alexio Churu Muchabaiwa, évêque de Mutare et président de la Conférence des évêques du Zimbabwe, a confié au pape sa préoccupation devant la propagation du sida dans son pays. «Un problème qui n’est pas seulement médical», a-t-il indiqué, avant d’ajouter que le Zimbabwe compte plus d’un million d’orphelins en l’an 2000.
Sur la question des vocations, Mgr Muchabaiwa a dit son souci de la formation des 230 étudiants du Séminaire régional de Chishawaha et du projet, pour le moment abandonné, d’une Université catholique. Il s’était aussi réjoui de la fondation, le 22 août dernier par les jésuites, d’un collège de philosophie dans la capitale Harare.
A ce propos, Jean Paul II a fait part de sa préoccupation: les évêques doivent pouvoir compter avec des prêtres, «leurs premiers collaborateurs dans l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut». Il a demandé aux évêques de veiller à la pureté doctrinale de l’enseignement qu’ils reçoivent, en insistant aussi sur la préparation nécessaire qu’implique le choix de la chasteté et du célibat.
Mgr Muchabaiwa a également fait part de sa préoccupation, déjà manifestée dans une lettre pastorale des évêques, de la situation économique du pays et de l’augmentation du chômage. Il a mentionné le poids de la dette internationale et la nécessité d’une réforme agraire. Un point que le pape n’a pas manqué d’aborder, en se référant au document de Justice et Paix sur ce thème publié en novembre 1997.
En attendant Harare
Au chapitre de l’œcuménisme, Mgr Muchabaiwa a rappelé que les chrétiens de son pays se préparent à accueillir cette année l’Assemblée générale du Conseil Œcuménique des Eglises. Il s’est réjoui de la venue à cette occasion d’une délégation du Vatican.
Chili: Le dossier d’un prêtre espagnol disparu en 1974 pourrait être à nouveau ouvert
Requête de religieux espagnols au grand dam de pinochet
Santiago, 7 septembre 1998 (APIC) Un groupe de religieux et de laïcs espagnols engagés dans des tâches apostoliques au Chili ont annoncé leur intention de demander au gouvernement espagnol d’entamer des démarches auprès des autorités chiliennes afin de retrouver le corps du prêtre espagnol Antoni Llido, disparu au Chili en 1974, un an après le coup d’Etat du dictateur Pinochet. Le groupe demande en outre que soit rouvert le dossier concernant le père Llido
En 1992, la soeur du prêtre espagnol originaire de Valence (Espagne) avait déposé plainte. Celle-ci avait été archivée «faute de preuves». Mais l’enquête du juge espagnol Manuel Garcia-Castellon a depuis apporté de nouvelles données impliquant Pinochet et la direction de la DINA (la police politique du régime qu’il dirigeait).
En outre, les témoignages d’un ancien agent de la DINA et des évêques Fernando Ariztia (catholique) et Helmut Frenz (luthérien) ont également fourni de nouveaux éléments. Mgr Ariztia, actuellement vice-président de la Conférence épiscopale du Chili, qui s’était informé en 1974 du cas du prêtre espagnol auprès du dictateur Pinochet, a rapporté dans une lettre envoyée à la Commission des Droits de l’Homme du Parlement chilien, la réponse de Pinochet à propos de l’affaire Llido. «Celui-là n’est pas un curé, c’est un marxiste», avait répondu Pinochet. «Une réponse qui confirme, selon Mgr Ariztia, que le dictateur était au courant de l’arrestation du père Llido».
Antoni Llido fut arrêté par la DINA le 25 septembre 1974 à Santiago et emprisonné dans différents lieux de détention durant un mois. Après quoi on avait définitivement perdu sa trace.
Le groupe de religieux et de laïcs espagnols qui travaillent dans la pastorale au Chili exige du général Pinochet qu’il révèle où se trouve le corps d’Antoni Llido et des autres disparus, afin qu’ils puissent être enterrés chrétiennement.
Pinochet a toujours prétendu, qu’il n’a jamais ordonné de tuer qui que ce soit et que les démarches judiciaires en cours aussi bien au Chili qu’en Espagne sont, selon Pinochet, motivées par un désir de «vengeance». (apic/cip/pr)



