Benoît XVI invité à se rendre en Israël début 2007
Rome: Le pape a reçu Shimon Peres
Rome, 6 avril 2006 (Apic) Le pape Benoît XVI a été invité par Shimon Peres à se rendre en Israël début 2007, lors de l’audience qu’il lui a accordé au Vatican le 6 avril 2006 dans la matinée. Selon la Radio militaire israélienne, Shimon Peres se serait aussi rendu au Vatican pour demander officiellement au pape de boycotter le Hamas.
Durant 40 minutes d’entretien, le pape et l’ancien ministre israélien ont aussi parlé du problème de la paix en Terre Sainte et ont fermement condamné toute forme de terrorisme, a rapporté le même jour le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls. Par rapport à la durée moyenne des audiences accordées par le pape, celle de Shimon Peres peut-être considérée comme particulièrement importante.
Lors de la conférence de presse donnée à l’issue de la rencontre, Shimon Peres a déclaré qu’il avait ainsi pu exposer «dans le détail» à Benoît XVI la situation au Proche Orient. «J’ai tracé à Benoît XVI un panorama précis du processus de paix, en soulignant que, pour nous, il est nécessaire de partir d’une proposition acceptée par tous : la feuille de route».
Dans son communiqué, Joaquin Navarro-Valls a indiqué que Shimon Peres, l’ancien Premier ministre d’Israël et prix Nobel de la paix en 1994, après avoir rencontré Benoît XVI, avait été reçu par le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano. Le sous-secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Pietro Parolin, et l’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, Oded Ben-Hur, étaient aussi présents pour cette audience.
Le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège a aussi confirmé que Shimon Peres avait invité le pape à se rendre en Israël. Selon l’ancien Premier ministre israélien, Benoît XVI aurait prévu de faire ce voyage «début 2007».
Le pape avait déjà été invité à se rendre en Israël par Tzipi Livni, la ministre israélienne des Affaires étrangères, le 23 mars dernier. Lors de son passage à Rome, Moshe Katsav avait aussi invité le pape à visiter son pays. Deux semaines plus tard, en décembre 2005, le président de l’Autorité nationale de Palestine (ANP), Mahmoud Abbas, avait proposé à Benoît XVI de se rendre «à Jérusalem et dans les lieux saints». Des propositions auxquelles le pape avait semblé être sensible même si son emploi du temps ne lui permettait pas de répondre immédiatement par la positive.
Rapports Israël/Saint-Siège
«Au cours des entretiens, il y a eu un échange d’opinions sur le problème de la paix en Terre Sainte, dans le respect de la résolution des Nations Unies et des accords jusqu’ici conclus», a aussi rapporté le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. «Dans un tel contexte», les interlocuteurs ont «unanimement condamné toute forme de terrorisme, quel que soit le prétexte qui tente de le justifier», a-t-il ajouté.
Shimon Peres est vice-président du nouveau parti centriste Kadima dirigé par Ehoud Olmert. Ce parti, créé en décembre dernier par Ariel Sharon, dans le coma depuis le 4 janvier, a remporté de justesse les élections du 28 mars dernier.
«Les rapports entre l’Etat d’Israël et le Saint-Siège ont aussi été examinés à la lumière des accords souscrits en 1993 et en 1997, tout comme les relations des autorités israéliennes avec les communautés chrétiennes du pays», a poursuivi Joaquin Navarro-Valls. Le Saint-Siège a reconnu l’Etat d’Israël le 30 décembre 1993. Une convention diplomatique entre les deux Etats a été signée le 15 juin 1994 et complétée en 1997 par un accord sur la personnalité juridique de l’Eglise catholique et des organismes ecclésiastiques.
Depuis le mois de juillet 2004, le Vatican et l’Etat d’Israël ont repris les négociations interrompues depuis 10 ans, en vue de la conclusion d’un accord juridico-financier en ce qui concerne la propriété ecclésiastique, les exonérations fiscales sur le revenu des activités commerciales des communautés chrétiennes et le statut juridique de l’Eglise catholique. De sources diplomatiques, les négociations interrompues ces derniers temps en raison des élections en Israël devraient reprendre courant mai 2006.
«Le Hamas n’est un interlocuteur pour personne»
«Pour renforcer les relations entre Israël et le Vatican, il s’agit de rénover le double dialogue, de nature politique et de nature financière et de faire une tentative sérieuse pour trouver une solution juste», a pour sa part indiqué à la presse Shimon Peres.
«Nous sommes d’accord pour augmenter le niveau des négociations et de conclure le plus rapidement possible», a-t-il poursuivi. Quant à l’amélioration de l’accès aux lieux saints, l’ancien Premier ministre a reconnu que, dans ce cas aussi, «il s’agit d’améliorer la situation, y compris pour Nazareth, de façon à ce que les pèlerins trouvent des lieux accueillants et attirants».
Pour Shimon Peres, la situation en Terre sainte pourra être résolue par la négociation, malgré l’arrivée au pouvoir du Hamas. «Nous continuerons à négocier avec les Palestiniens, bien que le gouvernement soit issu du Hamas, car l’interlocuteur autorisé à négocier est le président Abu Mazen»
En effet, pour lui, «personne, sinon les régimes fondamentalistes, ne peuvent dialoguer avec le Hamas. Le Hamas n’est un interlocuteur pour personne. Ce n’est pas une organisation politique mais un mouvement religieux, et si la politique se fonde sur le compromis, la religion ne l’admet pas». Il a ainsi démenti que des négociations seraient en cours entre Israéliens et l’Autorité nationale palestinienne pour empêcher que le boycott financier, décidé par les Etats-Unis et l’Union européenne contre le Hamas, ne tourne en crise humanitaire. «Les financements reprendront seulement quand le Hamas renoncera à la destruction d’Israël et arrêtera de soutenir le terrorisme».
Selon la Radio militaire israélienne, Shimon Peres se serait aussi rendu au Vatican pour demander officiellement au pape de boycotter le Hamas. Dans un entretien au quotidien italien «Il Corriere della Sera», le custode franciscain de Terre Sainte, le père Pierbattista Pizzaballa, a reconnu que l’Eglise avait des contacts «seulement informels pour le moment» avec le Hamas, mais que «l’Eglise parlerait sûrement avec le nouveau gouvernement palestinien. C’est inévitable». (apic/imedia/ar/hy/pr)



