Chrétiens égyptiens marginalisés

Rome: Le pape appelle à l’unité des religions contre le terrorisme

Rome, 1er septembre 2003 (Apic) «Les religions du monde doivent unir leurs efforts pour dénoncer le terrorisme». C’est ce qu’a déclaré Jean Paul II le 30 août dans un discours aux évêques égyptiens en visite ad limina. Le pape a par ailleurs souhaité que la petite minorité catholique d’Egypte puisse avoir «le droit de pouvoir vivre», au sein de ce pays à 90 % musulman.

«Je tiens à rappeler combien il est essentiel que les religions du monde unissent leurs efforts pour dénoncer le terrorisme et pour oeuvrer ensemble au service de la justice, de la paix et de la fraternité entre les hommes», écrit le pape dans son message en français remis à la hiérarchie catholique d’Egypte reçue le samedi 30 août à Castel Gandolfo.

«Le dialogue avec l’islam est particulièrement important dans votre pays où cette religion est celle de la majorité des habitants, explique-t-il, mais il revêt aussi un caractère exemplaire pour le dialogue entre les grandes religions du monde, particulièrement requis après les événements tragiques liés au terrorisme qui ont marqué le début du troisième millénaire et que l’opinion peut être tentée d’imputer à des causes d’origine religieuse».

Ce dialogue entre l’Eglise catholique et l’islam est concrétisé par des conversations bilatérales annuelles, suite à un accord -signé au Vatican le 28 mai 1998 entre le Saint-Siège et l’université islamique Al Azhar du Caire- qui a donné naissance à un comité mixte de dialogue. Ce dernier condamne le ’fanatisme religieux’ (article 2) et a pour objectif de «promouvoir une compréhension et un respect mutuel entre catholiques et musulmans, grâce à un échange d’informations».

Catholiques ultra-minoritaires

«L’Eglise catholique qui est en Egypte ne revendique pour elle-même aucun avantage particulier mais seulement le droit de pouvoir vivre, au sein de la nation» écrit par ailleurs Jean Paul II, faisant ainsi allusion à la difficulté des chrétiens de s’insérer dans la société égyptienne. Il encourage ainsi la petite minorité catholique qui représente 0,35 % de la population -240’000 fidèles sur 68 millions d’habitants- à poursuivre son action «dans le domaine socio-éducatif, au service de la promotion féminine, de l’assistance à la maternité et à l’enfance, de la lutte contre l’analphabétisme, prenant ainsi sa place dans le développement du pays».

Quant aux relations avec les coptes orthodoxes, qui représentent 93 % des chrétiens égyptiens, le pape encourage les évêques coptes catholiques «à maintenir de bonnes relations» avec cette Eglise et «à promouvoir l’esprit d’un véritable dialogue oecuménique». Face «aux difficultés présentes ou à venir», le pape invite les évêques à ne «pas se laisser décourager».

Enfin, sur le plan interne de l’Eglise catholique en Egypte guidée par le patriarche et cardinal Stéphane II Ghattas depuis 1986, le pape se réjouit du «travail fraternel entre évêques de rites différents». Un seul évêque de rite latin réside au Caire alors qu’une dizaine d’évêques de rite copte catholique sont répartis sur tout le pays. Que les prêtres, qui sont «en nombre suffisant» souligne Jean Paul II, «aient des conditions de vie dignes et sobres» et qu’ils reçoivent «une formation permanente adaptée» pour mieux connaître le monde contemporain. (apic/imedia/sh)

1 septembre 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!