Ferme volonté de faire avancer entre catholiques et orthodoxes
Rome: Le pape Benoît XVI veut se rendre à Istanbul dès que possible
Rome, 1er décembre 2005 (Apic) Benoît XVI aurait voulu être présent à Istanbul ce 30 novembre pour la rencontre entre la délégation du Saint-Siège et celle du patriarcat de Constantinople, à l’occasion de la fête de saint André. Le pape veut toutefois s’y rendre dès que possible, indique un communiqué du Saint-Siège publié le 30 novembre.
Ce communiqué accompagne la lettre en anglais que le pape a adressée à Bartholomé Ier à l’occasion de la saint André. Ce message signé par le pape le 26 novembre a été remis au patriarche par le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, chef de la délégation du Saint-Siège qui se rend chaque année à Istanbul à cette occasion.
Les conversations entre les représentants du Saint-Siège et les autorités orthodoxes et catholiques turques aborderont «avant tout la préparation de la visite au Phanar du pape Benoît XVI. Comme on s’en souvient, il avait l’intention d’être présent à Istanbul pour la fête de saint André 2005 et il désire effectuer dès que possible son voyage auprès du premier siège de l’orthodoxie», affirme ainsi le communiqué.
Une «nouvelle saison dans la vie ecclésiale»
Dans sa lettre au patriarche, dans laquelle il rappelle le 40e anniversaire de la levée, le 7 décembre 1965, des excommunications réciproques de 1054 par Paul VI et le patriarche Athenagoras, les qualifiant de «nouvelle saison dans la vie ecclésiale», le pape écrit qu’il aurait aimé être personnellement présent pour lui «manifester personnellement (son) affection, pour prier ensemble».
«Pour autant, poursuit Benoît XVI, je transmets ma vive espérance pour une communion toujours plus profonde, qui dépasse les obstacles qui demeurent entre nous et nous empêchent de célébrer ensemble» la messe. Le pape exprime aussi sa grande satisfaction pour le fait qu’après une pause de quelques années, le dialogue théologique entre l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe reprenne. Il explique que «l’Eglise est irrévocablement engagée à promouvoir les initiatives les plus adaptées et utiles pour renforcer la charité, la solidarité et le dialogue théologique» avec le patriarcat de Constantinople.
Le patriarche de Constantinople n’en avait pas référé aux autorités turques.
Benoît XVI avait été invité par Bartholomé Ier à se rendre à Istanbul à l’occasion de la fête de saint André, le 30 novembre 2005. Le gouvernement turc, dont l’invitation officielle était nécessaire – le pape étant aussi un chef d’Etat – a invité le pape pour l’année 2006. Ainsi, le gouvernement d’Ankara avait fait sentir sa mauvaise humeur au patriarche Bartholomé Ier, dont il refuse de soutenir les prétentions au niveau des Eglises orthodoxes. Le patriarche avait invité le souverain pontife sans en référer au préalable aux autorités politiques.
Comme chaque année, une délégation du Vatican se rend à Istanbul pour la fête de saint André, le 30 novembre. Conduite par le cardinal Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens, elle doit cette année préparer le terrain pour le voyage de Benoît XVI courant 2006 et pour la reprise des discussions théologiques entre catholiques et orthodoxes.
Selon des informations recueillies par l’agence I.MEDIA à Rome, il reste à décider si le pape se déplacera au printemps ou à l’automne prochain. Car, si le 30 novembre est une date symbolique pour les deux Eglises, attendre la fête de saint André en 2006 reviendrait à laisser passer un an pour un tel voyage. Ce qui bloquerait pendant ce temps les rencontres du pape avec d’autres représentants orthodoxes.
Ainsi l’archevêque grec d’Athènes Christodoulos a été invité par le pape et souhaiterait se rendre à Rome, après accord du Saint-Synode. Or, le protocole veut que le souverain pontife rencontre d’abord le patriarche oecuménique. Et Benoît XVI a manifesté à plusieurs reprises sa ferme volonté de faire avancer, notamment par des gestes, le dialogue entre catholiques et orthodoxes.
Reprise du dialogue attendue
Par ailleurs, la visite du 30 novembre devrait être l’occasion de discuter de la mise en place du comité de préparation pour la reprise du dialogue théologique entre catholiques et orthodoxes qui, de sources vaticanes pourrait commencer son travail en décembre ou en janvier prochain.
La commission mixte de dialogue théologique, canal de dialogue officiel entre l’Eglise catholique et les Eglises orthodoxes décidé en novembre 1979 par Jean Paul II et le patriarche oecuménique de Constantinople, Dimitrios Ier, ne s’est pas réunie depuis juillet 2000. Au cours de la dernière réunion, à Baltimore, aux Etats-Unis, les questions de prosélytisme ont envenimé les travaux. Mais, en juin 2004, Jean Paul II a demandé que le dialogue reprenne, et depuis, les préparatifs sont en cours. (apic/imedia/ar/hy/be)



