Rome : Le pape condamne avec force la sécularisation, «une menace pour l’Eglise «
La ’mort de Dieu’ a fait place à un ’culte stérile de l’individu’
Rome, 9 mars 2008 (Apic) Benoît XVI a fortement condamné la sécularisation, la «mentalité hédoniste et consumériste prédominante» ainsi que le «culte stérile de l’individu», le 8 mars. Recevant en audience au Vatican les membres du Conseil pontifical de la culture au terme de leur assemblée plénière, le pape a dénoncé cette mentalité qui «nuit à la vie ecclésiale».
«Aujourd’hui, plus que jamais, l’ouverture réciproque entre les cultures est un terrain privilégié pour le dialogue entre les hommes et les femmes engagés dans la recherche d’un humanisme authentique, au-delà des divergences qui les séparent», a ainsi constaté Benoît XVI devant les membres du Conseil pontifical de la culture. Pour autant, à ses yeux, «la sécularisation, qui se présente dans les cultures comme l’établissement du monde et de l’humanité sans référence à la Transcendance, envahit chaque aspect de la vie quotidienne et développe une mentalité dans laquelle, totalement ou partiellement, Dieu est donc absent de l’existence et de la conscience humaine».
«Cette sécularisation, a alors prévenu le pape, n’est pas seulement une menace extérieure pour les croyants, mais elle se manifeste déjà depuis longtemps au sein de l’Eglise elle-même». Ainsi, «elle dénature la foi chrétienne de l’intérieur et en profondeur, et donc le mode de vie et le comportement quotidien des croyants». «Ceux-ci vivent dans le monde et sont souvent marqués, sinon conditionnés, par la culture de l’image qui impose des modèles et des impulsions contradictoires avec la négation pratique de Dieu : il n’y a plus besoin de Dieu, de penser à Lui et de revenir à Lui».
«En outre, a mis en garde Benoît XVI, la mentalité hédoniste et consumériste prédominante favorise, chez les fidèles comme chez les pasteurs, une dérive vers la superficialité et un égocentrisme qui nuit à la vie ecclésiale». Ainsi, le pape a constaté que «la sécularisation (.) met durement à l’épreuve la vie chrétienne des fidèles et des pasteurs».
Des ’ersatz d’appartenance religieuse et de spiritualisme flou’
Selon Benoît XVI, «la ’mort de Dieu’, annoncée ces dernières décennies par de nombreux intellectuels, laisse la place à un culte stérile de l’individu». «Dans ce contexte culturel existe le risque de tomber dans une atrophie spirituelle et un vide du coeur parfois caractérisés par des espèces d’ersatz d’appartenance religieuse et de spiritualisme flou». Pour le pape, alors, «il est ainsi plus urgent que jamais de réagir à une telle dérive par le rappel des hautes valeurs de l’existence qui donnent du sens à la vie et peuvent apaiser l’inquiétude du coeur humain à la recherche du bonheur : la dignité de la personne humaine et sa liberté, l’égalité entre tous les hommes, le sens de la vie et de la mort ainsi que celui de ce qui nous attend après la fin de l’existence terrestre».
«L’homme d’aujourd’hui a souvent l’impression de ne plus avoir besoin de personne pour comprendre, expliquer et dominer l’univers ; il se croit le centre de tout, la mesure de tout», a encore regretté le pape. Celui-ci a enfin déploré que, «récemment, la mondialisation, par le biais des nouvelles technologies de l’information, a fréquemment eu aussi comme résultat la diffusion dans toutes les cultures de nombreuses composantes matérialistes et individualistes de l’Occident».
Dans ce contexte, Benoît XVI a donc souligné l’importance de «l’engagement du Conseil pontifical de la culture pour un dialogue fécond entre science et foi». Organisée au Vatican du 6 au 8 mars, l’assemblée plénière de ce dicastère à été consacrée aux ’défis de la sécularisation pour l’Eglise et dans l’Eglise’. (apic/imedia/ami/bb)



