Ouverture d’un congrès du diocèse de Rome sur la famille
Rome: Le pape condamne la dissolution du mariage et les mariages homosexuels
Rome, 7 juin 2005 (Apic) Le pape Benoît XVI a condamné la dissolution du mariage par les unions libres et les «mariages homosexuels» lors du discours pour l’ouverture d’un congrès du diocèse de Rome sur la famille qui se tient actuellement dans la capitale italienne.
Intervenant longuement sur la mission de la famille dans la communauté chrétienne, devant des centaines de prêtres, de religieux et de familles réunis dans la soirée du 6 juin 2005 dans la basilique romaine de Saint-Jean de Latran, le pape s’est fermement opposé à l’avortement et aux manipulations sur les embryons, en plein coeur du débat italien sur la procréation médicalement assistée.
Dans le collimateur: unions libres, mariages à l’essai et unions homosexuelles
Au coeur de sa longue intervention sur la famille, le pape a affirmé que «les différentes formes actuelles de dissolution du mariage, comme les unions libres et le ’mariage à l’essai’, jusqu’au pseudo mariage entre personnes de même sexe, sont au contraire des expressions d’une liberté anarchique qui se fait passer, à tort, pour la vraie libération de l’homme».
Une telle «pseudo liberté», a continué Benoît XVI, se fonde sur la banalisation de l’homme, dont on suppose qu’il peut faire ce qu’il veut de lui, son corps devenant ainsi une chose secondaire. Evoquant le fondement anthropologique de la famille, le pape a déclaré que le mariage et la famille ne sont pas une construction sociologique casuelle, ajoutant, en sortant de son texte, que cette construction ne saurait être remplacée par d’autres.
Le libertinage, a encore insisté le Souverain pontife, qui se fait passer pour la découverte du corps et de sa valeur, est, en réalité, le contraire, un dualisme qui rend le corps méprisable, le plaçant pour ainsi dire en dehors de l’être authentique et de la dignité de la personne. Le pape a ensuite soutenu que «l’institution du mariage n’est pas une ingérence illicite de la société ou de l’autorité, l’imposition d’une forme venue de l’extérieur, mais au contraire l’exigence intrinsèque du pacte de l’amour conjugal et de la profondeur de la personne humaine».
Le «caractère théologique» du corps de l’homme et de la femme
Le pape a ensuite précisé le «caractère théologique» du corps de l’homme et de la femme, affirmant que «l’homme n’est pas seulement biologique». Benoît XVI a ainsi expliqué que la sexualité humaine, également, ne se trouve pas à côté de l’être mais lui appartient. Et d’ajouter que seulement quand la sexualité est intégrée dans la personne, elle réussit à se donner un sens.
Puis, Benoît XVI est intervenu sur le don de la vie. Le souverain pontife a alors lancé qu’il est contraire à l’amour humain, à la vocation profonde de l’homme et de la femme, de fermer systématiquement leur propre union au don de la vie, et plus encore de supprimer ou d’altérer la vie à naître.
Appel à l’abstention des électeurs
Les Italiens sont appelés aux urnes les 12 et 13 juin prochains pour un référendum visant à modifier la loi sur la procréation médicalement assistée. Benoît XVI a apporté un soutien discret à l’épiscopat de la péninsule qui s’est engagé dans la bataille électorale derrière le cardinal Camillo Ruini, président de la Conférence épiscopale, en appelant les électeurs à s’abstenir lors de ce scrutin.
Après son intervention devant les évêques de la Conférence épiscopale italienne le 30 mai dernier et celle devant des fidèles du diocèse de Vérone cinq jours plus tard, le 4 juin, il s’agit de la troisième intervention du pontife sur le thème de la vie, de la famille et du mariage en une semaine.
Sus au relativisme dominant dans la société
A Saint-Jean de Latran, devant plusieurs centaines de fidèles du diocèse de Rome et de nombreux religieux, Benoît XVI a ensuite évoqué la «menace du relativisme». Il a encouragé les familles chrétiennes à ne pas se laisser décourager par la difficulté, soulignant que le rapport éducatif est, par nature, une chose délicate. «Aujourd’hui, a lancé le pape, la présence dans nos cultures d’un relativisme qui ne reconnaît rien comme définitif constitue un obstacle particulièrement insidieux à l’oeuvre d’éducation». Et d’ajouter que ce relativisme qui laisse comme seule ultime possibilité son propre «je» et ses volontés, se présente «sous l’apparence de la liberté et devient une prison pour chacun».
Poursuivant à propos du relativisme, le pape a appelé les familles à s’opposer à sa prédominance dans la société et la culture, déclarant que, pour cela, «à côté de la parole de l’Eglise, le témoignage et l’engagement des familles chrétiennes est très important, spécialement pour réaffirmer l’intangibilité de la vie humaine de la conception jusqu’à son terme naturel».
Benoît XVI a aussi rappelé la valeur «unique et irremplaçable» de la famille fondée sur le mariage et la nécessité de mesures législatives et administratives qui soutiennent la famille dans le but d’engendrer et d’éduquer les enfants, devoir essentiel pour notre futur commun. «La famille et l’Eglise, les paroisses et les autres formes de communauté ecclésiale, a encore noté le Souverain pontife, sont appelées à collaborer le plus étroitement possible pour (.) la formation de la personne et la transmission de la foi».
Le rôle essentiel des prêtres et des religieux
Au terme de son intervention, Benoît XVI a évoqué le rôle essentiel des prêtres et des religieux dans l’Eglise, affirmant la nécessité que les familles prient pour les vocations. Le pape a par ailleurs précisé que «le choix de la virginité par amour pour Dieu et les frères, requis pour le sacerdoce et la vie consacrée, va de pair avec la valorisation du mariage chrétien». «L’un et l’autre, a conclu le pape, de deux manières différentes et complémentaires, rendent en quelque sorte visible le mystère de l’alliance entre Dieu et son peuple».
Le pape a ainsi ouvert les travaux du congrès annuel du diocèse de Rome qui se tient les 7 et 9 juin prochains sur le thème «Famille et communauté chrétienne: formation de la personne et transmission de la foi». Une rencontre à laquelle participent des prêtres, religieux et laïcs du diocèse de Rome, dont de nombreuses familles. Le cardinal vicaire de Rome Camilo Ruini, accompagné d’un couple de Romains et de leur fille, a accueilli le pape peu après 19h30 lundi soir dans la basilique Saint-Jean de Latran, cathédrale de Rome. «De nombreux enfants prient chaque soir avec leurs parents, a lancé à Benoît XVI la petite Sara, âgée de 8 ans, et aujourd’hui nous sommes heureux de prier avec le pape».
Dans la soirée du 7 juin 2005, les participants se retrouveront dans les locaux de l’Université pontificale de Latran, au Vicariat de Rome ainsi qu’au grand séminaire de Rome en groupes de travail. Le congrès se terminera dans la soirée du 9 juin dans la basilique Saint-Jean de Latran par une synthèse des groupes de travail réalisée par une famille et une intervention du cardinal vicaire de Rome Camillo Ruini. Le vicaire du pape pour la ville de Rome devrait, à cette occasion, tracer les grandes lignes de l’année pastorale 2005-2006 pour le diocèse de Rome. (apic/imedia/ami/be)



