Rome: Le pape dénonce la discrimination sur la base de la génétique

«Un attentat contre l’humanité»

Rome, 22 février 2009 (Apic) Benoît XVI a mis en garde, le 21 février, contre les risques liés à la recherche génétique. Il a estimé que «toute discrimination exercée (…) sur la base de différences dues à des facteurs génétiques réels ou présumés» était un «attentat contre l’humanité toute entière».

Le pape s’exprimait au Vatican devant les participants au congrès scientifique international organisé par l’Académie pontificale pour la vie, autour du thème ’les nouvelles frontières de la génétique et le risque de l’eugénisme’.

Devant quelque 300 participants réunis dans la salle du Consistoire, Benoît XVI a ainsi rappelé que «toute discrimination exercée par n’importe quel pouvoir contre des personnes, peuples ou ethnies sur la base de différences dues à des facteurs génétiques réels ou présumés est un attentat contre l’humanité toute entière».

Le pape a alors souligné que «tous les êtres humains ont la même dignité du fait même qu’ils sont nés» et que «le développement biologique, psychique, culturel, ou l’état de santé ne peuvent en aucun cas devenir des facteurs discriminants». «Si l’homme est ramené au rang d’objet de manipulations expérimentales dès les premières phases de son développement, a ajouté Benoît XVI, cela veut dire que les biotechnologies médicales se soumettent à la loi du plus fort». Le souverain pontife a alors exhorté la communauté scientifique à pas «oublier la suprématie de l’éthique quand la vie humaine est en jeu».

Une nouvelle mentalité d’eugénisme s’installe

«L’eugénisme n’est sûrement pas une pratique nouvelle», a en outre rappelé Benoît XVI, mentionnant «la mise en oeuvre de formes inouïes de véritable discrimination et de violence dans le passé» par des «idéologies eugénistes et racistes qui (…) ont humilié l’homme et provoqué d’horribles souffrances». Mais aujourd’hui, a regretté le pape, «une nouvelle mentalité s’insinue», qui tend «à privilégier les capacités opérationnelles, l’efficacité, la perfection et la beauté physique, au détriment d’autres dimensions de la vie qui ne sont pas jugées dignes d’intérêt».

«C’est ainsi que le respect dû à tout être humain est affaibli, a expliqué Benoît XVI, y compris en présence d’un défaut dans son développement ou d’une maladie génétique qui pourra se manifester au cours de sa vie». C’est avec cette mentalité que «des enfants dont la vie n’est pas jugée digne d’être vécue sont pénalisés dès leur conception».

Le 20 février, ce congrès sur la génétique avait été marqué par l’intervention de Mgr Rino Fisichella, président de l’Académie pontificale pour la vie, qui s’était adressé plus particulièrement à la communauté des chercheurs. «Le scientifique ne peut être le seul responsable de l’établissement des critères» permettant de juger de la «licéité» des objectifs de l’expérimentation génétique, avait souligné le haut prélat, appelant chaque chercheur à ne pas «rester neutre face aux expérimentations» qu’il réalise. (apic/imedia/cp/bb)

22 février 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
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