La diplomatie vaticane continue son ballet en Irak

Rome: Le pape devrait recevoir le vice-premier ministre irakien Tarek Aziz le 14 février

Rome, 5 février 2003 (APIC) Jean Paul II devrait recevoir le vice-premier ministre irakien, le 14 février. C’est ce qu’a annoncé Tarek Aziz lui-même, le 5 février dans un entretien au quotidien français «Le Figaro». Alors que la diplomatie vaticane continue son ballet pour trouver une solution pacifique à la crise irakienne, le ministre des Affaires étrangères allemand se rendra également au Vatican, vendredi.

«C’est moi qui ai fait cette demande d’audience et j’ai immédiatement reçu une réponse positive de Sa Sainteté», affirme Tarek Aziz dans l’entretien au «Figaro». Aucune confirmation n’a encore toutefois été donnée par le Vatican.

Des rumeurs avaient circulé à Rome, début janvier, sur l’éventualité de l’envoi d’émissaires spéciaux du Saint-Siège à Bagdad et à Washington. La visite de Tarek Aziz pourrait être une manière, pour les diplomates du Vatican, d’entrer en contact direct avec les responsables politiques irakiens, alors que Jean Paul II avait lui-même eu un échange de courrier avec le président George Bush, en décembre.

Interrogé au téléphone le 5 février par l’APIC, Mgr Fernando Filoni, nonce apostolique en Irak, a affirmé que «tout ce qui peut servir la paix doit être encouragé», faisant allusion à l’éventuelle visite du vice-premier ministre irakien au Vatican.

L’ambassade des Etats-Unis tente de convaincre le Vatican

Côté américain, l’ambassade des Etats-Unis auprès du Saint-Siège tente pour sa part de démontrer la thèse de la ’guerre juste’, en organisant une conférence sur ce sujet, le 10 février à Rome. «Le pouvoir destructif des armes chimiques et biologiques ainsi que la vitesse avec laquelle elles peuvent être utilisées changent les critères avec lesquels on doit considérer une guerre juste ou injuste», affirme Jim Nicholson, ambassadeur des Etats-Unis auprès du Saint-Siège, dans un entretien à «Famiglia Cristiana», à paraître le 9 février.

Mgr Renato Martino, président du Conseil pontifical «Justice et Paix», devrait être présent à la conférence du 10 février. Egalement interrogé par «Famiglia Cristiana», le prélat déclare que «ceux qui soutiennent que le pape est un anti-américain ou un pacifiste sont soit désinformés, soit de mauvaise foi». Selon lui, les critiques venant de part et d’autre ne sont que des «malentendus».

Dans son discours au corps diplomatique, le 13 janvier dernier, Jean Paul II avait lancé un ’non’ clair à la guerre, laissant toutefois la porte ouverte à une telle éventualité en cas «d’extrême» nécessité.

La crise devrait également être abordée par le pape le 7 février, lorsqu’il recevra le ministre des Affaires étrangères allemand, Joschka Fischer. Ce dernier effectuera cette étape vaticane au retour de son voyage aux Etats- Unis.

Aucune information n’a encore filtré du Vatican. A l’exemple de Jean Paul II, l’Allemagne est opposée à une intervention militaire en Irak.

Suisse: Pour le tribunal fédéral, une sortie partielle de l’Eglise n’est pas possible

On ne peut quitter sa paroisse et rester catholique

Lausanne, 5 février 2003 (APIC) L’interdiction d’une sortie partielle de l’Eglise n’enfreint pas la liberté de croyance et de conscience. Cette décision a été prise mardi par le Tribunal fédéral (TF) à Lausanne dans le cas d’une habitante de Wolhusen, dans le canton de Lucerne. Celle-ci voulait quitter sa paroisse, tout en restant catholique romaine.

Le recours déposé par cette Lucernoise exprime bien l’actuelle division qui règne à ce sujet dans l’Eglise catholique, a commenté le canoniste Urs Brosi dans le «Neue Luzerner Zeitung» du 5 février. Selon lui, l’habitante de Wolhusen voulait quitter la paroisse car elle estimait que le curé n’était plus vraiment catholique. Cette démarche exprime en réalité une division qui marque depuis quelques temps la commune. En cas de réussite, il semble que tout un groupe de personnes aurait tenté à son tour de quitter la paroisse

L’habitante de Wolhusen avait signifié sa sortie partielle de l’Eglise en décembre 2000. Sa demande n’a pas été acceptée par la paroisse, ni par l’Eglise catholique romaine cantonale de Lucerne. Elle a donc recouru au Tribunal fédéral, estimant que «cette sortie ne concerne que les organes ecclésiastiques du canton de Lucerne et non l’Eglise catholique romaine, dont je me considère toujours comme membre».

Renoncer à sa confession pour quitter la paroisse

La recourante ne pouvait comprendre que pour sortir des organes ecclésiastiques de l’Eglise, il était exigé par les autorités ecclésiastiques qu’elle renonce à sa confession, donc qu’elle renie sa foi. Ce serait une forme de «rejet de la foi», qui est interdit d’un point de vue chrétien. En plus, une sortie de l’Eglise de Jésus Christ n’est pas possible selon le droit canonique. Les autorités ecclésiastiques lui ont donc proposé une solution impossible. C’est la raison pour laquelle elle estime que leur décision blesse sa liberté de croyance et de conscience.

Le Tribunal fédéral n’est pas entré dans cette argumentation. Selon lui, la liberté de croyance et de conscience concerne aussi le «droit de choisir sa religion, de rejoindre une communauté religieuse, d’en faire partie, mais aussi d’en sortir en tous temps». Selon le Tribunal fédéral, ce droit n’est pas contraire au fait que l’appartenance à la confession catholique romaine et celle à l’Eglise catholique cantonale soient liées.

Le canoniste catholique Urs Brosi s’est dit surpris par la reconnaissance très forte de ce lien entre organes ecclésiastiques et ecclésiaux par le Tribunal fédéral. «Les opposants à cette décision disposent d’arguments de poids, notamment du fait que l’Etat a un trop grand pouvoir d’immixtion dans les affaires religieuses».

Une démarche similaire à Steinen

Cette démarche de l’habitante de Wolhusen a également été entreprise au printemps 2002 par un collectif de 70 catholiques de Steinen, dans le canton de Schwyz, jugeant leur curé trop conservateur. Ils avaient décidé de quitter la paroisse, en signe de protestation contre le refus de financer des cours de religion mis en place sous l’épiscopat de Mgr Wolfgang Haas. Les membres du collectif avaient souligné cependant que leur sortie de la paroisse ne signifiait pas qu’ils abandonnent l’Eglise catholique. Ils veulent se «distancer de l’Eglise actuelle de Steinen» et promettent que leur part d’impôt due normalement à la paroisse sera directement versée à l’administration diocésaine. (apic/wm/bb)

5 février 2003 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Partagez!