Rome: le pape encourage les transplantations d’organes et condamne le clonage humain.oUne grande conquête de la science au service de l’homme

Rome, 29 août 2000 (APIC) Devant 4000 scientifiques participant au congrès de la «Transplantation Society», Jean Paul II a encouragé les transplantations d’organe et réaffirmé le caractère «moralement inacceptable» des clonages humains impliquant la manipulation et la destruction d’embryons.

Arrivé spécialement de Castelgandolfo, le pape s’est adressé en plein air à 4000 scientifiques au Congrès International de la «Transplantation Society», l’organisation mondiale la plus importante dans le domaine du don d’organes.

Décrivant les transplantations d’organe comme «une grande conquête de la science au service de l’homme», Jean Paul II a encouragé la promotion d’une «authentique culture du don et de la solidarité». Il s’est déclaré favorable aux dons d’organes, et a encouragé la recherche scientifique et technologique dans ce domaine.

Dénonciation des tentatives de clonage

Toutefois, le pape a dénoncé les «projets éventuels ou les tentatives de clonage humain dans le but d’obtenir des organes à transplanter», reprenant ainsi une position expliquée le 24 août par une déclaration de l’Académie pontificale pour la vie.

«Ces procédures, parce qu’elles impliquent la manipulation et la destruction d’embryons humains, ne sont pas acceptables moralement, même si elles visent à un but bon en soi», a-t-il affirmé. «La science laisse entrevoir d’autres voies d’intervention thérapeutique, qui ne comportent ni le clonage ni le prélèvement de cellules embryonnaires, mais se contentent de l’utilisation dans ce but de cellules de souche prélevées dans les organismes adultes.

Attention au commerce d’organes

Le pape a mis les scientifiques en garde contre «toute pratique tendant à commercialiser les organes humains ou à les considérer comme unité d’échange ou de vente». Cet usage du corps «viole la dignité même de la personne», a-t-il affirmé, alors que le don d’organe est en lui-même un «authentique acte d’amour».

Jean Paul II a rappelé ensuite que les organes vitaux ne peuvent être prélevés que du corps d’un individu mort. Il a considéré comme «acceptables» les nouveaux critères neurologiques, qui permettent de constater la mort d’une personne en se basant sur la cessation de toute activité encéphalique, et non plus sur les signes traditionnels cardio-respiratoires.

Pas de discrimination sur les listes d’attente

Enfin, le pape a évoqué la question de l’attribution des organes à travers la formation de «listes d’attentes». Les critères de ces attributions ne doivent pas «dériver de logiques de type discriminatoire (âge, sexe, race, religion, condition sociale, etc.), ou utilitariste (capacité de travail, utilité sociale, etc.), a insisté Jean-Paul II en parlant d’une question de «justice». «Dans la détermination des priorités d’accès aux transplantations, a-t-il précisé, on devra plutôt se baser sur des évaluations immunologiques et cliniques. Tout autre critère se révélerait arbitraire et subjectiviste. (apic/imed/bb)

29 août 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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