Vaclav Havel présent à la conclusion du Congrès

Rome: Le pape exprime son profond regret pour la mort cruelle infligée à Jean Hus

Rome, 17 décembre 1999 (APIC) Le pape Jean Paul II a exprimé vendredi son «profond regret» pour la «mort cruelle» infligée au théologien tchèque Jean Hus, devant les participants à un Congrès international organisé à Rome sur le théologien tchèque.

«A la veille du Grand Jubilé, je ressens le devoir d’exprimer un profond regret pour la mort cruelle infligée à Jean Hus et la blessure conséquente, source de conflits et de divisions, ouverte dans les esprits et dans les coeurs du peuple bohème», a déclaré le pape. Ce dernier a rendu hommage au «courage moral face à l’adversité et à la mort» du prédicateur bohème, qu’il a qualifié de «une figure particulièrement importante pour le peuple tchèque».

Les thèses de Jean Hus ayant été condamnées en 1415 par le Concile de Constance ­ destiné à mettre fin au Grand Schisme -, le théologien fut alors livré à l’empereur d’Allemagne – sous la tutelle duquel se trouvait la Bohème – pour être brûlé vif. Sa mort devait provoquer un soulèvement de la Bohème contre les Allemands et contre l’Eglise établie, tandis que les hussites devaient plus tard se rallier les uns au catholicisme, et les autres aux thèses luthériennes.

Jean Paul II a exprimé le souhait que ce congrès puisse contribuer à soigner «les blessures des siècles passés», pour parvenir à «l’unité retrouvée de tous les chrétiens». Si Jean Hus a été autrefois «un grand sujet de querelle», estime-t-il, il peut devenir à travers les travaux de ce congrès, «un sujet de dialogue, de rapprochement et d’approfondissement commun».

Pour le pape en effet, de telles recherches historiques peuvent contribuer à «créer un nouveau type d’unité en Europe». L’écriture de l’histoire, a-t-il expliqué, «est parfois entravée par des pressions idéologiques, politiques et économiques, avec la conséquence que la vérité est obscurcie, et que l’histoire elle-même finit par se trouver prisonnière des puissants».

Dans l’attente de la publication des actes

Le pape espère que la publication des actes de ce congrès permettra de mieux connaître, non seulement la «figure extraordinaire» de Jean Hus, mais aussi la période «importante et complexe» de l’histoire chrétienne et européenne de son époque.

Lors de ce congrès sont intervenus des historiens tchèques mais aussi des spécialistes de plusieurs pays d’Europe centrale et de différentes confessions chrétiennes. Les cardinaux Miloslav Vlk, archevêque de Prague, et Roger Etchegaray, président du Comité central pour le grand Jubilé, ont également participé aux travaux. Le cardinal Etchegaray a pour sa part souligné le «grand sérieux historique» de ce colloque, sa «haute valeur scientifique», et le «bon esprit» dans lequel il s’est déroulé.

Le président tchèque Vaclav Havel, venu conclure les travaux, sera reçu par Jean Paul II le 18 décembre. Il devrait participer à la même occasion à la remise solennelle, dans l’après-midi, de l’arbre de Noël de la Place Saint-Pierre, offert au pape par la République tchèque. (apic/imed/pr)

17 décembre 1999 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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