Jean Paul II continue à assurer ses fonctions

Rome: Le pape fête samedi son 26e anniversaire de pontificat

Rome, 15 octobre 2004 (Apic) «Que tout s’accomplisse selon ta volonté». C’est ainsi que Jean Paul II avait conclu d’une voix fébrile son homélie le 16 octobre 2003, jour anniversaire de son élection en tant que pape, faisant ainsi taire toute rumeur de démission. Au terme d’une année active au Vatican, le pape polonais fêtera demain son 26e anniversaire de pontificat, et il lancera le 17 octobre 2004 l’Année mondiale de l’Eucharistie.

Au cours de la messe célébrée à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de son pontificat, Jean Paul II, évoquant ses faiblesses, avait assuré qu’il s’efforçait chaque jour de répondre à la demande du Christ l’invitant «à assumer les responsabilités que Lui-même» lui a confiées. «Depuis le début de mon pontificat, mes pensées, mes prières et mes actions ont été animées d’un unique désir: témoigner que le Christ, bon Pasteur, est présent et oeuvre dans son Eglise», avait-il affirmé, en présence de nombreux cardinaux réunis à Rome par le doyen des cardinaux pour fêter ce jubilé d’argent et pour le consistoire de créations de cardinaux.

Alors que la curie même doutait de la capacité du pape à répondre plus longtemps à ses responsabilités de chef de l’Eglise catholique, Jean Paul II a continué à poursuire l’ensemble de ses activités tout au long de l’année 2004. Ainsi le pape a-t-il pu accomplir deux voyages à l’étranger, en Suisse, à Berne, au mois de juin, et en France à Lourdes le 15 août, pour la fête mariale de l’Assomption. Jean Paul II s’est aussi déplacé dans le territoire italien, en prenant des vacances début juillet dans le Val d’Aoste – ce qu’il n’avait pas pu faire en 2003 pour des raisons de santé -, et en se rendant à Lorette, sur la côte adriatique, pour le pèlerinage de l’Action catholique, le 5 septembre dernier.

Des allégements tout de même

Présent au Vatican, le reste de l’année le pape n’a manqué aucune des audiences privées prévues quotidiennement dans le palais apostolique, et des audiences publiques hebdomadaires salle Paul VI ou Place Saint-Pierre. Convoquant un consistoire le 21 octobre 2003, et créant ainsi 31 nouveaux cardinaux, événement marquant de sa 26e année de pontificat, il a aussi présidé de nombreuses cérémonies dans la basilique vaticane ou sur son parvis. En raison de sa fatigue, il n’a pu en revanche reprendre ses visites dans les paroisses romaines. S’il en a fait venir certains membres au Vatican, il a dû interrompre ce cycle de rencontres à partir du mois de mars 2004.

Le calendrier de l’évêque de Rome a certes été allégé afin de ménager l’homme de 84 ans, celui-ci a toutefois présidé le chemin de croix du vendredi saint au Colisée, et la procession Corpus Domini de la fête Dieu, en juin, reliant les basiliques de Saint-Jean-de-Latran et de Sainte-Marie- Majeure. Jean Paul II, malgré ses difficultés d’élocution, et n’ayant pas pu tenir le même agenda que les années précédentes – ne baptisant par exemple pas les enfants, ni n’ordonnant les nouveaux évêques comme il le faisait habituellement en janvier – a toutefois présidé les principales cérémonies de l’année ecclésiastique, notamment celles de Noël ou de Pâques, et donné à ces occasions son indispensable bénédiction Urbi et Orbi.

Le pape polonais, qui détient le record de saints et de bienheureux de l’histoire, a également présidé six cérémonies de béatification, les 19 octobre et 9 novembre 2003, les 21 mars, 25 avril, 5 septembre et 3 octobre 2004, et une cérémonie de canonisation, le 16 mai 2004, faisant ainsi passer le nombre de bienheureux à 1342, et le nombre de saints à 483.

Grande production écrite

Par ailleurs, si d’aucuns constatent que l’élocution du pape est peu claire et qu’il ne parvient plus à lire l’intégralité de ses textes, confiant une partie de la tâche à des officiels de la Secrétairerie d’Etat, sa production écrite ne diminue pas. Ainsi le pape publiait-il à l’occasion de son 84e anniversaire, le 19 mai 2004, un ouvrage au titre évocateur «Levez-vous ! Allons !» sur son expérience en tant qu’évêque, tandis qu’un ouvrage intitulé «Mémoire et identité. Conversation à cheval sur deux millénaires», est attendu pour bientôt.

La curie a en outre pu publier au cours de cette année de nombreux textes importants, relus et approuvés par Jean Paul II. Ce dernier a lui- même adressé aux prêtres sa traditionnelle Lettre aux prêtres pour le jeudi saint en avril, et aux évêques, au clergé et au fidèles sa 44e lettre apostolique Mane nobiscum domine pour l’année de l’Eucharistie, début octobre.

Chef de l’Eglise catholique, Jean Paul II a également su faire avancer quelque peu les relations avec l’Eglise orthodoxe, en conviant le patriarche oecuménique de Constantinople Bartolomé Ier, à se rendre à Rome pour la fête des saints Pierre et Paul, le 29 juin 2004. Manifestant le souhait d’un progrès oecuménique, le pape a poursuivi ses gestes significatifs en rendant l’icône de Kazan aux Russes à la fin du mois d’août, une icône riche de symbolique pour les deux Eglises chrétiennes.

Le troisième pontificat le plus long de l’histoire

Le 14 mars 2004, le pontificat de Jean Paul II devenait le troisième pontificat le plus long de l’histoire, après ceux de saint Pierre et de Pie IX. Malgré tout, le pape faiblit, en raison de son âge mais aussi de maladies qui le fragilisent. Si «on ne supporterait pas cela d’un homme politique», – le pape parvient de moins en moins à assurer ses charges -, pour le pape c’est différent, car il faut compter sur sa vie spirituelle, souligne toutefois un membre de la curie. C’est par l’ouverture de l’Année mondiale de l’Eucharistie, que Jean Paul II marquera l’entrée dans sa vingt- septième année de pontificat, un «temps spécial de grâce», en présidant une messe puis une adoration eucharistique dans la basilique vaticane, le 17 octobre. (apic/imedia/ar/pr)

15 octobre 2004 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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