Et aussi contre le risque d’une sécularisation rampante

Rome: Le pape met en garde contre des messes vides et formelles

Rome, 12 juin 2009 (Apic) Benoît XVI a mis en garde contre des célébrations eucharistiques formelles et vides, dans la soirée du 11 juin 2009.

Le pape a également invité les fidèles à ne pas se laisser «submerger par les activités et les préoccupations terrestres», au cours de la messe qu’il célébrait sur le parvis de la basilique romaine de Saint-Jean-de-Latran, comme chaque année, à l’occasion de la Fête-Dieu.

A l’issue de cette messe, le pape devait présider la procession du Saint-Sacrement jusqu’à la basilique Sainte-Marie-Majeure, suivi par quelques milliers de fidèles présents.

Lors de la messe qu’il célébrait devant la cathédrale de Rome, le pape a ainsi mis en garde les fidèles comme les prêtres contre «le risque d’une sécularisation rampante, même à l’intérieur de l’Eglise», expliquant qu’elle pouvait «se traduire en un culte eucharistique formel et vide, en célébrations dépourvues d’une participation du coeur qui se manifeste en vénération et respect pour la liturgie».

«La tentation est toujours forte, a-t-il poursuivi, de réduire la prière à des moments superficiels et vite expédiés». Le souverain pontife a ensuite invité les fidèles à ne pas se laisser «submerger par les activités et les préoccupations terrestres».

A l’occasion de la fête du Corpus Domini – le corps et le sang du Christ-, le pape a également relevé que «la foi» dans la «présence réelle du Christ dans l’Eucharistie» n’était pas «acquise».

Après avoir longuement évoqué le sens de l’Eucharistie, le souverain pontife a également insisté sur le rôle des prêtres, expliquant que les fidèles attendaient d’eux «l’exemple d’une dévotion authentique pour l’Eucharistie». Le pape a expliqué que ces fidèles aimaient voir le prêtre «passer de longs temps de silence et d’adoration devant Jésus, comme faisait le saint Curé d’Ars».

Comme chaque année, sur une plateforme surélevée installée sur un véhicule, agenouillé devant le Saint-Sacrement, Benoît XVI devait ensuite présider la procession du Saint-Sacrement jusqu’à la basilique Sainte-Marie-Majeure où, selon une ancienne tradition, devait être présent l’ambassadeur d’Espagne près le Saint-Siège, Francisco Vázquez. Le roi d’Espagne est en effet le premier chanoine honoraire de la basilique Sainte-Marie-Majeure.

Après un temps d’adoration du Saint-Sacrement, le pape devait enfin donner la bénédiction eucharistique aux fidèles présents.

La Fête-Dieu, appelée officiellement aujourd’hui fête du Saint-Sacrement, fut célébrée pour la première fois à Liège (Belgique) en 1246. Elle fut étendue à toute l’Eglise par Urbain IV en 1264. L’Italie la célèbre depuis le 15e siècle. L’itinéraire actuel de la procession romaine remonte pour sa part au 16e siècle. Pour ce faire, Grégoire XIII (1572-1585) avait fait spécialement percer la rue – la via Merulana – reliant les basiliques majeures de Saint-Jean-de-Latran et de Sainte-Marie-Majeure. Abandonnée en 1870 au moment de l’entrée des Italiens dans Rome et lorsque le pape se retira au Vatican, cette tradition a été reprise par Jean Paul II en 1979.

La date de cette solennité catholique est fixée au Vatican au jeudi suivant le premier dimanche après la Pentecôte. Mais dans certains pays, elle est célébrée le dimanche suivant. (apic/imedia/lb/pr)

12 juin 2009 | 00:00
par webmaster@kath.ch
Temps de lecture : env. 2  min.
Partagez!