La prochaine Journée mondiale des familles aura lieu à Manille

Rome: Le pape met un terme au jubilé des familles en bénissant huit mariages

Rome, 15 octobre 2000 (APIC) Le jubilé des familles, les 14 et 15 octobre, restera sans doute dans la chronique de l’Année sainte comme celui qui a rassemblé le plus de pèlerins autour du Vatican après les Journées mondiales de la Jeunesse du mois d’août, en dépit d’une pluie battante le dimanche matin, au moment de la célébration de huit mariages par Jean Paul II.

Le pape, qui a fait l’apologie de la famille, du mariage et du sens de celui-ci, a une nouvelle fois dénoncé l’avortement, avant de se prononcer fermement contre les couples homosexuels, les procréations assistées, mais plaidé pour l’adoption. Le pape a enfin annoncé que la prochaine journée mondiale des familles se tiendra à Manilles, aux Philippines, en 2003.

Près de 200’000 personnes – parents, grands-parents et enfants, dont beaucoup dans des poussettes – se sont en effet retrouvées aux alentours de la Place Saint-Pierre dès le samedi. La foule s’étendait jusqu’au Tibre, dans toute l’avenue qui conduit à la basilique vaticane, et a pu suivre dans l’après-midi un programme de témoignages et de chants, sous un temps alors beau et chaud, tandis que le pape saluait de nombreux enfants de différents pays.

A la nuit tombée, samedi encore, Jean Paul II a pris la parole sur un ton plus grave, pour lancer un appel aux gouvernants, aux parlements nationaux, aux Organisations internationales, et en particulier à l’ONU, leur demandant de défendre la famille et la vie humaine dès la conception. «Dans beaucoup de régions, et précisément – paradoxalement – dans les pays les plus riches, mettre au monde des enfants est devenu un choix qui suscite une grande perplexité, dépassant excessivement la prudence nécessaire pour une procréation responsable, a déploré le pape. On dirait que parfois, les enfants sont perçus plus comme une menace que comme un don».

«A tous les hommes de bonne volonté, qui croient en ces valeurs, a alors déclaré Jean Paul II, je demande d’unir efficacement leurs efforts pour qu’elles soient respectées dans la pratique de la vie, dans les orientations culturelles et dans les mass médias, dans les choix politiques et dans les législations des peuples».

Complémentarité du père et de la mère

«A vous, chères mamans qui portez en vous un instinct incoercible pour la défense de la vie, j’adresse un appel affligé, a ajouté le pape. Soyez toujours sources de vie, jamais de mort ! (…) N’ayez pas peur de la vie !»

Jean Paul II a d’autre part déploré d’une voix forte et accentuée la légalisation de plus en plus répandue des couples homosexuels, en insistant pour sa part sur la complémentarité du père et de la mère dans une famille. «Satisfaire des tendances qui oublient cette vérité élémentaire et prétendent même s’’affirmer sur le plan légal n’est pas un progrès de civilisation», a-t-il insisté.

Pratiques moralement inacceptables

Enfin, Jean Paul II a parlé du dési des couples d’avoir un enfant, en évoquant les procréations médicalement assistées comme «des pratiques moralement inacceptables» Pour le pape en effet, le «droit de l’enfant» à naître puis à grandir de manière «pleinement humaine» ne doit pas être méprisé au profit d’un «droit à l’enfant». Jean Paul II a en revanche vivement encouragé l’adoption, en la décrivant comme «un véritable exercice de charité, qui considère le bien des enfants avant les exigences des parents».

Le matin du dimanche 15 octobre, la foule était de nouveau rassemblée dans le quartier de Saint-Pierre – sous une pluie incessante – pour assister à la messe célébrée sur la place par le pape. Jean Paul II a cette fois insisté sur la signification du mariage, en bénissant lui-même celui de huit couples venus de Pologne, de Corée, des Philippines, d’Italie, du Cameroun, des Etats-Unis, d’Australie et du Mexique. Tous ont affirmé à Jean Paul II leur volonté de se marier, avant de se promettre mutuellement, couple après couple, en se tenant la main et dans leur langue maternelle, de «s’aimer tous les jours de leur vie». Ils se sont ensuite remis leurs anneaux bénis par le pape, sous les applaudissements d’une foule abritée tant bien que mal sous les parapluies.

«Dans le sacrement du mariage, a expliqué Jean Paul II à cette occasion, les époux s’engagent à s’exprimer mutuellement et à témoigner au monde l’amour fort et indissoluble par lequel le Christ aime l’Eglise».

Pour le pape, l’Eglise, en insistant sur l’indissolubilité du mariage, ne fait que reprendre le «dessein originel» de Dieu sur l’homme et la femme, exprimé dans la Bible au livre de la Genèse. «En faisant cela, l’Eglise ne se cache pas les difficultés et les drames que connaît l’expérience concrète de la vie des familles», a-t-il assuré. «Mais elle sait aussi que la volonté de Dieu, accueillie et réalisée de tout son coeur, n’est pas une chaîne qui rend esclave, mais la condition d’une véritable liberté qui a sa plénitude dans l’amour». Le sacrement du mariage offre «des moyens de grâce qui permettent de dépasser les difficultés», a insisté Jean Paul II. «Vous, parents chrétiens, soyez-en certains, il vous assure la grâce nécessaire pour persévérer dans l’amour mutuel, dont vos enfants ont besoin autant que de pain». Pour le pape en effet, les enfants ne sont pas un «accessoire» ni une «option» dans le projet d’une vie conjugale, mais un «don très précieux», inscrit dans sa structure même.

Rendez-vous à Manille

En s’adressant aux familles, Jean Paul II les a invitées à s’ouvrir à ceux qui les entourent et à «la société entière». «La famille ne doit pas se fermer sur elle-même», a-t-il insisté. «Elle remplit un rôle vraiment irremplaçable, pour que les personnes en difficulté, les personnes non mariées, les veufs, les veuves et les orphelins, puissent trouver un lieu de chaleur et d’accueil».

A la fin de la cérémonie, le pape a finalement annoncé que la prochaine rencontre mondiale des familles aura lieu à Manille aux Philippines en 2003, avant de saluer les pèlerins en plusieurs langues. Une partie d’entre eux, arrivés à l’aube et complètement trempés, avaient déjà quitté la place pendant la célébration. «Vous avez vraiment eu beaucoup de courage avec toute cette pluie !» a lancé Jean Paul II à la foule encore présente. Les nouveaux mariés ont alors quitté le parvis de la basilique en procession sous des parapluies aux couleurs du Vatican, tandis qu’à la surprise générale, le pape est monté dans sa papamobile pour passer sur la Place Saint-Pierre et jusque dans l’avenue de la Conciliation, son passage suscitant un grand enthousiasme alors qu’il pleuvait de plus belle. (apic/imed/pr)

15 octobre 2000 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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