Même au prix de certaines concessions...
Rome: Le pape prêt à signer un accord entre le Saint-Siège et la Chine
Rome, 26 octobre 2001 (APIC) Le pape serait prêt à signer un accord avec la Chine, selon Mgr Giuseppe Pittau, secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique. Y compris en faisant des concessions et à effectuer le voyage de Pékin, indique-t-il.
Intervenant à l’issue de la rencontre internationale qui s’est déroulée à Rome sur la figure du Père Matteo Ricci, spécialiste de la Chine et premier missionnaire à être entré dans Pékin en 1601, le jésuite italien a affirmé, dans la soirée du 25 octobre 2001, que le pape aurait déjà prévu des «solutions techniques» pour débloquer la situation «gelée» entre le Saint-Siège à la Chine depuis plus de 50 ans.
Pour Giulio Andreotti, sénateur italien, la situation internationale actuelle faciliterait en outre un rapprochement entre les deux parties.
Selon le quotidien italien «Avvenire» du 26 octobre 2001, Mgr Giuseppe Pittau a affirmé que «le pape serait prêt dès demain à signer un accord avec la Chine». Pour le secrétaire de la Congrégation pour l’éducation catholique, «si on propose à Jean Paul II d’aller à Pékin, il ira». Aucune invitation n’a cependant encore été envoyée jusqu’à ce jour par le gouvernement chinois.
Concernant les conditions posées par la Chine que le Saint-Siège rompe ses relations avec Taiwan et qu’il n’interfère pas dans les affaires internes du pays -, le prélat a en outre déclaré que «le pape a déjà pensé à des solutions techniques», ajoutant qu’»elles seront présentées à Pékin dès que l’occasion se présentera». «Il n’y a aucun élément qui puisse nous séparer», a-t-il conclu, précisant que «le problème n’est pas à Taiwan».
Le jour même, le porte-parole du ministre chinois des Affaires étrangères, Sun Yuxi, avait réagi au message du pape affirmant que son gouvernement «étudiera attentivement ce discours». «La Chine a toujours voulu améliorer les rapports avec le Vatican», avait-il déclaré.
Encore de nombreux obstacles
Le sénateur italien Giulio Andreotti, président de l’Institut italo-chinois qui a organisé la rencontre sur Matteo Ricci, s’est pour sa part déclaré «heureusement surpris» par le message de JeanPaul II. Pour lui, même si le dialogue entre le Saint-Siège et la Chine rencontre de nombreux obstacles, «ceux-ci n’ont plus lieu d’être dans un moment opportun du point de vue international». Il faisait allusion à la collaboration entre la Chine, la Russie et les Etats-Unis, suite aux attentats terroristes du 11 septembre.
La demande de pardon du pape exprimée dans le message du 24 octobre constitue également, selon Giulio Andreotti, un aspect positif qui pourrait favoriser «une réponse nouvelle» de la part des Chinois. Elle annule en particulier «l’incident» du 1er octobre 2000, jour qu’avait choisi le Saint-Siège pour la canonisation de 120 martyrs chinois et qui coïncidait avec la fête de la proclamation de la République populaire de Chine.
«Il y a donc de nouvelles conditions de bases», a conclu le sénateur italien. «Ce n’est pas que l’un ou l’autre doive imposer un calendrier, a-t-il précisé, mais il y a parfois des situations qui nous font dire que ce qui n’est pas arrivé peut à présent arriver». (apic/imed/pr)



