Rome: Le pape reçoit un autre groupe d’évêques philippins en visite Ad limina
«Respecter la chasteté et le célibat»
Rome, 9 octobre 2003 (Apic) S’adressant au deuxième des trois groupes d’évêques des Philippines en visite Ad limina au Vatican du 1er au 12 octobre, Jean Paul II invite les catholiques de ce pays asiatique à être de «vrais disciples du Christ dans une société sécularisée». Dans son discours remis aux prélats le 9 octobre, le pape insiste en particulier sur la «chasteté» et le «célibat» des prêtres qui sont souvent «rejetés par la culture moderne et les médias».
Cette Eglise locale qui compte 64 millions de catholiques sur une population totale de 77 millions d’habitants «doit résoudre le conflit préoccupant entre la foi et la vie quotidienne qui frappe tant de sociétés modernes», affirme le pape dans son message en anglais. Louant le «riche héritage religieux» qui se traduit par «une forte participation à la messe dominicale et aux activités des paroisses, une grande dévotion mariale et de nombreux sanctuaires aux Philippines», le pape affirme cependant qu’ «il existe encore des contradictions parmi les chrétiens et la société philippine au sens large».
Pour que les chrétiens soient de «vrais disciples pour le monde», le pape encourage les évêques à s’engager dans la formation des laïcs par «des programmes de spiritualité et de catéchèses pour les préparer à cette mission».
Bien choisir les futurs prêtres
Mais c’est surtout sur la formation des séminaristes et des prêtres que s’arrête longuement Jean Paul II. «C’est un processus complexe qui commence par une bonne sélection des candidats», affirme-t-il. Il recommande ainsi aux évêques et aux prêtres «de rechercher activement pour la prêtrise des jeunes hommes bons, pieux et bien équilibrés». «Lorsqu’un candidat est sélectionné, continue Jean Paul II, le processus de préparation pour qu’il devienne un bon et saint prêtre commence».
«Tout comme pour la formation des séminaristes, insiste le pape, la formation des prêtres demande donc une approche harmonieuse qui favorise en tout temps les vertus du prêtre qui sont la charité, la prière, la chasteté et la célébration de la liturgie, des pratiques qui ne sont pas appréciées et même souvent rejetées par la culture moderne et les médias». «Malheureusement, regrette le pape, le style de vie de certains clercs va à l’encontre de l’esprit des conseils évangélique et le comportement scandaleux de quelques uns mine la crédibilité de tous».
Une formation globale
Jean Paul II énonce par ailleurs quatre types de formation, en commençant par la formation humaine, celle «qui aide les candidats à vivre et intérioriser les vertus du prêtre, en particulier la simplicité, la chasteté, la prudence, la patience et l’obéissance». Vient ensuite la «formation intellectuelle, par l’étude de la philosophie et la théologie tout en maintenant une fidélité à l’enseignement du magistère». La formation pastorale permet aux candidats «d’appliquer les principes théologiques à la pratique» alors que la formation spirituelle se concrétise par la prière et la célébration régulière des sacrements.
«Le clergé actuel doit être très attentif à ne pas adopter la vision séculière de la prêtrise comme une ’profession’ ou une ’carrière’ ou encore un moyen de gagner sa vie», lance enfin Jean Paul II. «Au contraire, le clergé doit voir la prêtrise comme une vocation à servir, désintéressé et dans la charité, embrassant de tout coeur le don inestimable du célibat et tout ce que cela comporte». Le pape insiste alors sur le fait que le célibat doit être vu comme partie intégrante de la vie intérieure et extérieure de tout prêtre et pas seulement un idéal à respecter. (apic/imedia/sh)



