Benoît XVI répond aux critiques sur son discours au Brésil

Rome: Le pape reconnaît les injustices et les souffrances durant la colonisation

Rome, 23 mai 2007 (Apic) Revenant sur son récent voyage au Brésil au cours de l’audience générale du 23 mai 2007, au Vatican, Benoît XVI a reconnu «les injustices et les souffrances infligées par les colonisateurs aux populations indigènes» en Amérique latine. Il a ainsi répondu aux critiques qui avaient suivi ses propos sur la première évangélisation du continent latino américain, le 13 mai dernier à Aparecida.

«Il n’est pas possible d’oublier les souffrances et les injustices infligées par les colonisateurs aux populations indigènes souvent piétinées dans leurs droits humains et fondamentaux», a ainsi déclaré le pape au cours de sa première catéchèse après son voyage au Brésil du 9 au 13 mai.

Evoquant 5 siècles de culture et de foi chrétienne en Amérique latine, Benoît XVI a ainsi estimé que «le rappel du passé glorieux ne peut ignorer les ombres qui ont accompagné l’oeuvre d’évangélisation du continent».

«Mais la mention nécessaire de tels crimes injustifiables, crimes déjà condamnés par des missionnaires comme Bartolomé de Las Casas et des théologiens comme Francesco Vitoria de Salamanque, ne doit pas empêcher de prendre acte avec gratitude de l’oeuvre merveilleuse réalisée par la grâce divine chez ces populations au cours de ces siècles», a souligné le pape. D’après lui, «l’Evangile est devenu dans le continent l’élément important d’une synthèse dynamique qui a pris différentes facettes selon les nations, mais qui exprime l’identité des populations latino-américaines».

Le 13 mai, à Aparecida, lors de l’ouverture des travaux de la 5e Conférence générale de l’épiscopat latino-américain et des Caraïbes, Benoît XVI avait assuré que la foi catholique n’avait pas été imposée aux peuples des Amériques par les colonisateurs espagnols et portugais. Ces propos ont suscité des réactions d’indignation dans la communauté indienne.

Devant 220 évêques et une vingtaine de cardinaux du continent, le pape avait ainsi indiqué que l’annonce de l’Evangile, dès la colonisation du continent, n’avait comporté «en aucun cas une aliénation des cultures précolombiennes» et ne pouvait pas non plus être considérée comme «l’imposition d’une culture étrangère».

Selon lui, les populations d’Amérique latine avaient accueilli le Christ, «le Dieu méconnu que leurs ancêtres, sans le savoir, cherchaient dans leurs traditions religieuses riches». Par ailleurs, le pape avait mis en garde contre «l’utopie de revenir aux religions précolombiennes, en les séparant du Christ et de l’Eglise universelle, ne serait pas un progrès mais bien au contraire un recul». (apic/imedia/ar/ami/pr)

23 mai 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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