Rome: Le pape rend hommage au Père Andrea Santoro, assassiné en Turquie

A l’audience générale, Benoît XVI salue ce «témoin de l’Evangile»

Rome, 8 février 2006 (Apic) Le pape a salué mercredi la mémoire de Don Andrea Santoro, prêtre missionnaire italien assassiné en Turquie le 5 février dernier. Au cours de l’audience générale du 8 février 2006, Benoît XVI a souhaité que sa mort aide au dialogue et à la paix. 8000 pèlerins assistaient dans la salle Paul VI à la 38e audience du pontificat.

Le pape a rappelé la mémoire de Don Andrea Santoro, du diocèse de Rome «tué en Turquie dimanche dernier, alors qu’il était recueilli en prière dans son église». Il a alors souhaité que le sacrifice de sa vie contribue à la cause du dialogue entre les religions et à la paix entre les peuples. Les milliers de fidèles présents dans la salle se sont alors levés pour applaudir Benoît XVI.

Le souverain pontife a révélé qu’il avait reçu une lettre du prêtre et de sa paroisse de Trébizonde, datée du 31 janvier. «C’est un émouvant témoignage d’amour et d’appartenance au Christ et à son Eglise». Improvisant, le pape a indiqué que cette lettre serait prochainement publiée dans «L’Osservatore Romano», le quotidien du Vatican.

«Un document qui est un miroir de l’âme sacerdotale de Don Santoro et de son engagement au service du dialogue et de la compréhension entre les peuples», a jouté le souverain pontife. Il a enfin déclaré que cette lettre était accompagnée de celle d’une paroissienne l’invitant à visiter Trébizonde, l’actuelle Trabzon, sur la Mer Noire. Le pape devrait se rendre en Turquie en novembre 2006.

La dépouille du Père Andrea Santoro a été rapatriée à Rome le 7 février. Ses obsèques seront célébrées dans la basilique Saint-Jean de Latran, la cathédrale de Rome, le 10 février. Selon l’aveu du meurtrier présumé, un adolescent de 16 ans, l’affaire des caricatures de Mahomet aurait été l’un des mobiles de l’assassinat du prêtre italien.

L’exaltation religieuse à l’origine de la mort de Don Andrea ?

«L’exaltation religieuse» serait la cause de la mort d’Andrea Santoro, même s’il «demeure des doutes» sur l’identité de commanditaire du meurtre. Et ceci malgré l’arrestation de l’adolescent, a estimé Mgr Luigi Padovese, vicaire apostolique en Anatolie devant les journalistes de la Salle de presse du Saint-Siège, le 8 février. Il a aussi souligné les conditions de vie difficiles des chrétiens en Turquie, victimes de l’hostilité des populations et du prosélytisme musulman.

Agé de 61 ans, le Père Santoro vivait en Turquie depuis cinq ans et se consacrait essentiellement à la survie de sa petite paroisse de Sainte-Marie. L’agresseur, qui a tiré trois coups de feu, dont deux ont atteint le prêtre dans le dos, aurait crié «Allah ou akbar» (Dieu est le plus grand) en s’enfuyant. L’émotion est grande dans la petite communauté chrétienne de la région située sur la Mer Noire, à 150 km de la Géorgie. Dans l’église Sainte-Marie se retrouvent, chaque dimanche, les dix catholiques de la ville, mais aussi de nombreux fidèles orthodoxes.

Le 6 février, Benoît XVI dans deux télégrammes s’était déclaré profondément affecté par la disparition de «ce courageux témoin de l’Evangile», connu dans les milieux d’amitié islamo-chrétienne. Il avait souhaité que sa disparition soit «un germe d’espérance pour construire une fraternité authentique entre les peuples». Au cours de sa traditionnelle catéchèse, le pape a par ailleurs commenté la seconde partie du psaume 144. Il a alors rappelé la «tendresse et la bonté de Dieu» envers «toutes ses créatures, spécialement les plus fragiles». (apic/imedia/hy/be)

8 février 2006 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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