Rome: Le pape s’adresse à neuf ambassadeurs venus présenter leurs lettres de créances

«Plus jamais de massacres ni de guerres qui défigurent l’homme»

Rome, 28 mai 1998 (APIC) Le pape Jean-Paul II a lancé un «appel vibrant» à tous les pays: «Plus jamais de massacres ni de guerres qui défigurent l’homme et l’humanité», a dit le pape en recevant jeudi matin 28 mai les ambassadeurs de neufs pays qui lui présentaient leurs lettres de créances: Principauté d’Andorre, Lettonie, Jordanie, Gambie, Madagascar, Ouganda, Swaziland, Tchad, Zambie.

Le pape a demandé en même temps à la communauté internationale de «multiplier les aides» en faveur du continent africain, et invité les responsables des pays d’Afrique à mener une politique de «paix» et de «concorde», à «prendre un soin tout spécial de leur jeunesse et à une «gestion saine».

Après avoir remis un message à chaque ambassadeur, Jean Paul s’est encore élevé contre les mesures discriminatoires à l’égard d’une partie du peuple, qui mettent à l’écart des personnes en raison de leurs opinions ou de leur démarche religieuse, ou les excluent de tout participation aux affaires nationales.

Le pape, a demandé à la communauté internationale un effort renouvelé en faveur de pays qui sont confrontés à la fois à des problèmes économiques et politiques importants au point de rendre fragiles les relations internationales.

Jean Paul II a dénoncé les effets «néfastes» des conflits entre Etats ou dans la société. «Les conflits et les guerres ne sont jamais des voies d’avenir permettant d’espérer la résolution d’une tension au sein d’une nation ou entre Etats, ni d’obtenir un bien-être légitime». Sortir de la violence consiste à reconnaître les différences, source de richesse et de dynamisme, en acceptant de lier son avenir à celui de ses frères, a indiqué le pape.

Pour le pape, l’objectif primordial des responsables politiques est de parvenir à la paix véritable. Il s’agit, a-t-il dit, d’une «vie collective dans la concorde, où toutes les composantes de la nation édifient ensemble la paix civile, dans le respect des libertés individuelles légitimes».

Créer un climat de confiance

Les discriminations se font toujours au détriment des plus faibles et font peser de lourde menaces sur la convivialité et la paix. Et le pape d’inviter les responsables à «créer un climat de confiance» entre leurs compatriotes, dans le souci du bien commun et d’une grande rectitude morale.

Jean-Paul II a encore lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle multiplie les aides à l’Afrique, et en particulier pour ce qui est de l’annulation de la dette extérieure des pays les plus pauvres: «J’invite les pays les plus riches à réfléchir à leurs relations avec les pays pauvres, qui continuent trop souvent à s’appauvrir, spécialement en raison de leur dette extérieure, ce qui les maintient dans une situation de dépendance à l’égard d’autres nations et qui ne leur laisse pas la possibilité de se gouverner comme ils l’entendent, ni de faire les réformes et les évolutions nécessaires».

Devant les ambassadeurs, le pape a enfin rappelé les initiatives proposées par la Caritas Internationalis et d’autres organismes catholiques qui ont dénoncé le fait qu’une «dette excessive affecte les droits des individus et des peuples ainsi que la dignité des personnes» Dans le passé les exemples ont prouvé que des pays libérés de leur dette retrouvaient le chemin du progrès économique, de la vie démocratique et d’une plus grande stabilité politique, a estimé le pape.

Pour le pape, les pays qui ont investi dans des programmes d’éducation doivent pouvoir bénéficier particulièrement de cette aide internationale. «J’exhorte la communauté internationale a persévérer dans l’aide qu’elle accorde aux pays qui se sont engagés dans une éducation renouvelée de leur jeunesse». Jean Paul II accorde beaucoup d’importance à la poursuite de l’éducation civique et morale, en particulier chez les jeunes qui seront appelés demain à prendre une part active à la vie nationale.

La jeunesse, cette première richesse d’un pays

Jean Paul II a en conclusion invité les autorités à prendre un soin tout spécial de leur jeunesse, qui est la première richesse d’un pays, et déploré que des jeunes soient pris «dans l’engrenage de la violence», «enrôlés dans des groupes armés», «pris en otage par des groupes de combattants», ou encore «précipités dans les circuits de la drogue» voire «soumis à des situations dégradantes». Et le pape de souligner plusieurs objectifs: les chemins de la démocraties et des valeurs, privilégier le dialogue et le service pour tous sans discrimination, un gestion saine. Tout cela afin que soient manifestés les principes de la vie démocratique. (apic/imed/pr)

19 avril 2001 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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