Rome: Le pape s’en prend à la «morale laïque» qui nie toute référence à Dieu
Discours aux membres de la Commission biblique pontificale
Rome, 28 avril 2006 (Apic) Le pape s’en est pris jeudi à la «morale laïque» qui nie toute référence à Dieu. Benoît XVI a affirmé son opposition à la «loi laïque» qui indique que le bonheur peut être obtenu «sans aucune référence à Dieu et à sa loi», en recevant les membres de la Commission biblique pontificale au Vatican, le 27 avril 2006.
Le pape a au contraire soutenu que «la loi de Dieu n’atténue ni même n’élimine la liberté de l’homme», mais «la garantit et la favorise». L’aspiration primordiale de l’homme, en fait, est son désir de bonheur et d’une vie pleinement réussie, a noté Benoît XVI en recevant les membres de la Commission biblique pontificale au terme de leur session plénière annuelle sur «Bible et morale». Il a cependant regretté qu’aujourd’hui nombreux sont ceux qui pensent que ce but doit être atteint de manière autonome, sans aucune référence à Dieu et à sa loi.
Certains, a-t-il poursuivi, en sont venus à soutenir une souveraineté absolue de la raison et de la liberté en matière de normes morales. De telles normes constitueraient le cadre d’une éthique uniquement «humaine», a encore dénoncé le pape, ajoutant que les partisans de cette «morale laïque» affirment que l’homme, comme être rationnel, non seulement peut mais doit même décider librement de la qualité de ses comportements.
Quid de la liberté humaine ?
Pour le souverain pontife, cette conviction erronée se fonde sur un soi-disant conflit entre liberté humaine et toute forme de loi, alors que la loi de Dieu «n’atténue ni même n’élimine la liberté de l’homme». Au contraire, a-t-il insisté, elle la garantit et la favorise. Selon le pape, la loi morale fixée par Dieu dans la création trouve son accomplissement et sa grandeur dans le Christ qui est «le chemin de la perfection, la synthèse vive et personnelle de la liberté parfaite dans l’obéissance totale à la volonté de Dieu».
En saluant les membres de la Commission biblique pontificale, Benoît XVI s’est aussi rappelé qu’il avait présidé cette institution lorsqu’il était préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. La Commission biblique pontificale, composée de 20 spécialistes nommés pour cinq ans sur proposition des Conférences épiscopales, est actuellement présidée par le cardinal américain William Levada, préfet de la Congrégation pour la doctrine de la foi. «Organe consultatif au service du magistère», elle a pour objectifs principaux d’étudier avec des moyens scientifiques les idées fausses en matière d’Ecritures saintes et de travailler sur les questions en débat et les problèmes d’actualité dans ce domaine.
Les droits enracinés dans la nature de la personne antérieurs aux lois des Etats
En décembre dernier, en recevant les membres de la Commission théologique internationale, Benoît XVI avait déjà affirmé que les droits enracinés dans la nature de la personne sont «antérieurs à toute loi positive des Etats, universels, inviolables et inaliénables, et doivent donc être reconnus comme tels par tous, particulièrement par les autorités civiles, appelées à en promouvoir et garantir le respect».
La loi naturelle est la loi morale que l’homme tire des exigences de sa nature et de la nature des choses en général. Selon le Catéchisme de l’Eglise catholique, «en créant l’homme à son image et à sa ressemblance», Dieu a «inscrit dans le coeur de celui-ci la loi de son propre développement» et l’a rendu «capable de découvrir cette loi plus ou moins clairement par lui-même». (apic/imedia/ami/be)



