Situation politique et liberté religieuse au coeur de la rencontre

Rome: Le pape s’est entretenu avec le président soudanais Omar el-Béchir

Rome, 14 septembre 2007 (Apic) Le pape Benoît XVI et le président soudanais Omar el-Béchir ont évoqué «la situation politique» du pays et le thème «fondamental» de la liberté religieuse, lors de leur rencontre à Castel Gandolfo, non loin de Rome, le 14 septembre.

Le bureau de presse du Saint-Siège a indiqué que les deux hommes se sont entretenus en privé pendant 25 minutes. Le président soudanais a aussi rencontré le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, ancien nonce à Khartoum.

Dans un communiqué publié après la rencontre, le Bureau de presse du Saint-Siège a indiqué que «la situation politique et religieuse du pays» avait été «au centre des entretiens», avec «une mention particulière à l’Accord de paix» de janvier 2005 entre le gouvernement soudanais et les ex-rebelles sudistes et à «la situation au Darfour».

A cet égard, le Saint-Siège a «commenté très positivement la convocation de nouvelles négociations de paix pour le Darfour en Libye, le 27 octobre prochain», souhaitant vivement «sa réussite (.) afin que l’on puisse mettre fin à la souffrance et à l’insécurité de ces populations, leur assurant l’assistance humanitaire à laquelle elles ont droit».

Le Saint-Siège a aussi souhaité que «des projets de développement» soient lancés et n’a pas manqué de noter «l’aspect régional de la crise». Le Soudan continue en effet d’être secoué par la crise, en particulier dans la région du Darfour, malgré l’accord de paix global trouvé en janvier 2005 entre le gouvernement soudanais et les ex-rebelles sudistes.

D’autres thèmes «d’intérêt commun» ont été abordés, comme «la défense de la vie et de la famille, le respect et la promotion des droits de l’homme, ainsi que celui, fondamental, de la liberté religieuse». Il a aussi été question du «dialogue interreligieux et de la collaboration entre croyants de toutes les religions, en particulier entre chrétiens et musulmans, pour la promotion de la paix et du bien commun».

«Climat respectueux»

Cette rencontre a été également l’occasion de «répéter le rôle et la contribution positifs de l’Eglise catholique et de ses institutions dans la vie de la société soudanaise, en particulier dans le domaine de l’éducation».

En outre, le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège a noté le climat «très respectueux» de la visite d’Omar el-Béchir, soulignant «la grande implication du Soudan en vue de cette rencontre». Le père Federico Lombardi a jugé que la présence d’une «délégation de très haut niveau» traduisait le souhait du Soudan de «montrer sa grande attention et son respect à l’égard du Vatican».

La délégation soudanaise était composée d’une quinzaine de personnes, dont 6 ministres. Après l’entretien en privé, auquel participait un interprète de langue arabe, Benoît XVI a offert au président Omar el-Béchir des médailles de son pontificat. Quant au chef de l’Etat soudanais, il a fait don au pape d’une reproduction d’une fresque représentant l’archange Michel et provenant d’une église du 10e siècle retrouvée à Faras, dans le nord du pays.

Au terme de sa rencontre avec le pape, le président soudanais s’est entretenu pendant une trentaine de minutes avec le secrétaire du Saint-Siège pour les relations avec les Etats, Mgr Dominique Mamberti, en l’absence du secrétaire d’Etat.

Avant de s’entretenir avec le pape, le président soudanais avait rencontré à Rome le chef du gouvernement italien, Romano Prodi. Lors d’une conférence de presse, Omar el-Béchir a annoncé être «disposé» à un cessez-le-feu avec les groupes rebelles du Darfour avant la reprise des négociations de paix en octobre en Libye. «Nous avons fait état de la disponibilité du gouvernement soudanais à aller négocier avec les groupes rebelles à Tripoli. Mais il faut cependant faire pression sur tous les groupes qui n’ont pas participé aux négociations d’Abuja pour participer à la prochaine phase», a-t-il ensuite souhaité.

Les souhaits de la FIACAT

Quelques jours avant la visite du président soudanais, la Fédération internationale de l’Action des chrétiens pour l’abolition de la Torture (FIACAT) et 11 associations de chrétiens pour l’abolition de la torture (ACAT) avaient envoyé une lettre au Vatican, invitant le pape Benoît XVI «à rappeler à Omar Hassan El Beshir l’indispensable besoin de vérité et de justice pour les victimes du conflit armé au Darfour» et demandant «la nécessaire coopération des autorités soudaines avec la Cour Pénale internationale».

Se disant «très préoccupée par la situation des droits de l’homme dans cette région du monde, la FIACAT relève que c’est l’occasion, pour le pape, de rappeler au président soudanais que «les autorités soudanaises ont suspendu toute coopération avec la Cour pénale internationale (CPI) depuis mars 2007». Et que ces mêmes autorités «refusent d’arrêter et de remettre à la CPI, Ahmad Muhammad Harum et Ali Muhammad Al Abd Al Rahman, tous deux visés par des mandats d’arrêt, émis en mai 2007, pour des crimes commis au Darfour occidental en août 2003 et mars 2004».

Selon la Résolution 1593 du Conseil de sécurité des Nations unies, le Soudan, bien qu’il n’ait pas ratifié le Statut de Rome, est tenu de coopérer avec la CPI et de lui apporter toute l’assistance requise rappelait dans sa lettre l’ensemble du réseau ACAT, qui invitait le pape Benoît XVI à apporter un soutien nécessaire au travail de la CPI – tout aussi important que le déploiement à venir des casques bleus et la reprise des négociations de paix-. (apic/imedia/ami/arch/com/pr)

14 septembre 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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