Une pierre milliaire sur le chemin de l’unité
Rome : Le pape se réjouit de l’accord sur la justification entre catholiques et luthériens
Rome, 1er novembre 1999 (APIC) Le pape s’est publiquement réjoui dimanche de l’accord signé le même jour à Augsbourg entre luthériens et catholiques, mettant fin à plus de quatre siècles de querelles sur la doctrine de la justification. «Il s’agit d’une pierre milliaire sur la voie pas toujours facile du rétablissement de la pleine unité entre chrétiens» a déclaré Jean Paul II lors de l’angélus.
Jean Paul II a relevé que la signature de cette déclaration commune a eu lieu à Augsbourg, en Allemagne, «dans la ville même où, en 1530, avec la ’Confessio Augustana’, fut écrite une page décisive de la Réforme Luthérienne». «Un tel document, constitue une base sûre pour avancer dans la recherche théologique oecuménique et pour affronter les difficultés qui subsistent encore avec l’espérance encore plus fondée de les résoudre dans l’avenir». Pour Jean-Paul II, cet accord est en outre une contribution précieuse à la purification de la mémoire historique et au témoignage commun.
Réparer les dégâts infligés à l’édifice
La délégation du Vatican, conduite par le président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, le cardinal Edward Cassidy, a pris une part active activement aux festivités de cette fin de semaine à Augsbourg. Lors de la célébration oecuménique de la signature de la Déclaration commune sur la doctrine de la justification dimanche matin, le cardinal Cassidy a appelé les chrétiens à continuer à construire l’unité. «Nous avons aussi le devoir de tout mettre en oeuvre pour réparer les dégâts infligés à l’édifice par les tempêtes, les conflits et parfois même les tremblements de terre engendrés par les hommes». Il reste ainsi une tâche urgente à poursuivre, qui est celle de «renouveler nos efforts à l’évangélisation de ceux qui se sont éloignés de leur foi traditionnelle. Et «nos divisions sont un grand obstacle à cette tâche». Bien que cette Déclaration commune «apporte une vie nouvelle et une espérance dans le mouvement oecuménique dans son ensemble, il nous faut être conscient du fait que le chemin est encore long et difficile», a conclu le cardinal.
Luthériens et catholiques ont fait un pas historique en levant les condamnations qui pesaient sur chacun d’eux en raison de divergences théologiques remontant au temps de Martin Luther. La phrase clé du document qui résume l’interprétation commune de la justification de la part des catholiques et des luthériens se trouve dans le paragraphe n. 15 : «Nous confessons ensemble que nous sommes acceptés par Dieu et nous recevons l’Esprit Saint qui renouvelle nos coeurs, nous revêt de sa force et nous appelle à réaliser de bonnes oeuvres, non pas sur la base de nos mérites mais uniquement en vertu de la grâce et de la foi dans l’oeuvre salvifique du Christ».
Un signe de consolation
Cet accord qui arrive au seuil de l’an 2000 est un «signe de consolation» pour le chemin oecuménique en général, soulignait Jean-Paul II au même moment à Rome lors de la prière de l’angélus en rappelant la présence des délégués fraternels au dernier synode des évêques pour l’Europe. Ce synode a renouvelé le chemin oecuménique parmi les signes d’espérance pour un continent qui a été à l’origine de la plupart des divisions entre chrétiens et qui souffre encore beaucoup de leurs conséquences. (apic/imed/zn/mp)



