Première visite de Jean Paul II aux parlementaires
Rome: Le pape se rend le 14 novembre à l’assemblée nationale à Rome
Rome, 13 novembre 2002 (APIC) Jean Paul II s’apprête à rencontrer pour la première fois les parlementaires italiens, le 14 novembre, en se rendant au Parlement situé dans le centre historique de Rome. Cette visite sera l’occasion pour le pape de rappeler certaines positions de l’Eglise en matière de droits de l’homme, de morale et de justice. «Un grand souffle pour la politique italienne», assurent certains milieux du Vatican.
Tous les députés italiens, partis politiques confondus, sont attendus dans la matinée du 14 novembre, à l’assemblée nationale. Jean Paul II s’y rendra en papamobile depuis le Vatican. Une fois sur place, il semble que celui-ci soit décidé à effectuer les quelques mètres séparant la porte d’entrée de l’hémicycle de la tribune, à pied et non pas sur sa désormais traditionnelle plate-forme mobile. Des grands écrans seront installés à l’extérieur, devant le parlement.
Alors qu’il y a quelques jours, les Italiens exprimaient leur fierté de voir Jean Paul II devenir leur compatriote, à l’occasion de la cérémonie durant laquelle le maire ex-communiste de Rome, Walter Veltroni, lui a remis la citoyenneté romaine, aujourd’hui les craintes d’une «ingérence» du chef de l’Eglise catholique dans la politique italienne déjà secouée par de nombreux conflits internes sont particulièrement fortes.
Inquiétude des médias nationaux
Depuis une semaine déjà, les quotidiens nationaux s’inquiètent du discours que le pape leur fera depuis la tribune de l’assemblée nationale, entre les présidents des deux chambres, Pier Ferdinando Casini et Marcello Pera. La défense de la vie et de la famille, la bioéthique, l’éducation catholique dans les écoles, ou encore l’immigration sont autant de thèmes que le chef de l’Etat du Vatican devrait aborder, alors que le contexte politique italien est actuellement tendu sur certains d’entre eux. Les thèmes de l’Europe et de la paix devraient également être à l’ordre du jour, à la veille de l’ultimatum donné par l’ONU à l’Irak pour que le pays ouvre ses portes aux inspecteurs.
Une des craintes plus particulièrement exprimée ces derniers jours parce que le sujet est justement à l’étude au parlement, est celle d’un appel du pape pour un geste de clémence en faveur des détenus. Ces derniers ont envoyé une lettre au Vatican, cette semaine, pour demander à Jean Paul II d’avoir «pitié» d’eux.
Au Vatican, on tente de rassurer les classes politiques italiennes en affirmant que le discours du pape sera «un grand souffle» pour la politique italienne, dont il devrait reconnaître les «nombreux» aspects positifs. Les journaux italiens parlent toutefois de la nécessité de «prudence» et «délicatesse» de la part de Jean Paul II, pour ne pas susciter de trop vives réactions.
Appel du pape aux avocats mal reçu
Un ’tollé’ général avait été soulevé en janvier dernier, après un discours du pape aux membres du tribunal de la rote romaine. Celui-ci avait demandé aux avocats d’invoquer l’objection de conscience sur les dossiers de divorce afin de ne pas «exercer leur profession pour une finalité contraire à la justice». Les médias italiens avaient alors accusé Jean Paul II d’»ingérence dans les affaires de l’Etat».
Les relations entre l’Etat italien et le Vatican remontent aux accords du Latran, signés le 11 février 1929. Après l’invasion de l’Etat pontifical, le 20 septembre 1870 par les troupes de Garibaldi, ces Accords signés par le cardinal secrétaire Gasparri et le premier-ministre Mussolini – au nom du Pape Pie XI et du roi Victor-Emmanuel III ont permis à l’Etat du Vatican de définir son propre statut.
Quant au Palais Montecitorio, où se rendra Jean Paul II le 14 novembre, il fut construit au 17ème siècle pour abriter les tribunaux pontificaux. Il est devenu le siège du parlement italien en 1871, quelques mois après l’entrée des troupes italiennes à Rome. BB
Encadré
Le parlement italien aborde les racines chrétiennes de l’Europe
Le même jour de la visite de Jean-Paul II au parlement italien, un symposium sur les racines chrétiennes de l’Europe s’ouvrira dans une salle attenante à celle où se trouvera le pape.
Du 14 au 16 novembre 2002, des personnalités politiques italiennes, mais aussi des personnalités religieuses catholiques et orthodoxes se retrouveront sur le thème «La sagesse comme source de l’unité de l’Europe ; religions, arts, sciences».
Côté Vatican, les cardinaux Paul Poupard et Walter Kasper, respectivement présidents des Conseils pontificaux pour la culture et pour l’unité des chrétiens, participeront aux débats. L’évêque Hilarion Alfeyev, représentant de l’Eglise orthodoxe russe auprès des organisations internationales européennes, ainsi que l’ambassadeur de Russie en Italie seront également présents. (apic/imedia/bb)



