Son état de santé reste sous haute surveillance

Rome: Le pape sera soigné au Vatican par une équipe de l’hôpital Gemelli

Rome, 14 mars 2005 (Apic) Alors que le pape est rentré de façon anticipée au Vatican dans la soirée du 13 mars 2005, après dix-huit jours d’hospitalisation, il ne reste pas moins sous très haute surveillance. Dans la presse italienne, les médecins et les spécialistes s’interrogent sur l’évolution de sa convalescence.

Jean Paul II a regagné le Vatican après une nouvelle longue hospitalisation pour de graves problèmes respiratoires. Sa capacité est pour le moment réduite et il doit restreindre ses activités, même s’il conserve toutes ses facultés mentales. Pour le professeur Corrado Manni, qui fut son médecin-anesthésiste, il ne faudrait plus penser aux audiences pour le moment. Le pape devrait très rapidement dire ce qu’il va faire pour l’audience générale de ce mercredi, son premier rendez-vous avec les fidèles après son retour au Vatican.

Des médecins sont formels: Jean Paul II, qui fêtera ses 85 ans le 18 mai prochain, doit réduire ses activités et son environnement doit être protégé. Il doit rester autant que possible dans son appartement du Vatican où une pièce est aménagée médicalement. Des médecins et infirmières du Gemelli vont monter la garde, prêts à intervenir jour et nuit.

Au Vatican, il n’y a pas de réanimation

Dans le quotidien «Il Corriere della Sera» du 14 mars, le professeur Giancarlo Cianfrone, spécialiste des troubles de la parole de l’Université la Sapienza à Rome, a souligné que le pape serait soigné au Vatican par ses collègues médecins de la clinique Gemelli. «Le pape sera assisté de manière admirable à domicile par mes collègues du Gemelli, mais il ne sera pas comme à l’hôpital», puisqu’au Vatican il n’y a pas de réanimation, a-t-il déclaré.

Lors d’une nouvelle crise respiratoire, il faudrait une autre hospitalisation, a-t-il laissé entendre. Et d’ajouter qu’il aurait préféré que l’on garde le pape à l’hôpital pour une ou deux semaines de plus.

Le 10 mars 2005, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro- Valls, avait déclaré que la poursuite de l’hospitalisation du pape n’était pas liée à la nécessité d’un traitement particulier. En ce qui concerne des soins médicaux ultérieurs «tout peut se faire au Vatican», avait-il alors précisé. Le professeur Cianfrone a par ailleurs souligné la qualité du timbre de la voix du pape. «Si son timbre est bas, ce n’est pas seulement à cause de la canule, mais parce que le pape n’a pas la force de repousser l’air vers le haut, en expirant, et de faire vibrer avec décision, les cordes vocales».

La voix du pape pourrait revenir

Pour le spécialiste en phoniatrie, une fois que la canule sera enlevée, la voix pourrait redevenir comme elle était avant l’intervention, toujours si les conditions générales le permettent. «Mais les paroles resteront tremblantes, le ton bas», a-t-il insisté. Le 10 mars dernier, le porte-parole du Saint-Siège avait aussi déclaré que ce sont les médecins qui décideront du retrait de la canule. Suite à la trachéotomie qu’il a subie le 24 février, Jean Paul II porte une canule dont personne n’a prédit le retrait pour l’instant.

Interrogé par I’Apic le 13 mars dernier, le cardinal tanzanien Polycarp Pengo, qui avait rencontré personnellement Jean Paul II et son entourage à l’hôpital Gemelli vendredi 11 mars, a déclaré que le pape n’avait pas pu beaucoup parler lors de cet entretien. «Il a dit quelques mots. J’ai réalisé qu’il parle avec beaucoup d’efforts et que sa voix est assez faible», a-t-il précisé.

Par ailleurs, interrogé dans «La Repubblica» du 14 mars 2005, le professeur Corrado Manni, anesthésiste lors des 6 premières interventions de Jean Paul II, a déclaré que le pape doit épargner sa voix et se reposer le plus possible. Il a néanmoins déclaré que le retour du pape au Vatican signifie qu’il est capable de reprendre ses fonctions de chef et guide de l’Eglise.

Selon le professeur italien, pour ne pas compromettre sa convalescence, le pape doit s’en tenir au silence et au moins de fatigue possible. Il suffit de penser aux audiences, a-t-il lancé. «Même si ses interventions vocales peuvent être limitées au maximum, il est toujours fatiguant d’accueillir et d’écouter des personnalités, des délégations d’évêques ou des pèlerins». En effet, malgré les conseils de ses médecins, le pape a toujours repris son activité rapidement. Dans une interview donnée le 25 février 2005 à «La Stampa», le professeur Manni déclarait qu’il est difficile de pouvoir persuader le pape si celui-ci a pris une autre décision.

Enfin, pour le chemin de Croix de la Semaine Sainte à Rome, «il est bon d’être prudent, surtout quand on sait que le Souverain pontife est toujours prêt et qu’il est prêt à se consacrer à son ministère jusqu’à ses dernières forces», a-t-il conclu. Si le programme des célébrations de la Semaine Sainte a désigné les cardinaux qui célèbreront les principales cérémonies, rien n’a encore été décidé concernant la conduite du traditionnel chemin de croix, au Colisée, le Vendredi saint au soir. (apic/imedia/be)

14 mars 2005 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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