Engagement commun contre le fondamentalisme et le racisme

Rome: Le patriarche Bartholomé Ier est intervenu devant les évêques du synode

Rome, 19 octobre 2008 (Apic) En présence de Benoît XVI et des pères synodaux, le patriarche oecuménique de Constantinople Bartholomé Ier a invité les chrétiens à un engagement commun contre le fondamentalisme, le racisme ou encore la pauvreté. Il s’est exprimé à l’issue de la cérémonie des Vêpres qu’il a conjointement célébrée avec Benoît XVI, le 18 octobre, dans la chapelle Sixtine au Vatican.

C’est la première fois qu’un patriarche orthodoxe s’adressait à un synode catholique d’évêques. Après la lecture de sa méditation, le pape l’a remercié pour cette «expérience joyeuse d’unité».

A l’invitation de Benoît XVI, Bartholomé Ier a proposé aux pères synodaux une méditation sur la Parole de Dieu, le thème du Synode en cours au Vatican depuis le 5 octobre. «En tant que disciples de Dieu, il est aujourd’hui plus impératif que jamais de s’orienter vers une perspective unique, au-delà des perspectives sociales, politiques et économiques, sur la nécessité d’éradiquer la pauvreté, d’encourager un équilibre dans un monde globalisé, de combattre le fondamentalisme ou le racisme et de développer la tolérance religieuse dans un monde conflictuel», a-t-il notamment affirmé.

Le patriarche orthodoxe, qui s’est exprimé en anglais, a aussi remercié Benoît XVI pour son invitation, saluant un «événement historique». Il a enfin exprimé le souhait que l’Eglise catholique et l’Eglise orthodoxe «convergent pleinement sur le rôle de la primauté et de la ’synodalité’ dans la vie de l’Eglise».

Comment ne pourrions-nous pas être frères?

Après son intervention dans le cadre majestueux de la chapelle Sixtine, Benoît XVI a brièvement pris la parole. Dans un discours improvisé, il a évoqué le «grand réalisme chrétien qui permet de voir les défis de notre époque». «Aller au coeur de l’Ecriture Sainte, écouter la Parole de Dieu ouvre aussi les yeux à la réalité d’aujourd’hui», a affirmé le pape.

Benoît XVI a aussi fait observé que les «pères» de l’Eglise orthodoxe sont les mêmes que ceux de l’Eglise romaine. «Si nous avons des pères communs, comment ne pourrions-nous pas être frères ?»

Particulièrement souriant, le pape l’a enfin remercié pour cette «expérience joyeuse d’unité». «Les applaudissements des pères synodaux» à la fin de l’intervention du patriarche orthodoxe «étaient plus que l’expression d’une simple courtoisie, c’est réellement l’expression d’une profonde joie spirituelle, et d’une expérience vivante de notre communion», a-t-il poursuivi. «Vos paroles nous accompagnerons dans le travail de la semaine prochaine, elles nous éclairerons».

Une cérémonie oecuménique

Auparavant, ayant pris place de part et d’autre de l’autel de la chapelle Sixtine, Benoît XVI et Bartholomé Ier avaient conjointement célébré l’office des Vêpres, en présence des pères synodaux et d’une représentation orthodoxe. Au cours de la cérémonie oecuménique, une lecture a notamment été prononcée en grec. Pour clore les Vêpres, le pape et le patriarche orthodoxe ont donné leur bénédiction l’un après l’autre, en latin, et en grec.

Benoît XVI et Bartholomé Ier avaient déjà célébré conjointement l’office des Vêpres, le 28 juin 2008, dans la basilique romaine de Saint-Paul hors les murs, à l’occasion de l’ouverture de l’année consacrée au bimillénaire de la naissance de saint Paul. Depuis le début de son pontificat, Benoît XVI a fait une priorité du dialogue oecuménique. Mais si les relations avec le patriarcat orthodoxe de Constantinople n’ont cessé de se multiplier ces derniers mois, elles restent plus difficiles avec le patriarcat de Moscou. (apic/imedia/ms/bb)

19 octobre 2008 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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