Rome: Le porte-parole du Saint-Siège face aux reproches de l’Etat d’Israël
Joaquin Navarro-Valls: «Je ne suis pas un ennemi d’Israël»
Rome, 29 août 2005 (Apic) Dans le quotidien italien «Corriere della Sera» du 28 août 2005, le porte-parole du Saint-Siège, Joaquin Navarro-Valls, déclare qu’il n’est pas un ennemi d’Israël et que ce n’est pas sa faute s’il y a eu fin juillet une difficulté dans les relations entre Israël et le Saint-Siège.
Navarro-Valls précise que la réponse aux accusations du fonctionnaire des Affaires étrangères israéliennes, Nimrod Barkan, ne vient pas de lui mais de la Secrétairerie d’Etat du Vatican. Nimrod Barkan critiquait le Vatican pour son silence sur les attentats en Terre Sainte.
Le porte-parole du Saint-Siège, satisfait que l’incident soit clos, y rapporte aussi qu’il est un «ami» des juifs et des Israéliens. «Je ne suis pas un ennemi d’Israël et ce n’est pas ma faute s’il y a eu fin juillet une difficulté dans les relations entre Israël et le Saint-Siège», a déclaré Joaquin Navarro-Valls au «Corriere della Sera» le 28 août 2005.
Le 25 juillet 2005, le gouvernement israélien avait reproché à Benoît XVI de ne pas avoir mentionné son pays parmi ceux récemment touchés par le terrorisme, dans la condamnation qu’il en avait faite lors de l’angélus de la veille, le 24 juillet. Le nonce apostolique en Israël avait été convoqué auprès du ministre israélien des Affaires étrangères pour cette raison.
Le Saint-Siège s’était alors défendu le soir même de tels propos, par le biais d’une déclaration de Joaquin Navarro-Valls, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, qui rappelait la condamnation générale que le pape faisait de tout acte terroriste.
Les attaques injustifiées de Nimrod Barkan
Mais un membre du ministère des Affaires étrangères israélien, Nimrod Barkan, avait renchéri, accusant le Saint-Siège d’un silence permanent sur les attentats en Terre Sainte dans une interview donnée au quotidien Jerusalem Post le 26 juillet. Ces critiques avaient suscité la réaction du Vatican, qui avait fait parvenir aux journalistes dans la soirée du 28 juillet «une note de la salle de presse du Saint-Siège» accompagnée d’un document listant toutes les interventions de Jean Paul II contre le terrorisme en Israël.
La note vaticane expliquait notamment que «de même que le gouvernement israélien ne se laissait pas dicter par d’autres ce qu’il doit dire, ce qui est compréhensible, de même le Saint-Siège ne pouvait accepter de recevoir des leçons et des directives sur l’orientation et le contenu de ses déclarations d’aucune autre autorité».
Propos trop agressifs ou inappropriés
Par un échange de lettres, le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Angelo Sodano, et le Premier ministre israélien Ariel Sharon, ont récemment mis fin à l’incident, chacun admettant que leur partie avait eu des propos trop agressifs ou inappropriés.
L’ambassadeur d’Israël près le Saint-Siège, Oded Ben-Hur, reçu le 23 août 2005 par le cardinal Angelo Sodano, auquel il devait remettre la lettre d’Ariel Sharon, a ainsi rapporté que le Premier ministre israélien avait admis «que la réaction de son gouvernement et de sa diplomatie a été trop agressive» tandis que le secrétaire d’Etat du Saint-Siège avait reconnu que «peut-être que les paroles du porte-parole du Saint-Siège étaient peu appropriées» et que le Saint-Siège aurait «du choisir un autre ton».
«Je ne l’ai pas écrite, et elle ne m’a pas non plus été lue», a pourtant déclaré Joaquin Navarro-Valls le 28 août 2005, interrogé sur l’origine de la note du 28 juillet sur laquelle le secrétaire d’Etat est revenu. Le directeur de la Salle de presse a expliqué que quand la Secrétairerie d’Etat l’avait publiée, il voyageait pour sa part avec Benoît XVI, qui rentrait de son séjour du Val d’Aoste.
Quoiqu’il en soit, le porte-parole du Saint-Siège, qui s’estime l’»ami de nombreux juifs et Israéliens» depuis qu’il a été correspondant en Israël du quotidien espagnol ABC au début des années 80, est satisfait que l’incident soit clos. (apic/imedia/ar/be)




