Le cardinal Hoyos mis en cause
Rome: Le porte-parole du Vatican reconnaît des insuffisances dans la communication
Rome, 5 février 2009 (Apic) Le porte-parole du Vatican a reconnu jeudi les insuffisances qui ont marqué l’annonce de la levée des excommunications. Une intervention faite après de sévères critiques adressée à Rome sur sa gestion dans cette affaire. Le porte-parole met en cause le cardinal Castrillon Hoyos, président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, principal négociateur.
Le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a en effet reconnu les «insuffisances» en matière de communication vaticane qui ont marqué la crise qui a suivi la levée de l’excommunication des 4 évêques de la Fraternité Saint-Pie X.
Dans une interview à paraître le 6 février 2009 dans le quotidien catholique français La Croix, le porte-parole du Vatican confie aussi que ceux qui ont géré cette affaire au Vatican n’avaient pas conscience de la gravité des propos de Mgr Williamson.
Expliquant que le décret de levée des excommunications, rendu public le 24 janvier dernier, avait été «négocié jusqu’au dernier moment», le père Federico Lombardi reconnaît que «certains points restaient confus». Le communiqué qui accompagnait ce décret, confie-t-il ainsi, laissait trop d’aspects dans le doute, pouvant donner lieu à diverses interprétations». «Nous n’avions pas en main la maîtrise de cette communication», déplore encore le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège en rappelant que «le document se trouvait déjà sur certains sites et journaux».
Dans cette affaire, indique le père Lombardi, «le plus dommageable c’est la concomitance entre la question de l’excommunication et la diffusion des positions négationnistes – et injustifiables – de Mgr Williamson». «Sans doute, juge le père jésuite, les personnes qui ont géré cette affaire n’avaient-elles pas conscience de la gravité des propos de Mgr Williamson».
S’il explique que «les négociations ont été menées avec Mgr Fellay», le supérieur de la Fraternité Saint-Pie X, le père Lombardi souligne aussi que «les positions des autres évêques n’ont pas été suffisamment prises en compte». «Ce qui est sûr, c’est que le pape l’ignorait», continue le porte-parole du Vatican, mais «s’il y en a un qui devait le savoir, c’est le cardinal Castrillon Hoyos», le président de la Commission pontificale Ecclesia Dei, principal négociateur.
Le père Federico Lombardi, visiblement éprouvé par plusieurs jours de gestion de la crise médiatique, estime en outre «qu’une culture de la communication reste encore à faire au sein de la curie romaine». Il estime ainsi que «chaque dicastère communique de manière autonome, ne pense pas forcément à passer par le Bureau de presse du Saint-Siège, ni, lorsque l’information est trop complexe, à rédiger une note explicative». (apic/imedia/ami/pr)



