Rome: Le premier livre du pape insiste sur l’historicité du Christ,
Un livre «complètement personnel» sur Jésus
Rome, 15 avril 2007 (Apic) Lors de la présentation du premier livre de Benoît XVI, Jésus de Nazareth, le 13 avril 2007 à la presse, le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne a commenté l’ouvrage du pape en ces termes: Il n’y a rien «d’extraordinaire à ce que le pape parle de Jésus. Ce qui est plus surprenant, c’est la manière dont il le fait».
Une imposante présentation du livre avait été organisée le 13 avril dans la salle du Synode au Vatican. De nombreux cardinaux et prélats y assistaient, ainsi que le secrétaire particulier du pape, Mgr Georg Gaenswein. Cette présentation était présidée par le père Federico Lombardi, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège. Le professeur protestant Daniele Garraone, doyen de la faculté de théologie vaudoise de Rome et Massimo Cacciari, professeur d’esthétique à Milan, ont aussi pris la parole.
«Ce n’est pas le pape, ni le cardinal, l’évêque, le professeur, le prêtre qu’il était, qui parle, mais le simple croyant, le chrétien Joseph Ratzinger», a ainsi estimé le cardinal autrichien, ancien élève du pape, jugeant ce livre «complètement personnel».
«On met sans arrêt en vente sur le marché médiatique des ’découvertes’ apparemment nouvelles qui devraient révéler une histoire complètement différente de celle de Jésus de Nazareth», a aussi souligné l’archevêque de Vienne. «La représentation biblique et ecclésiale de la figure de Jésus serait une escroquerie de prêtre et une embrouille de l’Eglise». «La ’vérité’ sur Jésus serait étouffée par d’obscurs conspirateurs qui se trouveraient de préférence au Vatican», a relevé le cardinal.
Le pape «cherche à démontrer la crédibilité historique des Evangiles»
Le cardinal Schönborn a ainsi expliqué le pape avait cherché à démontrer «la crédibilité historique des évangiles et leurs images de Jésus- Pour lui, la Bible a toujours été le coeur et le centre de la théologie», a-t-il ajouté.
«Son livre est maintenant sur la place publique. Le simple désir de son auteur n’est pas, en premier lieu, de susciter des débats, même s’il sait que les contradictions ne manqueront pas». Il veut une seule chose : ’Que puisse croître une relation vitale avec Lui, avec Jésus de Nazareth’», a conclu le cardinal Schönborn.
«On a raconté beaucoup de bêtises, même du point de vue historique»
Le cardinal Christoph Schönborn s’est encore exprimé dans la soirée du 13 avril, répondant aux questions des journalistes, pour affirmer que Jésus de Nazareth parlait avant tout de «l’enseignement de Jésus». L’archevêque de Vienne a encouragé les lecteurs «à prendre leur temps pour le lire et le relire». Pour le cardinal autrichien, «On a hélas raconté beaucoup de bêtises, même du point de vue historique. Tous ces livres sur Jésus «qui essaient de faire de lui une sorte de révélation sur quelque chose qu’on a caché depuis des siècles, que l’Eglise aurait voulu cacher au public, font sourire» et «ce sera la même chose avec ceux qui paraissent aujourd’hui». Aussi le cardinal a-t-il estimé que ce livre sera encore lu dans des dizaines d’années, alors que d’autres livres seront certainement oubliés. Il a aussi encouragé les lecteurs «à prendre leur temps pour le lire et le relire», sans s’attendre à le parcourir rapidement, «comme un roman policier».
Interrogé sur les futures réactions à cette parution, le théologien autrichien a confié qu’il serait «très intéressé de savoir ce que diront les lecteurs juifs après tout ce que le pape doit au rabbin Neusner dans ce livre». Ainsi que de savoir ce que diront aussi les chrétiens des autres Eglises. «En tous cas, ce sera un débat essentiel qui tournera autour de ce qui est important», a-t-il estimé.
Concernant la publication de ce livre peu de temps après la condamnation de certains écrits du père Jon Sobrino par la Congrégation pour la doctrine de la foi, le cardinal a souligné «le sérieux» du travail fait par ce dicastère dont il est membre. «Si l’on en vient à un règlement disciplinaire ou doctrinal, cela advient normalement après des années et des années de discussion et d’étude», a-t-il précisé. Et d’ajouter que le pape, lors de son voyage au Brésil en mai prochain, donnerait sûrement des lumières sur l’orientation d’une vraie théologie de la libération. (apic/imedia/ar/hy/ms/vb)



