Pas d’annonce explicite de conversion au catholicisme

Rome: Le premier ministre britannique Tony Blair longuement reçu par le pape

Rome, 24 juin 2007 (Apic) Benoît XVI et Tony Blair se sont entretenus en privé pendant 25 minutes au Vatican, le 23 juin. Après cet entretien, les deux hommes ont été rejoints par le chef de l’Eglise d’Angleterre, le cardinal Cormac Murphy O’Connor, à quatre jours de la démission du chef du gouvernement britannique et alors que celui-ci pourrait prochainement se convertir au catholicisme.

«Au cours des entretiens, certaines contributions positives du premier ministre Blair durant ses dix années de gouvernement ont été passées en revue», a indiqué un communiqué publié après la rencontre par le Bureau de presse du Saint-Siège. Celui-ci a précisé qu’un «échange franc» avait suivi «sur la situation internationale actuelle, sans éviter d’affronter des questions particulièrement délicates comme le conflit au Proche-Orient et l’avenir de l’Union européenne après le sommet de Bruxelles».

Le Saint-Siège a aussi évoqué «un échange de points de vue sur certaines lois récemment approuvées par le Parlement du Royaume-Uni», a indiqué le communiqué sans plus de précision. Entrée en vigueur en avril dernier en Grande-Bretagne, la loi baptisée ’Equality Act’ interdit de refuser des biens, un service, ou d’accorder des facilités sur la base du sexe. Même si un délai a été accordé à l’Eglise, cette loi obligera les agences catholiques à accepter les demandes d’adoption de couples homosexuels. Londres a aussi récemment décidé d’autoriser la création d’embryons ’chimères’, mi-homme mi-animal.

Engagement pour la paix au Proche-Orient

Le communiqué du Saint-Siège a enfin précisé qu’avait été encouragé le «vif désir» de Tony Blair – «qui s’apprête à abandonner sa charge de premier ministre» – «de s’engager de façon particulière pour la paix au Proche-Orient et pour le dialogue interreligieux».

L’entretien privé entre les deux hommes, dans la bibliothèque du Palais apostolique du Vatican, a duré 25 minutes. Au préalable, à son arrivée, le premier ministre britannique a confié à Benoît XVI qu’il arrivait de Bruxelles où venait à peine de se conclure un sommet européen marqué par un accord sur l’ébauche du futur traité européen. «J’ai entendu que cela avait été un grand succès», a affirmé le pape. «Oui, nous avons passé une très longue nuit», lui a alors répondu Tony Blair.

Au terme de la rencontre, ont constaté quelques journalistes, l’archevêque de Westminster, le cardinal Cormac Murphy O’Connor, a rejoint les deux hommes. Cet entretien à trois, au caractère inhabituel, a quant à lui duré une dizaine de minutes. La question de la conversion au catholicisme du premier ministre de confession anglicane pourrait avoir été au coeur de cet ultime entretien mais le Saint-Siège n’a pas fait de commentaire et n’a pas officialisé non plus la présence du primat d’Angleterre.

Photos du cardinal Newman, anglican converti au catholicisme

La rencontre de Tony Blair avec Benoît XVI a été jugée très cordiale et détendue par les quelques journalistes qui ont assisté au traditionnel échange qui a suivi l’entretien privé. Alors que le pape offrait des médailles de son pontificat au premier ministre britannique, celui-ci a remis au souverain pontife un cadre contenant trois photos originales représentant le cardinal John Henry Newman (1801-1890), anglican converti au catholicisme au 19e siècle. L’épouse du premier ministre, Cherie, qui avait rejoint son mari avec une délégation d’une dizaine de personnes, a alors fait remarquer au pape que le cadre portait la signature du cardinal.

D’abord prêtre anglican, John Henry Newman se convertit au catholicisme en 1845. Avant sa conversion, il fut l’une des figures principales du ’Mouvement d’Oxford’ qui tenta de rapprocher l’Eglise d’Angleterre de ses racines catholiques romaines. Il devint prêtre en 1847 et fut créé cardinal en 1879.

Après sa rencontre avec le pape, Tony Blair est allé rencontrer le secrétaire d’Etat du Saint-Siège, le cardinal Tarcisio Bertone. L’entretien a eu lieu en présence de Mgr Dominique Mamberti, secrétaire pour les relations avec les Etats.

Un peu avant 11h, la Jaguar bleue à bord de laquelle se trouvait Tony Blair était arrivée au Vatican, escortée par une demi-douzaine d’autre véhicules. Le premier ministre britannique et son épouse étaient arrivés une heure plus tôt à l’aéroport de Ciampino, au sud de Rome, pour ce déplacement uniquement consacré à leur visite au Vatican. Après son passage au Vatican, qui a duré un peu plus d’une heure, Tony Blair est allé déjeuner au Collège anglais de Rome, un lieu de formation catholique. Il a quitté la capitale italienne en milieu d’après-midi.

Le premier ministre Tony Blair, de confession anglicane, avait confirmé implicitement dans une interview accordée au journal britannique Times, parue le 23 juin, qu’il envisageait de se convertir au catholicisme, la religion de son épouse Cherie. «Je ne veux pas en parler. Certaines de ces choses sont difficiles. Certaines choses ne sont pas tout à fait résolues», a-t-il ainsi déclaré au journal, reconnaissant être «un peu nerveux» avant sa rencontre avec Benoît XVI. (apic/imedia/ami/bb)

24 juin 2007 | 00:00
par webmaster@kath.ch
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